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Partage des risques et mobilisation de ressources pour le projet de la MCC à Fès




Partage des risques et mobilisation de ressources pour le projet de la MCC à Fès
Le projet de la Médina de Fès, qui s’inscrit dans le cadre de l’accord du Maroc avec la Société du compte du millénaire (Millennium Challenge Corporation, MCC) des États-Unis, illustre bien les modalités de la coopération de la MCC et de ses pays partenaires pour gérer les risques liés à la réalisation des projets entrepris dans le cadre de ses accords quinquennaux, a déclaré la MCC dans un communiqué de presse en date du 27 juillet.
Les pays qui bénéficient d’un contrat de la MCC sont conscients au plus haut point du passage du temps qui les rapproche de la date d’expiration du contrat ; le compte à rebours démarre dès le début de l’entrée en vigueur de l’accord et semble s’accélérer constamment et inexorablement.
La MCC et les pays partenaires conçoivent les projets sur la base d’une durée de cinq ans, ce qui encourage fortement à mener à bien les travaux dans cette limite temporelle, mais quel que soit le soin accordé à la préparation du contrat, les choses ne se passent pas toujours comme prévu.
Le projet de la médina de Fès est une entreprise ambitieuse comportant un certain nombre de difficultés : il ne s’agit en effet de rien de moins que la réfection de foundouks du XIVe et du XVe siècle dans la vieille médina ainsi que d’une place publique dite « Place Lalla Yeddouna » et de la rénovation ou de la reconstruction d’une vingtaine d’immeubles entourant cette place.
Les bâtiments restaurés abriteront des ateliers et des magasins, destinés à certains des artisans de renommée mondiale de la ville, ainsi que diverses boutiques, cafés et restaurants, un hôtel et d’autres services, qui ont tous pour objet d’améliorer les moyens d’existence des artisans et de relancer l’économie de la médina, dont 30 % de la population, estime-t-on, vit en dessous du seuil de pauvreté. L’un des bâtiments, le foundouk Barka, est réservé aux femmes artisans.
 


Partage des risques et mobilisation de ressources pour le projet de la MCC à Fès
OBSTACLES S’OPPOSANT À L’ACHÈVEMENT DU PROJET
 
Les difficultés ne manquent pas. La médina, vestige vivant du passé, est une zone urbaine fondée au IXe siècle, entourée de murailles, où la circulation automobile est interdite et qui a été inscrite sur la liste des Sites du patrimoine mondial par l’UNESCO en 1981. C’est l’une des zones urbaines les plus densément peuplée au monde et l’équipement et les matériaux y sont généralement amenés à dos d’âne, par des ruelles faisant parfois moins de 2 mètres de largeur. Le changement n’est pas toujours bien accueilli, ni facile, et le temps semble parfois s’y écouler avec une grande lenteur.
Lorsque le projet a été proposé, aucune des études requises, de marché, de faisabilité ou socio-environnementales, n’avait été menée. Les conceptions architecturales faisaient défaut et certains des sites étaient occupés par des gens qui, selon les rigoureuses règles de la MCC, devaient être réinstallés ailleurs. Le gouvernement marocain essayait depuis plus de deux décennies de réhabiliter la Place Lalla Yeddouna, mais se heurtait à une opposition réfractaire devant la réinstallation de certaines activités polluantes présentant des dangers pour l’environnement, la santé et la sécurité.
Aujourd’hui, après bientôt quatre ans d’exécution du contrat, la plupart de ces obstacles ont été surmontés. La reconstruction des foundouks, bien que sujette encore à certains risques, devrait s’achever avant l’expiration de l’accord. Un plan de réinstallation visant à améliorer les moyens d’existence de plus d’un millier de personnes affectées par le projet a été élaboré et mis en œuvre.
Un concours international d’architecture pour la Place Lalla Yeddouna, parrainé par la MCC, a attiré l’attention du monde entier et plus de 175 équipes d’architectes représentant une quarantaine de pays y ont participé. Ce concours a suscité des consultations publiques et un dialogue sans précédent sur l’avenir de la médina et sur la façon de la restaurer tout en respectant son riche patrimoine culturel, social et architectural.
La MCC et le gouvernement du Maroc suivent attentivement l’avancement des travaux, évaluent et gèrent les risques en continu et s’emploient à atténuer les risques de non achèvement des chantiers. Il est néanmoins apparu clairement, au début 2012, que malgré tous ces efforts, les travaux de la Place Lalla Yeddouna ne seraient vraisemblablement pas terminés à l’expiration du contrat. Il y avait donc une décision difficile à prendre pour les parties : arrêt immédiat du projet ou formulation d’une solution ingénieuse pour le terminer, quitte à ce que certains des travaux se poursuivent au-delà de la cessation des apports financiers de la MCC en septembre 2013.
 


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VOLONTÉ D’ASSURER L’APPROPRIATION NATIONALE
Le gouvernement marocain s’est engagé à financer et à mener à bien tous les travaux non achevés à l’expiration de l’accord. Il a convenu en outre de préfinancer ces travaux et la MCC s’est engagée de son côté à rembourser le Maroc pour certains groupes de tâches si celles-ci s’achèvent avant la date limite. Ce mécanisme créatif de partage des risques, une première pour la MCC, a permis de poursuivre l’exécution du projet bien que le gouvernement marocain ait reconnu que les travaux se poursuivront après septembre 2013.
Il s’agit ici de bien davantage qu’une simple obtention des financements requis pour achever les travaux au-delà de la date limite de l’accord. La MCC a pris un risque calculé en acceptant de financer le projet et le gouvernement marocain a convenu de partager ce risque, prouvant par-là que le projet de Fès s’inscrit effectivement dans le droit fil des priorités de développement national.
De ce fait, les fonds des contribuables américains permettent de mobiliser des ressources du gouvernement marocain dans le cadre exemplaire d’un authentique partenariat de développement. Simultanément, le renforcement des capacités marocaines se poursuit dans le pays où le projet est mis en œuvre conformément aux strictes normes de la MCC pour la passation de marchés, les évaluations environnementales et sociales, la responsabilité financière et le suivi et évaluation, conditions éminemment favorables à l’obtention de résultats meilleurs et plus durables.
Il existe, donnant sur la Place Lalla Yeddouna, un pont datant du XIVe siècle dit « Bim Lamdoun » (« entre deux villes » en arabe) qui relie les quartiers de la vieille ville, celui des Qarawiyyin et celui des Andalous. Cet ouvrage est devenu un symbole du projet, en tant que lien entre le riche passé de Fès, l’avenir aujourd’hui prometteur de la ville et l’engagement commun des États-Unis et du Maroc.

iipdigital.usembassy.gov (Rabat)
Jeudi 9 Août 2012

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