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Offensive des rebelles touareg au Mali : L’armée aurait perdu quelques bases stratégiques




Offensive des rebelles touareg au Mali : L’armée aurait perdu quelques bases stratégiques
L’armée malienne a abandonné samedi ses bases militaires aux abords de la ville de garnison de Gao, à la suite d’une offensive des rebelles touareg, a-t-on déclaré de sources militaires et civiles.
Il s’agit de la dernière défaite en date de l’armée régulière après une avancée éclair, ces dernières 48 heures, des rebelles du nord du pays, qui cherchent à tirer parti du chaos créé dans le pays par le coup d’Etat de la semaine dernière.
«Comme les camps militaires sont proches des quartiers d’habitation, nos forces ont décidé de ne pas combattre», a expliqué le chef de la junte, le capitaine Amadou Sanago, dans un communiqué lu à la télévision nationale.
Selon une source civile, les rebelles ont d’ores et déjà pris le contrôle des deux principales bases autour de la ville, tandis qu’une autre source indique qu’un seul des camps militaires est pour le moment passé sous le contrôle de la guérilla. Un journaliste de Reuters présent à Gao a déclaré qu’il n’y avait pas de combats dans la ville elle-même.
«L’armée a pris la direction de Bamako, par la route», a-t-on déclaré de source civile, à propos de l’axe menant à la capitale, située à un millier de kilomètres plus au sud. Des dizaines de véhicules militaires ont quitté les camps et pris cette route, a déclaré une source proche des autorités locales.
Gao, ville de 90.000 habitants, est défendue par des milices locales solidement armées. D’après une source militaire, cependant, l’armée leur a conseillé de cacher leurs armes et de ne pas opposer de résistance si les rebelles pénètrent dans la ville.
La progression des rebelles - alliance de nomades touaregs séparatistes et d’islamistes - en direction de Gao a eu lieu samedi au lendemain de la prise de Kidal, l’une des trois villes principales du nord du Mali avec Gao et Tombouctou.
Si, à Bamako, les auteurs du putsch ont bénéficié tout d’abord du soutien de nombreux Maliens lassés par la présidence d’Amadou Toumani Touré, les derniers revers militaires en date et l’ampleur de la condamnation du coup d’Etat à l’étranger affaiblissent maintenant leur position.
«Partout, il y a le feu. Le Mali ne peut pas être sur tous les fronts à la fois(...). Mettons de côté nos querelles personnelles», a préconisé samedi Siaka Diakité, secrétaire général de la centrale syndicale UNTM, dans un communiqué soutenu par des partis politiques hostiles au putsch.
Diakité a appelé le capitaine Sanogo à accepter un plan de sortie de crise avant l’expiration dimanche à minuit de la date butoir fixée par la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) pour restituer le pouvoir aux civils, faute de quoi la junte s’exposerait à des sanctions.
En plus de fermer les frontières à un pays largement dépendant de ses importations pétrolières, la Cédéao menace de priver le Mali des fonds de la Banque centrale d’Afrique de l’Ouest (BCAO) et de geler les avoirs des membres de la junte, qui seraient en outre interdits de voyage.
Samedi, la junte a laissé entendre qu’elle était prête à un compromis, annonçant à l’issue d’entretiens avec le président burkinabé Blaise Compaoré, médiateur officiel dans cette crise, qu’elle allait présenter des propositions en vue d’une transition vers un pouvoir civil.
Les chefs de la junte se sont engagés samedi à présenter «très vite» des propositions en vue de rétablir l’ordre constitutionnel.
«Nous ne voulons pas confisquer le pouvoir», a assuré le colonel Moussa Sinko Coulibaly à la presse à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso.
«Nous allons nous efforcer de mettre la dernière main à des propositions permettant de trouver rapidement une solution institutionnelle acceptable par la Cédéao», a dit Coulibaly, directeur de cabinet du chef de la junte Amadou Sanogo.
Certains rebelles ont scandé «Dieu est le plus grand» en arabe, ce qui laisse penser que ces groupes islamistes sont plus animés par la volonté d’implanter la charia (loi coranique) dans ce pays musulman que par des velléités séparatistes.
Le Mali est la première victime collatérale du conflit libyen de 2011: des mercenaires maliens puissamment armés qui s’étaient battus pour le numéro un Mouammar Kadhafi, renversé et tué l’an dernier, sont venus gonfler les rangs du MNLA.
Les séparatistes, ainsi que l’affirme Bamako, bénéficient également de l’appui de groupes armés liés de manière plus ou moins étroites à Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et qui prospèrent dans la «zone grise» de l’Afrique subsaharienne.

REUTERS
Lundi 2 Avril 2012

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