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Palme d'or inattendue et controversée à Cannes : “Oncle Boonmee” sort en salle




Palme d'or inattendue et controversée à Cannes, "Oncle Boonmee" du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, en salles mercredi, est un film onirique peuplé de fantômes et d'esprits surgis de la jungle, centré sur la réincarnation.
"Je crois en la transmigration des âmes entre les hommes, les plantes, les animaux et les fantômes", explique le réalisateur, âgé de 39 ans.
Oncle Boonmee est un vieil homme souffrant d'une insuffisance rénale aiguë et qui sent sa fin proche. Il se prépare à la mort en conversant avec sa belle-soeur, qui va reprendre sa ferme apicole, mais aussi, avec le même naturel, avec sa femme et son fils, décédés depuis des années.
Dans sa maison à la lisière de la jungle de l'Isan, dans le nord de la Thaïlande, leurs fantômes lui apparaissent, l'un sous forme humaine, l'autre sous celle d'une créature mi-singe mi-homme venu de la forêt.
"Le fantôme est un bon motif pour le cinéma. Il pose la question de l'illusion, qui est au centre du processus cinématographique, et celle de la croyance", explique Apichatpong Weerasethakul, dans un entretien à l'hebdomadaire Les Inrockuptibles.
D'une lenteur calculée et souvent d'une grande beauté formelle, "Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures", titre complet du film, joue sur les reflets, les images crépusculaires tournées en nuit américaine et une bande son obsédante et très travaillée pour recréer l'osmose entre le monde des esprits et celui des hommes.
Une cohabitation jamais aussi forte que dans la jungle qui tient une place centrale dans le cinéma d'Apichatpong Weerasethakul, dont les films précédents (Tropical malady, Syndroms and a century) étaient déjà fortement teintés de surnaturel.
"La jungle est pour moi le lieu de la plus intense spiritualité. Tout simplement parce que c'est l'endroit où cohabite le plus grand nombre de formes de vie. C'est donc logique que les esprits préfèrent s'y installer", explique le cinéaste, qui vit dans la campagne près de Chiang Maï et a passé son enfance au contact de la nature, dans une province reculée du nord-est où ses parents étaient médecins.
Oncle Boonmee va traverser cette jungle accompagnée des siens pour atteindre une grotte où aurait commencé sa première vie. Au cours de ce périple, le spectateur croise une princesse dépouillée de ses ors sous une cascade et qui s'accouple avec un poisson-chat. S'agit-il d'une réincarnation de l'apiculteur? A moins qu'il s'agisse de ce buffle égaré qui gémit dans la nuit.
"Dans la jungle, les collines et les vallées, nos vies antérieures, sous la forme d'un animal ou d'un autre, ressurgissent devant moi", annonce le héros à l'orée du film.
Apichatpong Weerasethakul achève d'égarer le spectateur dans les derniers plans où les personnages sont présents dans deux endroits à la fois. "Le temps se disjoint en deux parties, explique le réalisateur. Et ce que l'on a vu auparavant, dans la vie de l'oncle Boonmee, était-ce un rêve ou l'amalgame de choses multiples ?" 

AFP
Lundi 30 Août 2010

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