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Pascal Amel : Une nouvelle musique populaire est en train de naître au Maroc




Pascal Amel : Une nouvelle musique populaire est en  train de naître au Maroc
Pascal Amel  est aussi l’un des 
fondateurs du Festival des Gnaoua dont il fut le  directeur général de la première édition en 1998. Il a  également contribué au Festival des jeunes talents (2005-2008). Amoureux de Mogador et fidèle mélomane à sa mosaïque musicale qui ne cesse de lui révéler ses 
merveilles, Pascal Amel a osé une nouvelle aventure à la fois 
entrepreneuriale et musicale : 
la fondation d’un studio musical 
à Mogador qui manque 
affreusement de ce genre 
de structures. Rencontre.

Libé : Essaouira recèle un patrimoine musical on ne peut plus varié et singulier. Une multitude de festivals musicaux  internationaux sont organisés chaque année dans cette ville qui manque tout de même de structures de production, de commercialisation et d’exploitation musicales. Quelle lecture faites-vous de ce constat ? 
Pascal Amel : Depuis une quinzaine d’années, le Maroc s’est progressivement doté de festivals et d’événements culturels d’importance. Certains sont internationalement reconnus, ce qui contribue à une belle image du Royaume. L’on constate qu’il y a une véritable effervescence artistique – au Maroc -  avec des créateurs de grand talent. Mais l’éphémère est ce qu’il est. Ce qui dure est fondamental pour capter pour toujours ce qui se passe. D’où, depuis deux ou trois ans, l’institution de structures culturelles : le Musée d’art moderne et contemporain Mohammed VI à Rabat ; le Musée d’art africain à Marrakech ; des centres d’art qui ont ouvert leurs portes dans plusieurs villes, etc… Je sais que de nombreux projets vont voir le jour prochainement… Le temps est sans doute venu de concevoir des infrastructures durables permettant de voir ou d’entendre l’excellence artistique qui se crée, de nos jours, au Maroc.
Un studio musical à Essaouira. Un projet audacieux qui vient combler un vide à ce niveau. Quel est le contexte qui a justifié et encouragé ce projet ?
Je suis l’un des fondateurs du Festival des Gnaoua (j’en ai été le directeur général en 1998, lors de sa première édition). J’ai également contribué au Festival des jeunes talents (2005-2008). Ce qui m’intéresse, dans cette ville, c’est outre les confréries, une génération de jeunes musiciens qui, si je puis dire, ont fait leurs gammes en assistant aux fusions musicales qui ont lieu lors des festivals. Il y a une nouvelle musique populaire qui est en train de naître au Maroc, basée sur les rythmes africains, le mélange des styles (slam, reggae, rock, jazz, électro…), et le retour du texte.
Pensez-vous que Mogador constitue un marché prometteur et porteur pour de pareils projets ?
Planet Essaouira est un studio d’enregistrement doté d’un matériel très haut de gamme. Les prix que nous pratiquons sont attractifs, surtout pour les groupes venus d’Europe. D’autre part, de nombreux musiciens marocains et étrangers de renom passent régulièrement à Essaouira. Elle est devenue une étonnante cité musicale. D’où l’idée que Planet Essaouira soit aussi un lieu de rencontres créatives entre ceux qui ont quelque chose à nous délivrer, un lieu où enregistrer des musiques innovantes, un laboratoire d’expériences. Pour nous – le percussionniste et ingénieur de son Yacine Benali, qui est mon associé, et moi-même – ce qui compte, c’est d’équilibrer notre budget en louant le studio tout en produisant de nouvelles musiques.
Quelle est votre stratégie pour réussir votre projet d’une part, et œuvrer pour l’instauration d’un vrai marché musical à Mogador ?
Si marché il y a, il ne peut être que national et international. A l’ère d’Internet, les réseaux sont multiples, la diffusion toujours possible. Nous créons également un label Planet Essaouira. Le premier disque que nous produisons va présenter une série de voix et de musiciens souiris ou de passage. Ce sera à la fois cool et rythmique. L’inspiration principale est l’Afrique (des Gnaoua aux musiques du Sud du Royaume à l’Afrique noire) 
Estimez-vous que vous êtes suffisamment écouté et accompagné dans cette aventure par les acteurs locaux?
Le gouverneur de la province d’Essaouira est au courant, depuis le début, de cette initiative  et il la soutient. Les autorités officielles, lui-même et le maire de la ville ont inauguré notre studio en février dernier. En réalité, tous ceux qui, soucieux de contribuer au rayonnement national et international de la cité, nous soutiennent et pensent que la culture à Essaouira doit être mise en avant.
Propos recueillis par 




Abdelali Khallad
Lundi 24 Avril 2017

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