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Obésité de l'enfant : Les boissons sucrées en cause




Obésité de l'enfant  : Les boissons sucrées en cause
Selon une étude, 90 % des Américains de 2 à 19 ans boivent tous les jours des sodas, des jus de fruits, du thé sucré… pour des quantités caloriques qui représentent plus de 10 % de leur apport quotidien
Les sodas représentent près de 250 calories par jour pour les jeunes américains. Des experts proposent de taxer ces boissons.
 Autrefois, les enfants buvaient de l'eau à table. Aujourd'hui, Coca-Cola, Fanta ou autre Schweppes s'invitent parfois systématiquement aux repas familiaux, de ce côté de l'Atlantique comme de l'autre. Or, ces boissons ont une densité calorique majeure : c'est-à-dire qu'elles apportent un taux de calories élevé, mais aucune sensation de satiété. En quête de stratégies à mettre en œuvre pour lutter contre l'obésité croissante des enfants dans les pays industrialisés, deux experts américains ont lancé mercredi un appel sur le site du New England Journal of Medicine pour que soient taxées les boissons sucrées.
Par ailleurs, cette semaine, la revue Archives of Pediatrics publie les travaux de chercheurs qui ont calculé que la substitution des boissons sucrées par de l'eau chez les enfants américains réduirait leur apport calorique de 235 calories par jour.
«Le sucre, le tabac sont des produits universellement consommés mais nulle part nécessaires à la vie, ils s'avèrent donc particulièrement propices à la taxation.» Cette phrase extraite de La Richesse des nations publiée en 1776 par Adam Smith, philosophe écossais, mise en exergue dans l'article du New England illustre parfaitement la problématique des boissons sucrées. Ces breuvages qui se déclinent massivement dans les rayonnages des supermarchés ne servent à rien sur le plan nutritionnel. En revanche, ils contribuent, avec d'autres facteurs bien sûr (sédentarité, alimentation excessive trop grasse et sucrée) pour une part non négligeable à l'obésité épidémique des enfants.
Claire Wang (École de santé publique de l'Université de Columbia) utilisant les données d'une enquête nationale sur la santé et la nutrition en 2003-2004, répertoriant pendant deux jours l'alimentation des jeunes américains de 2 à 19 ans, a fait une évaluation des quantités de calories absorbées sous forme de boissons. Elle en conclut que 90 % d'entre eux boivent tous les jours des boissons sucrées, sodas, jus de fruits, thé sucré… pour des quantités caloriques qui représentent plus de 10 % de leur apport quotidien. «Ce travail confirme l'impact substantiel sur l'obésité qu'aurait la simple substitution par l'eau des boissons sucrées, écrit Tracy Orleans, un des co-auteurs de l'étude. Une telle mesure est importante pour rapprocher enfin l'énergie absorbée de celle dépensée chaque jour.»
Dans l'article publié dans le New England, les auteurs, les docteurs Brownell (université de Yale) et Frieden (commissaire à la santé pour la ville de New York) plaident pour une taxation exceptionnelle des boissons sucrées, en apportant un certain nombre d'arguments supplémentaires : «Au cours des dix dernières années, la consommation de boissons sucrées a fait un bond de 30 % aux États-Unis, dépassant pour la première fois celle de lait. Pour chaque verre de soda sucré en plus, le risque de devenir obèse pour un enfant augmente de 60 %. Les taxes sur le tabac ont eu un impact important sur la consommation de cigarettes. Certaines données montrent que le même schéma peut s'appliquer aux sodas. Un travail scientifique suggère que chaque augmentation de 10 % du prix des canettes réduit de 7,8 % la consommation.»
Si certains estiment qu'il ne faut pas légiférer au nom de la liberté individuelle, les auteurs répondent que l'obésité a un coût médical qui est supporté par l'individu, certes, mais aussi par la collectivité ; que cette liberté individuelle est basée sur des informations publicitaires inexactes qui prétendent que les boissons sucrées apportent de l'énergie et des vitamines…, que les taxes ainsi récupérées pourraient améliorer la santé publique des populations… Il est probable en tout cas que de telles taxes auront du mal à s'imposer face aux puissantes firmes de l'agroalimentaire qui feront tout pour défendre leurs intérêts.

LeFigaro.fr
Lundi 7 Septembre 2009

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