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Nouveau départ d'un convoi de musulmans de Bangui

Le Centrafrique continue de s’entredéchirer




Nouveau départ d'un convoi de musulmans de Bangui
Un imposant convoi de camions et taxis lourdement chargés de civils musulmans et de leurs effets a quitté vendredi Bangui matin sous les huées de foules en colère, qui ont lynché un homme tombé d'un véhicule.
 La longue colonne a remonté en matinée l'axe menant à la sortie nord de la ville, sous les insultes des riverains, qui ont expliqué à l'AFP que l'un des voyageurs, juché sur un camion, a été lynché après être tombé du véhicule. 
 Un autre camion du convoi a également été attaqué par des miliciens chrétiens anti-balaka, rapidement dispersés par des tirs de Somation de la force africaine, présente sur l'axe routier. 
Ils sont centrafricains, nés en Centrafrique, n'ont connu que ce pays où ils ont construit leur vie: musulmans, ils sont menacés de mort dans leur ville ou village et n'ont plus pour seul espoir qu'un exil, qui leur est refusé.
Sur la base aérienne désaffectée de Bangui, ils sont entre 3.500 et 4.000, la plupart centrafricains, arrivés mercredi du nord-ouest dans un convoi escorté par des militaires tchadiens. Il y a une semaine, ils étaient seulement quelques centaines, musulmans de pays voisins.
Dans un entrepôt de la base où des carcasses d'hélicoptères servent d'étendoirs à linge, l'Office des migrations internationales (OMI) enregistre les déplacés en quête d'exil. D'énormes camions militaires tchadiens sont stationnés dans l'attente d'un prochain départ.
"Aujourd'hui, la grande majorité des personnes qui sont ici sont des Centrafricains", explique à l'AFP Jan de Wilde, chef du bureau de l'OMI à Bangui: "le Centre de transit se transforme en centre de déplacés".
Mais, insiste-t-il, les Centrafricains ne sont pas évacués, ni par l'OMI, ni par les Tchadiens, seulement les étrangers.
A l'ombre de grands acacias, femmes et vieillards attendent, allongés sur des valises, une natte, ou à même le sol. Les enfants vont et viennent entre épaves d'hélicoptères russes et de bi-moteurs rouillés. Les hommes font la queue dans le cagnard sur le tarmac, dans l'attente d'un laissez-passer qui leur permettrait d'espérer quitter le pays.
Moumine ne veut pas aller au Tchad. A 16 ans, cet adolescent frêle originaire de Boali (90 km au nord de Bangui) dit n'avoir ni papier d'identité, ni argent: "Ma mère et mes frères sont au Tchad déjà mais moi, je veux aller au Cameroun. On m'a dit que pour le Cameroun, c'était gratuit, pour le Tchad on me demande 11.000 FCFA (17 euros)".
Le Tchad comme le Cameroun n'évacuent que leurs ressortissants ou alors, dit un agent de l'ambassade du Cameroun, "ceux qui sont sans papiers mais ont des explications. Ils doivent pouvoir justifier leur origine camerounaise". Depuis début décembre, 31.500 étrangers ont été évacués du pays et plus de 86.000 Centrafricains ont trouvé refuge dans les pays voisins, fuyant en majorité par la route.
 

AFP
Samedi 8 Février 2014

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