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Opérations délicates de l’armée française en Centrafrique

Mission dangereuse mais nécessaire




Opérations délicates de l’armée française en Centrafrique
Les militaires français déployés en Centrafrique, qui ont perdu lundi deux des leurs, poursuivaient mercredi le périlleux désarmement des groupes armés à Bangui, après avoir reçu la veille le soutien appuyé du président François Hollande.
Surveillant les mouvements dans la ville - placée sous couvre-feu de 18H00 (17H00 GMT) à 06H00 - grâce à leurs hélicoptères, les soldats de l'opération Sangaris ont désormais en outre la tâche d'éviter une généralisation des représailles contre les civils musulmans de la part d'une population chrétienne terrorisée pendant des mois par les exactions de combattants de l'ex-rébellion Séléka.
Dans la nuit, vers 23H00, au moment où M. Hollande quittait Bangui, des tirs nourris mais très brefs ont été entendus près de la télévision publique, à quelques kilomètres de l'aéroport, ont indiqué des habitants du secteur. "Sinon, on n’a rien entendu de toute la nuit", a ajouté l'un d'eux.
La mission de la France en Centrafrique est "dangereuse" mais "nécessaire" pour éviter "un carnage", a souligné mardi soir le président Hollande lors d'une courte visite à Bangui où il s'est recueilli devant la dépouille des deux soldats tués la veille. "Il était temps d'agir", a ajouté M. Hollande, venu d'Afrique du Sud, où il avait assisté le jour même à la cérémonie d'hommage à Nelson Mandela.
Dès son arrivée, il s'est recueilli devant les cercueils des deux soldats du 8e régiment parachutiste d'infanterie de marine de Castres (sud) à l'aéroport de la ville, où est basé l'essentiel du dispositif de l'opération française Sangaris, avec 1.600 hommes au total. Les soldats français ont pour mission de "rétablir la sécurité, protéger les populations et garantir l'accès de l'aide humanitaire" en République centrafricaine, pays livré au chaos et à une spirale infernale de violences inter-religieuses depuis la prise du pouvoir en mars 2013 par une coalition hétéroclite de groupes rebelles à dominante musulmane.
La visite du président français est intervenue au deuxième jour des délicates opérations de désarmement des milices et groupes armés qui sévissent à Bangui, où la situation reste très instable, avec des pillages et des tentatives de représailles contre les civils musulmans. Dans les faits, le désarmement vise en priorité les combattants de l'ex-rébellion Séléka, jusqu'à présent tout-puissants dans la capitale où ils se sont rendus coupables de nombreuses exactions sur la population. Selon l'état-major français, la quasi-totalité des groupes armés ont été désarmés sans incident majeur et en moins de 24 heures, avec le soutien de la la force africaine (Misca).
Très peu d'informations arrivent par ailleurs des provinces, coupées du reste du pays, où beaucoup redoutent de découvrir de nombreux cadavres dans la brousse.
"Nous sommes dans une dynamique infernale de représailles", avec le spectre d'un "match retour" des milices d'auto-défense villageoises (chrétiennes) et de nouvelles tueries de la Séléka dans leur retraite vers leurs bastions du nord, s'alarmait une source humanitaire.

AFP
Jeudi 12 Décembre 2013

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