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“Pâles ombres” … Premier recueil de nouvelles courtes d’Ali Bensaoud




“Pâles ombres” … Premier recueil de nouvelles courtes d’Ali Bensaoud
En vingt-et-un mots, l’on a déjà raconté une histoire. Un genre rare au Maroc, mais qui a également ses créateurs et ses fidèles. La très courte nouvelle intitulée «La chute» fait partie d’un recueil que vient de publier, en arabe, l’écrivain Ali Bensaoud, sous le titre «Pâles ombres», sorti fin 2013, aux éditions Dar Laman. Une histoire en peu de mots qui dit ce que d’autres ont raconté à travers des centaines de pages. Nietzsche n’avait-il pas rêvé un jour d’écrire en dix phrases, ce que d’autres diraient dans un livre?
Voilà un critique littéraire confirmé depuis la moitié des années 80, qui se reconvertit en narrateur. On n’a pas le temps pour tout dire. Ces nouvelles sont racontées en peu de phrases, voire en peu de mots. Ce qui n’est guère une tâche aisée. Un exercice qui demande assez de concentration narrative, de condensation des faits, du temps, et des espaces, l’art d’économie lexicale et enfin d’imagination à maîtriser.
Lui qui n’a jamais eu confiance dans les bienfaits de la publication de ses nouvelles, s’est trouvé obligé de le faire, sur insistance de ses lecteurs. Il passe ainsi à l’acte, mais sans offrir toutes ses perles aux lecteurs. Comme s’il voulait les couver et les garder à lui seul.
En 120 pages, format moyen, Ali Bensaoud gratifie le lecteur  de 117 histoires condensées : faits, histoires, événements, exploits, déceptions, expériences personnelles et collectives, mais aussi imaginaire créatif singulier … tout y passe «La nouvelle très courte est un condensé narratif très difficile à réaliser, l’on doit raconter une histoire d’abord, tout en faisant preuve de techniques de la narration», fait remarquer l’auteur.
Bensaoud a bien réussi le pari. Pour preuve, ce témoignage d’un grand dans le domaine, en l’occurrence Ahmed Bouzfour qui souligne : «J’ai trouvé que «Pâles ombres» est écrit avec une grande technicité. Il nous a gratifiés de l’histoire d’abord, et la plus courte ensuite… Le recueil recèle des perles dont peut être fière la narration marocaine moderne. A titre d’exemple, «Pluie», «Bougie», «Roc», ainsi qu’une perle qui m’a donné les larmes aux yeux «Chute» que je considère personnellement comme un genre de la tragédie de la gauche marocaine».
Sur le plan formel, le recueil se décline par une couverture conçue par l’artiste Halima Zine El Abidine, et qui se trouve ornementée par une toile de Thami El Hani : «L’homme hirondelle». Ali Bensaoud recourt aux techniques qui rappellent et aident à saisir le sens. Des mots comme «Tirer» ou «pousser», «se séparer», sont souvent écrits de haut en bas, comme pour signifier l’action elle-même. Tout comme cette rupture de lettres en lexème comme «R.o.m.p.r.e». Bref, l’on y rencontre toutes les formes artistiques, un véritable condensé de trente ans de lecture.

Mustapha Elouizi
Mercredi 18 Décembre 2013

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