Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Palestine : le libre-échange comme partie de la solution




Palestine : le libre-échange comme partie de la solution
L’Autorité palestinienne (AP) cherche à devenir membre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) dans le cadre d'un effort pour construire la prospérité et les bases d'un État, mais l'administration Obama et Israël bloquent l'offre.
L'OMC pourrait être «un moteur pour la réforme et un moteur de la construction d'un État», a déclaré l'ancien ministre de l'Économie Basim Khoury à la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement en octobre, après une discussion avec le chef de l'OMC Pascal Lamy et des diplomates de l'Europe, des États-Unis, de la Chine et du Japon.
L'Autorité palestinienne — dont le parti Fatah gouverne le territoire palestinien principal, la Cisjordanie, alors que les militants rivaux du Hamas gouvernent la bande de Gaza — demande à être provisoirement en statut « d’observation », ce qui lui permettrait de s'adapter aux conditions de l'OMC. L'Autorité palestinienne pourrait parvenir à l'adhésion dans cinq ans même si elle n'a pas encore d’État (on compte notamment au rang des membres sans État Hong Kong, Taiwan et Macao).
L'Arabie Saoudite, l'Égypte et la Jordanie sont tous membres et entretiennent tous des relations stables avec l'occident et Israël, contrairement à l'Iran qui reste à l’extérieur de l'OMC. Mais quelles améliorations peuvent-ils apporter sur le terrain l'adhésion des Palestiniens dans un proche avenir ? En vérité, très peu.
L'OMC n'a pas le pouvoir de résoudre les principaux obstacles au commerce palestinien : le mur de sécurité autour de la Cisjordanie, les 600 et quelques points de contrôle militaires, les barrages routiers et des barrières en Cisjordanie et le blocus de Gaza. Ces mesures, pour empêcher les attentats-suicide comme pendant la deuxième Intifada de 2000, entravent considérablement la liberté de mouvement et donc des échanges, mais sont exclues des conditions de l'OMC parce qu'elles sont des mesures de sécurité.
Les véhicules mettent jusqu'à quatre heures pour passer à travers chaque point de contrôle, ajoutant au coût de transport. Les marchandises sont souvent détériorées quand elles sont déchargées et rechargées pour les contrôles. La Nassar Stone Investment Company – un producteur de pierre et de marbre qui exporte vers les États-Unis, en Europe et en Extrême-Orient – doit laisser assez d'espace dans ses véhicules afin de permettre l'accès aux chiens renifleurs, réduisant la quantité de marchandises par voyage. Beaucoup d'entreprises trouvent leur journée de travail limitée par les horaires d'ouverture des points de contrôle.
Les négociations de l'OMC semblent être dénuées de sens au milieu de ces contraintes. Ce qui manque à l’AP n'est pas le cadre juridique du libre-échange — Israël est conforme aux règles de l'OMC et représente la plupart des échanges commerciaux palestiniens —, mais la capacité d'accéder à de nouveaux marchés. Pour ce faire, il lui faut un secteur privé qui soit mobile et fiable, ce que les points de contrôles entravent.  Dans son discours de politique étrangère à la nation en juin, le premier ministre Benyamin Netanyahou a déclaré au peuple israélien qu'il voulait « renforcer la partie modérée de l'économie palestinienne en donnant une croissance rapide à ces zones. » Une meilleure sécurité en Cisjordanie a été obtenue… avec un dégel léger dans la sécurité. Les horaires d'ouverture ont déjà été étendus à Naplouse, Ramallah, Qalqiliya et Jéricho par exemple, et quelques postes de contrôle ont été démantelés. Le commerce à Ramallah et à Naplouse est en hausse, bien que l'Organisation internationale du travail affirme qu'il n'y a aucune augmentation de l'emploi pour le moment.  En novembre, Netanyahou avait annoncé un gel de la colonisation de dix mois en vue d'entamer les pourparlers de paix. Le gel était partiel et ne s'appliquait pas à Jérusalem-Est ou aux projets déjà entamés en Cisjordanie, mais pourrait prévenir de nouvelles incursions pour le moment.
Une amélioration dans les échanges permettrait aux entreprises et au commerce de croître : un secteur privé florissant augmente l'emploi et la sécurité, et diminue donc la nécessité d’un archipel de miradors, ce qui permet à son tour d’améliorer encore le flux des affaires.
Les USA ont un rôle à jouer et doivent adopter une position cohérente. C'est l'administration Bush qui a promis l'adhésion de l'OMC à l'AP dès 2005, mais l'administration Obama bloque l'offre actuelle de l'OMC tout en échouant aussi à parvenir à un gel complet de la colonisation. C'est l'un des plus graves échecs d'Obama à ce jour au Moyen-Orient, renforçant la perception que les USA sont un allié non-critique d'Israël ou pire encore, un simple spectateur.

Rédacteur en chef d’Exploration andProduction: Oil and Gas Review, un journal international
indépendant publié à Londres.

Par Adam R. Green *
Lundi 22 Février 2010

Lu 701 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs