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Opération d'accompagnement des nouveaux enseignants à Essaouira




Opération d'accompagnement des nouveaux enseignants à Essaouira
Dans une première action bien accueillie par le corps enseignant et les différents partenaires sociaux et institutionnels du secteur de l'éducation et de la formation à Essaouira, la délégation provinciale du ministère de l'Education nationale a organisé une opération d'accompagnement et d'appui aux enseignants fraîchement affectés dans la province. Une délégation présidée par le délégué et composée d'inspecteurs pédagogiques et de cadres administratifs s’est déplacée lundi 12 octobre 2009 aux communes rurales de Tahelwant et Bizdad pour apporter l'appui psychologique, administratif et logistique requis en vue de faciliter l'installation et l'intégration des nouveaux enseignants.
"La province d'Essaouira est dominée par le monde rural,  cette opération qui part d'une analyse du contexte et spécifités locales, a pour objectif de créer une certaine harmonie entre le corps enseignant d'une part, et son entourage social et institutionnel, d'autre part. il incombe aux services administratifs provinciaux de faciliter la phase d'installation et d'intégration des enseignants dans leur entourage socio-culturel pour éviter toutes tensions. Nous avons veillé à ce que chaque enseignant affecté soit accueilli dans des conditions décentes et dignes de sa noble mission. Heureusement, cette opération a été bien accompagnée par les autorités locales et élues, les habitants et même les notables des régions qui n'ont épargné aucun effort pour exprimer leur satisfaction quant à la résolution définitive du problème de pénurie en ressources humaines. Cette année, la délégation du MEN à Essaouira a accueilli 257 enseignants au primaire, 33 au collégial, et 70 au cycle qualifiant, chose qui avait permis de répondre au déficit en enseignants estimé la saison dernière, rien qu'au primaire, à 150", a déclaré Mustapha Aadri, délégué du MEN.
De jeunes licenciés lauréats des centres de formation ou contractuels, garçons et filles découvrant pour la première fois de leur vie un contexte social, géographique et professionnel qui, désormais, fera partie du paysage quotidien de leur carrière. L'hésitation et le dépaysement sont visibles sur les visages émus de ces enseignants dont la moyenne d'âge est de 26 ans.  
Said âgé de 23 ans, originaire de Kelaat Seraghna et licencié en géographie est le plus jeune des enseignants contractuels à rejoindre le département de l'Education nationale. Il a misé sur cette chance d'intégration directe au lieu de goûter au chômage et faire l'aventure d'études supérieures dont il ne possède pas de moyens matériels. Il s'attendait au pire quant aux conditions de travail et d'hébergement. Cependant, il ne cesse de se poser des questions à propos de ses compétences pédagogiques et didactiques, n'ayant  bénéficié que d'une semaine de formation à Marrakech avant d'être affecté à Essaouira. Il se déclare encore inapte à répondre aux compétences requises par ses nouvelles attributions qu'il juge cruciales. État d'esprit  et point de vue partagés par Zahra (30 ans) et Soukayna (31) toutes deux licenciées respectivement en géologie et biologie. Après plusieurs tentatives infructueuses d'accéder aux centres de formation des professeurs, elles ont décidé de s'accrocher à cette chance d'intégration directe. Cependant, elles ne cachent pas leur souci quant au problème de communication avec les élèves berbérophones de la région, durant les trois premiers mois de l'année scolaire, surtout que cela a toujours ressemblé à un dialogue de sourds! Le président de la commune rurale de Bizdad est aux anges. Cette nomination en masse de nouveaux enseignants a largement satisfait les besoins des secteurs scolaires de sa commune. L'année dernière, la situation était insoutenable, et les habitants ne cessaient de réclamer une scolarisation dans les normes pour leurs enfants. Malheureusement, la délégation du MEN a payé le prix cher d'un ratage en 2003 : une décision maladroite de céder 150 enseignants à la délégation de Kelaat Seraghna a été à l'origine d'une sérieuse pénurie en effectif  qui ne cessait de s'amplifier au fil des années. La guerre contre le phénomène de déperdition scolaire est désormais le cheval de bataille des responsables provinciaux du MEN ainsi que leurs partenaires institutionnels et sociaux, et ce grâce au programme Tayssir pour l'appui financier conditionné aux familles des enfants scolarisés. Les résultats ont été très spectaculaires, on ne s'est pas contenté seulement de stopper l'hémorragie. Mieux, le programme avait permis l'année dernière de récupérer les enfants qui avaient déjà abandonné le chemin de l'école. 18352 élèves dont 7396 filles bénéficient actuellement de ce programme  toujours en phase d'expérimentation. Ces chiffres encourageants placent la délégation du MEN à Essaouira au premier rang  à l'échelle nationale. Cela n'empêche pas qu'un sérieux travail de changement de mentalité attend toujours les acteurs pédagogiques et sociaux. Il ne peut y avoir un vrai redressement des indicateurs pédagogiques dans le monde rural sans  grande conviction des parents et tuteurs des élèves (PTE). Certes, ils ont été enthousiastes, réconfortés  d'accueillir la délégation provinciale porteuse de solutions radicales au problème d'effectif, on a cependant fait un constat sociologique alarmant. D'après un membre de l'association des PTE d'un secteur scolaire visité, et président d'une coopérative d'élevage de bovins, il n'est encore pas évident d'assurer la continuité scolaire des enfants. Ayant fait l'expérience avec ses six garçons qui ont boudé l'école à la 6AEF, il s'est toujours abstenu d'obliger ses enfants à rejoindre le collégial de peur qu'ils prennent la fuite vers d'autres villes comme c’était le cas pour plusieurs familles.
Cependant, il faut noter l'évolution spectaculaire du nombre de maisons des étudiantes et étudiants dans la province, grâce à un effort considérable déployé dans le cadre de l'Initiative nationale pour le développement humain en partenariat avec la délégation du MEN à Essaouira durant les quatre dernières années. La délégation dispose maintenant de 34 maisons dont 18 sont actuellement opérationnelles grâce à des partenariats avec le département de l'éducation et les associations en charge de la gestion de ses structures d'accueil qui ont largement contribué à la diminution du taux d’abandon scolaire particulièrement celui des filles.
"Dans le cadre du processus  de réformes initié par le ministère, un sérieux travail de décentralisation au niveau de la gestion financière des établissements scolaires est en cours de parachèvement au niveau provincial, par le biais des associations Annajah auxquelles le ministère allouera des crédits répondant en priorité aux besoins des établissements scolaires.
Nous pourrons dans un futur proche, aboutir à une gestion rationnelle et efficiente des ressources financières qui doivent être plus  à l'écoute des besoins réels des établissements scolaires", affirme Mustapha Aadri confirmant l'existence d'un plan de formation à l'adresse des enseignants contractuels en vue de renforcer leurs capacités pédagogiques.
La province d'Essaouira compte 151 écoles primaires, 26 collèges et 7 lycées, assurant les services pédagogiques au profit de 63917 élèves au primaire dont 29864 filles, 14413 au collégial dont 5852, et 4895 au qualifiant dont 2486 jeunes filles. 

Abdelali Khallad
Vendredi 23 Octobre 2009

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