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Pénurie de semences sélectionnées et cherté des autres intrants : Levée de boucliers des agriculteurs des Doukkala-Abda et Zemmour-Zaër




La campagne agricole 2012 s’annonce morose pour les agriculteurs de la région Doukkala-Abda et pour ceux de Zemmour-Zaër. Et pour cause : ils doivent faire face seuls à la pénurie des semences sélectionnées, à la cherté des autres intrants (engrais, pesticides, carburant, etc.), au déficit en eaux d'irrigation et au retard des premières précipitations.
Alors que la campagne aurait dû débuter depuis quelques semaines, ils attendent encore Godot et augurent d’ores et déjà  d’une campagne agricole 2012 «médiocre».
« La situation est catastrophique dans notre région. Le démarrage de la campagne agricole actuelle s’avère difficile  vu les énormes difficultés  que nous devons affronter une fois de plus. C’est pourquoi, plusieurs agriculteurs n’ont pas encore entamé la nouvelle saison agricole et hésitent à le faire vu les conditions matérielles et financières si fragiles dans lesquelles ils vivent », a affirmé Lmoukhtar El Makmal, président de l’Association Essalam pour le développement agricole d’El Jadida.
Même son de cloche du côté de Mohamed El Mysar, secrétaire général de l’Association El Karama pour le soutien de l’agriculture, qui estime que tous les indices augurent d’une campagne agricole décevante.
L’ensemble des interlocuteurs avec lesquels nous avons pris attache pointent du doigt la flambée vertigineuse des prix de semences et des intrants et leur rareté dans certains lieux, le manque de soutien de l’Etat et l’accumulation des dettes. « Les semences et les autres intrants sont de plus en plus rares et chers à cause de la spéculation. Leurs prix sont supérieurs de 30% à 50% au prix initial. La grande partie des stocks distribués  sur les centres agricoles sont accaparés par les grands agriculteurs », nous a expliqué M. El Mysar. Même constat de la part de Larbi Chaoubi de l’Association de l’agriculteur moderne qui nous a déclaré que dans la région de Roumani, les agriculteurs doivent faire la queue pendant des heures devant les centres de travaux agricoles ou se déplacer vers Casablanca ou Mohammedia, pour chercher un sac de semences sélectionnées.
Pire, ces produits essentiels pour toute opération de labour sont accusés par certains agriculteurs d’être de mauvaise qualité. « On constate chaque année que les semences et les intrants utilisés sont altérés et  qu’ils manquent d’efficacité », nous a confié El Makmal qui a soulevé un autre problème, à savoir celui de la cherté des coûts de production.
« La flambée des prix nous handicape énormément puisqu’elle pèse lourdement sur les charges. Aujourd’hui, la production ne suffit plus à amortir les investissements. Les charges sont devenues de plus en plus lourdes à assumer. On ne sait plus à quel saint se vouer », nous a-t-il précisé.
Pourtant, les soucis de ces agriculteurs ne sont pas que matériels, ils ont également pour cause la météorologie. Le déficit en eaux d’irrigation et le retard des précipitations ont fait perdre le sourire à beaucoup d’entre eux. « La situation n’est pas si alarmante. Mais, ce retard risque de compliquer davantage notre situation. Maintenant, on ne peut rien faire vu la rigidité de la terre du fait du manque d’eau », nous a souligné M.  El Makmal rejoint par M. Chaoubi qui pense qu’il est encore tôt pour déclencher l’alarme. Mais, il estime néanmoins que ce retard ne peut en aucun cas servir les agriculteurs qui risquent de se voir rattrapés par une surcharge de travail et une production de qualité médiocre.
«Il faut que nous puissions trouver une solution si on veut démarrer la campagne dans de bonnes conditions», nous a lancé le président de l’Association Essalam pour le développement agricole qui n’a pas  caché que la grogne va s'amplifier s’il n’y a pas une intervention diligente de l’Etat.

Hassan Bentaleb
Samedi 22 Octobre 2011

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1.Posté par Mohammed Jouhari le 23/10/2011 08:30
Je suis d'origine de la région de Doukkala El Jadida.
Il y a encore pire que la situation actuelle, qu'on sait que les petits agriculteurs abandonnés à eux mês, sans aide ni encadrement, ne savent même pas à qui et où vendre leur produit.

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