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Patric Simon, vice-président du Conseil du tourisme de la région Guelmim-Smara : «Le tourisme écologique contribue à hauteur de 40% au développement local»




Patric Simon, vice-président du Conseil du tourisme de la région Guelmim-Smara : «Le tourisme écologique contribue à hauteur de 40% au développement local»
En marge de la première rencontre
régionale des oasis, nous avons pris attache avec Patric Simon, homme
 d’affaires d’origine française, grand
amoureux du Maroc où il vit depuis plus
de 37 ans, dont 17 consacrés à Tata,
une province qu’il a découverte par hasard
et dont la beauté l’a subjugué. M. Simon, vice-président du Conseil du tourisme
de la région Guelmim-Smara,
qui est l’initiateur  et l’un des sponsors
de cette rencontre, nous a parlé, en exclusivité, des objectifs, mais aussi de la province qu’il connaît et aime, de ses ambitions pour
celle-ci et pour le tourisme dans les provinces du Sud. Entretien.


Libé : Tout le monde dit que vous êtes un grand amoureux de la province de Tata. Qu’est-ce qui justifie cette image que les gens ont de vous?

Patric Simon: Je suis effectivement tombé en amour, comme disent les Canadiens, pour cette région, ses habitants, ses couleurs, son architecture, son calme, sa tranquillité et son environnement. Avec mes 37 ans de présence au Maroc où j’ai fait d’énormes projets de macroéconomie, notamment à Marrakech,  je me suis installé, il y a 17 ans, à Tata où, avec mon épouse et mon équipe, en tant qu’étrangers  nous  avons retrouvé cette image de  quiétude que nous souhaitons transmettre aux Marocains.  Nous avons aussi retrouvé cette convivialité qui se perd de plus en plus dans les grandes villes.
L’avantage de s’installer ici, ce qui est souvent mal compris ou  fait que l’on se pose la question du pourquoi avoir choisi Tata, c’est en fait ce calme et cette quiétude et sachant qu’avec les moyens modernes de communications qui existent, de nos jours (routes, télécommunication, Internet, etc.), Tata est reliée au reste du monde dont on  est citoyen où que l’on soit.

Quels sont les objectifs visés par l’organisation de la première rencontre régionale des oasis?

Tata et ses environs recèlent une beauté naturelle et des atouts rares, jusque-là inexploités et que nous voulons faire découvrir aux Marocains, d’abord et aux autres ensuite. C’est cette volonté de faire découvrir la région que je partage avec les autorités provinciales locales qui sont très à l’écoute, qui a fait que nous avons organisé et médiatisé cette rencontre pour faire venir les gens et partager avec eux le plaisir de voir cette région, sa beauté et le sentiment de quiétude que l’on y ressent.
Nous avons également voulu faire venir les gens dans ces régions qui ont beaucoup plus d’atouts que d’autres qui sont plus visitées. Nous avons voulu faire revivre l’esprit séculaire de concertations qui a toujours caractérisé les mœurs des habitants de ces régions qui se réunissaient autour de l’horloge à eau et débattaient de leurs problèmes tout en supervisant la distribution de l’eau. A travers ce festival, faire revivre ces traditions permet de donner des équilibres et d’adapter la région à un mode moderne permettant d’exploiter les nombreux atouts qu’elle détient pour aboutir à un développement durable intégré au milieu duquel l’oasis de Tata aura relevé le défi du développement intégré auquel aspirent ses populations. Ceci permettra d’éviter l’exode rural tout en modernisant la culture du palmier et en développant  un tourisme écologique contribuant à hauteur de 40% au développement de l’économie locale et mettant sur pied l’énergie renouvelable basée sur le solaire.

Vous êtes, entre autres, administrateur de la Fédération nationale du tourisme. A ce titre, pouvez-vous nous dire comment se porte le tourisme au Maroc et ce qu’il en est du projet d’accueillir 20 millions de touristes par notre pays?

La Vision 2010 prévoyait l’accueil de 10 millions de touristes. Nous avons une Vision de 20 millions de touristes pour 2020. Et ce malgré la crise  économique de 2008 qui a secoué le monde, notamment l’Europe et malgré le Printemps arabe. Actuellement, le Maroc est en train  de se préparer pour cette vision. C’est dans ce cadre que le pays cherche à moderniser ses transports aériens. Si le fait que le Maroc s’étend sur une grande superficie représente un avantage, c’est aussi un inconvénient, car il faut de solides moyens de transport pour permettre les déplacements à travers ce grand pays. Pour ce faire, la RAM s’est restructurée et s’est ouverte  sur un monde plus performant.
Il s’agit actuellement de faire un bilan des acquis et de passer à la phase suivante. Tout est donc mis sur tremplin pour passer à l’action. Les préparatifs vont bon train afin d’être fin prêts pour accueillir les 20 millions de visiteurs en 2020. Pour ce faire, tout est mis en œuvre de Chbika à Saïdia.
Le pays connaît plusieurs transformations dont la nouvelle Constitution, la bonne gouvernance auxquelles nous   sommes  en train de nous adapter. Il y a lieu également de restructurer les métiers du tourisme. Personnellement, je fais partie de ceux qui demandent que les métiers du tourisme soient élargis à 5 autres métiers pour permettre d’avoir un tourisme efficient.
Maintenant avec toutes ces données et avec la nouvelle régionalisation qui sera mise en place, des concertations doivent permettre au ministère et la FBT de mettre sur pied une nouvelle approche qui consiste à vendre, non seulement un seul Maroc pour le Maroc mais plusieurs Maroc (désert, balnéaire, écologique, culturel et autres).
Vous avez parlé du Printemps arabe. Tata est-elle épargnée des manifestations que l’on voit ici et là à travers le pays et que certains lient à ce Printemps ?
On ne peut pas lier tout mouvement revendicatif de jeunes au Printemps arabe. Je suis grand-père, mes enfants et petits-enfants, comme tous les jeunes du monde, revendiquent leurs droits à l’emploi, à l’éducation, à l’émancipation, etc.  Ce n’est pas pour autant qu’on doit lier ces revendications au Printemps arabe. Ce sont des  mouvements qui prouvent que si l’on jouit de tous ses droits, on a également celui de s’exprimer et d’exprimer ces revendications, de façon civilisée et sans nuire aux autres ni endommager leurs biens. 

Propos recueillis par A.E.K.
Mardi 23 Octobre 2012

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