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Nouvelles appréciées de la littérature arabe : La langue commune 2




Nouvelles appréciées de la littérature arabe : La langue commune 2
Ismail Fahd Ismail est l’un des hommes de littérature les plus éminents du Koweït. Il est connu par ses quatre romans «Le ciel était bleu», «Les marecages lumineux», «La corde «et «L’autre rive»  au sujet desquels Saad Youssef dit un jour : A l’Extrême-Orient arabe où l'écriture du roman n’est pas encore une tradition, je peux affirmer que les quatre romans d’Ismail Fahd  Ismail sont un repère unique non seulement au Koweït, mais également dans tous les pays arabes.
Les premières vagues venant d’espaces inconnus caressent ses talons.
L’eau salée pénètre toute froide à l’intérieur de ses souliers.
L’envie de vomir, et l’ennui se retirent en même temps que l’eau qui caresse ses pieds.
L’étranger !…Il reste cependant loin, donnant l’impression qu’il n’est pas là pour moi !
-« Le pauvre ! »…dit l’une d’elles en riant
Il fait semblant de sourire.
-«Regardez sa main ! »  Sa voix tremble d’extase. Le sourire s’élargit.
Les autres sont ébahies; -« Sans pudeur ! »…-« Quelle audace ! »…-« Le criminel ! »…
-«Venez, on va informer la responsable » ;;;-« Elle va nous interdire de nous mettre au balcon ! »
Elle serre les dents.
Entrez-y en paix, et en étrangères. Coexistez avec elle, en étrangers. Quittez-la en étrangers.
Elle a de plus en plus envie de lancer un défi…
-«L’oiseau Hassoun ne cesse de bouger !»…-« en attendant qu’il s’habitue à la cage … »
-«Il mourra avant de … »
-«Nombreux … »
…sur ses dents très fort.
Une cage…Des milliers de cages …Des millions …
Le défi.
A quoi cela sert-il ?!…-« Veux-tu te joindre à nous ? »
-«Et les mâles …Quel est leur rôle alors ?! »
Elle se dirige vers l’étranger, marchant sur la bande où l’eau caresse le sol
-«Une voiture s’arrête près de toi. La porte s’ouvre.
On te muselle. Vers le désert des hommes … »
Elle s’approche davantage. Il est derrière moi maintenant.
A quelques pas. 
Elle est face à la mer.
Sa surprise plus grande que sa capacité de supporter. Il ne sera qu’un pauvre type s’il met  la main, à son bas ventre.
Elle se retourne promptement.
Ses mains sont figées sur sa poitrine. Elle sourit puis se penche.
Que se passe-t-il dans sa tête maintenant ?
Elle ramasse un morceau d’argile humide. Elle lève la main jusqu’au niveau de la tête. Elle penche légèrement en arrière, et lance la motte. Mon frère est moins âgé que mois, et  lance les pierres  plus loin que moi.
Le morceau de terre cuite bondit sur la surface de l’eau, pendant qu’elle compte :
-«Un…deux …trois …quatre … »
Le morceau s’enfonce dans l’eau. Elle se retourne vers lui :
-«Viens, essaie ! »
sa voix, pour elle, n’avait rient d’insolite, mais le jeune homme prit peur. Il est indécis.
Il a peur de moi !!
Elle sourit, lui fait signe de s’approcher. Il prend une décision.
Un sourire d’enfant illumine son visage. Il quitte sa place, et s’approche d’elle. Elle se penche, ramasse un morceau d’argile, et le lui tend.
-Vas-y !
Son sourire s’agrandit encore  tel un rire. Leurs doigts ..Il prend le morceau de terre cuit, le lance. tandis qu’elle compte :
-« Un…deux…trois…quatre …cinq…six … »
Le morceau s’enfonce dans l’eau.  Elle le regarde avec admiration.
-Tu es mieux que moi !
-…
-Parce que tu es le plus fort.
Il ne parle pas. Il se contente de sourire. Elle sent que ses yeux s’entendent  avec elle à travers une  douce sympathie humaine. Elle eut une idée. Elle croise les sourcils. Le sang lui monte au visage subitement.
Il a peur de moi !!
Elle lâche les sourcils, sourit  avec tendresse, recule  deux pas en arrière, s’assit sur un rocher.
-Viens !
-…
   
Elle lui fait signe de prendre place à côté d’elle.
Il hésite, puis s’avance et s’assied.
-Pourquoi me suis-tu ?
-…
-Que veux-tu de moi ?
Elle se met un peu en colère au début. Il ne répond pas. 
-Pourquoi me suis-tu ?-…
-…
Sa colère augmente. Sa voix s’élève :
-Pourquoi  tu… ?
Soudain, il se met à parler. Elle le regarde avec étonnement.
-C’est étrange !!
Elle ne comprend pas.  Il ne parle pas arabe, la pudeur et l’émotion lui couvrent le visage.
-Je ne comprends rien !!!
Tandis qu’il parlait, parlait 
-Je ne comprends pas un mot de ce que tu dis !
Il continue de parler pour autant. Elle  a attendu qu’il cesse de parler, en vain ! Pire ! son zèle augmente de plus en plus, en faisant appel à ses mains pour  éclaircir davantage son point de vue tout à fait inconnu.
-Je te dis que je ne comprends pas un seul mot  de ce que tu dis !
Il s’enthousiasme de plus en plus.
-Tu n’entends pas ?!
Elle le regarde. Les mots coulent de sa bouche 
Son visage devient rouge.
Que dit-il ?
En plus de l’enthousiasme, de la justification, et le recours aux gestes.
Il paraît qu’il ne s’arrêtera jamais !
Du fond d’elle, monte un sourire. Elle lève la main pour lui signifier de cesser.
-Tais-toi ne serait-ce qu’une minute !
Il ne le fit point. Son  sourire s’élargit davantage.
Il est d’une opiniâtreté rare !!
Son sourire ne fait que multiplier son zèle. Il débite son discours  sans répit. 
Le sourire se transforme en rire .
Il cesse de parler, la regarde avec étonnement. Elle est presque mécontente.
Elle éclate à son tour d’un rire  bruyant.
Il regarde de nouveau ses yeux, puis commence à sourire. Il est contaminé par son rire. Il se met à rire silencieusement au début, puis son rire s’élève de plus en plus. Leurs rires se rencontrent, se mêlent  au bruit des vagues. 

Traduit par Sahraoui Faquihi
Mardi 8 Juillet 2014

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