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Nouvelle année législative sur fond de corruption électorale

Ouverture aujourd’hui de la session parlementaire d’automne




Ce deuxième vendredi d’octobre, la session d’automne du Parlement est inaugurée dans une ambiance lourde. Si l’inauguration se fait au terme d’un long processus électoral qui a vu, en fin de parcours, l’élection  de 120 nouveaux conseillers de la Chambre haute, le Parlement ouvre aussi et surtout ses portes sur un parfum de scandale et de suspicion de fraudes électorales.  10 conseillers auraient été mal élus le vendredi 2 octobre. Et au total, ce sont 26 personnes, dont un chef de parti, des ténors de formations politiques et des fils de leaders qui font l’objet de poursuites judiciaires au motif de corruption électorale. De telles  poursuites ont été déclenchées sur la base d’écoutes téléphoniques.  
Annonce en a été faite mercredi soir par un communiqué de la commission gouvernementale de suivi des élections que co-président les ministres de la Justice et de l’Intérieur qui a provoqué une véritable  onde de choc dans les états-majors partisans. « Des poursuites judiciaires ont été engagées jusqu'au 7 octobre, auprès des différents tribunaux du Royaume, contre 26 personnes, dont 14 ont été candidats à la Chambre des conseillers parmi lesquels 10 ont remporté un siège, » indiquait le communiqué. La commission a rendu publique  l’identité de ces personnes qui seront entendues par un juge d’instruction  tout en s’abstenant de révéler leur appartenance politique.
Toutefois, l’on sait que sur les 11 conseillers soupçonnés de fraudes électorales,  6 appartiennent à l’Istiqlal. Deux fils du leader istiqlalien, Naoufal et Nabil Chabat, sont eux aussi poursuivis pour les mêmes motifs de corruption électorale et achat de voix présumés. Dans l’œil du cyclone également,  deux conseillers du Parti authenticité et modernité, un islamiste du PJD et un dernier du Rassemblement national des indépendants.
Des poids lourds sont impliqués dans ce scandale de grands électeurs achetés que plusieurs partis  - principalement l’Union socialiste des forces populaires et le PPS- ont fortement dénoncé.

Finie la virginité
des islamistes du PJD !

Le président du Mouvement démocratique et social Abdessamad Archane, le parlementaire  PAM (anciennement RNI) Chkail Abed ou encore le président de la région Souss-Massa, doublure d’Akhennouch,  le RNI Brahim Hafidi.
Dans cette liste de candidats et élus soupçonnés de corruption électorale, la présence de deux Pjdistes vient démentir le discours de vertu et d’honnêteté des islamistes au pouvoir. Il s’agit de Hamid Zatni, élu de Settat et de  Youssef Benjelloun, figure en vue du PJD à Tanger. Les deux islamistes sont également entendus par le juge d’instruction. Fini le temps de la virginité pour le parti du chef de gouvernement…
La liste est-elle définitive ? D’autres politiques seront-ils présentés à la justice ? Dans les partis, on croise les doigts et on retient son souffle.  D’un bout à l’autre de l’échiquier politique, tous les responsables craignent des dommages collatéraux.  Les premiers jours de vie de la Chambre des conseillers nouvellement élue ont mal commencé. L’avenir de la Chambre  haute  pose également question alors que le leader du PPS vient d’appeler à sa suppression.
Le feuilleton ne fait que commencer.  Même si, et  en vertu du principe de la présomption d’innocence,  les parlementaires invités à rendre compte à la justice assistent ce vendredi à l’ouverture  par le chef de l’Etat de la nouvelle année législative.
Si leur culpabilité est prouvée, les 11 parlementaires et les 16 autres personnes soupçonnées de corruption et d’achat de voix risquent d’1 à 5 ans de prison et 50.000 à 100.000 DH d'amende.

Narjis Rerhaye
Vendredi 9 Octobre 2015

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