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Nouveau couac pour la majorité gouvernementale : Branle-bas de combat au ministère du Tourisme après les déclarations de Ramid




Et un couac de plus dans la coalition gouvernementale ! C'est une polémique dont Lahcen Haddad, le ministre haraki du Tourisme,  n'avait vraiment pas besoin. Les propos de Mostafa Ramid, le ministre islamiste de la Justice et des Libertés, en visite dans une école coranique à Marrakech et appartenant au tristement célèbre Maghraoui, auteur d'une fatwa autorisant le mariage des petites filles de 9 ans, ont provoqué un séisme au ministère du Tourisme et à l'Office national marocain du tourisme (ONMT). Prononcée et enregistrée jeudi dernier, la déclaration du ministre islamiste selon laquelle les touristes étrangers viennent à Marrakech pour « commettre leurs péchés et s'éloigner de Dieu » tourne  depuis en boucle, son et images à l'appui,  sur plusieurs sites et fait le buzz dans les réseaux sociaux. Plusieurs  agences de presse internationales ont répercuté l'information, lui donnant un écho retentissant dans le monde des tour-opérateurs et autres spécialistes du voyage.
La réponse des touristes étrangers, ceux-là mêmes qui ne viennent pas forcément commettre des péchés dans la ville ocre, ne se  fait pas attendre. Ici et là, sur les versions électroniques de magazines français ou belges, l'on pouvait lire leurs  réactions indignées. Plusieurs de ceux qui ont eu connaissance des affirmations/accusations de M. Ramid ont même appelé au boycott de la destination « Maroc » où ils ne seraient pas les bienvenus.
Ce lundi 2 avril, c'est le branle-bas de combat à l'Office national marocain du tourisme qui découvre les propos d'un ministre appartenant à la famille politique du chef de gouvernement. Les responsables de l'ONMT réalisent très  vite  les dégâts qu'une telle déclaration peut provoquer dans un secteur en crise qui fait le pari de la relance du secteur touristique.  La campagne de promotion lancée  de la destination Maroc «le pays qui voyage en vous» a mobilisé des ressources humaines et financières conséquentes. Et après une année plutôt morose et un contexte de crise financière de l'Europe auquel sont venus s'ajouter les clameurs et soubresauts du Printemps arabe, les opérateurs touristiques croisent les doigts face à une reprise qu'ils espèrent toute proche.
Dans le cabinet du ministre du Tourisme, c'est la même panique qui s'empare de ses collaborateurs les plus proches.  Très vite, c'est une seule et même question qui se pose : comment réagir aux propos de M. Ramid, un membre d'un gouvernement auquel appartient Lahcen Haddad ? L'entreprise n'est pas facile car il s'agit dans le même temps de faire comprendre que la déclaration du ministre de la Justice n'annonce pas une nouvelle politique du gouvernement en matière de tourisme car n'engageant que le seul Mostafa Ramid et ne pas faire voler en éclats la coalition gouvernementale à travers deux ministres qui polémiquent.
Ce n'est qu'aux environs de 16 heures de ce lundi 2 avril qu'un communiqué du ministre du Tourisme tombe dans les rédactions et autres agences de presse sous le titre très pudique de «Précisions du ministre du Tourisme, Lahcen Haddad». Ce responsable gouvernemental battant pavillon Mouvement populaire signifie aussi clairement que fermement qu'il est, avec le chef de gouvernement, «le seul responsable et interlocuteur». Et s'il ne fait pas référence de manière directe aux propos de son collègue islamiste, évoquant tout juste «de récentes polémiques sur le tourisme à Marrakech», il met en avant l'engagement du Maroc dans le processus démocratique  sur fond de respect des libertés individuelles et celles des cultes.  Loin de tout châtiment divin, le ministre du Tourisme s'attache au droit positif. Les seules lois auxquelles sont soumis les touristes qui viennent au Maroc sont celles qui sont «officiellement en vigueur à l'instar de tous les pays du monde» rappellera-t-il dans son communiqué.
En tentant d'éteindre le feu allumé par l'un de ses pairs du gouvernement, Lahcen Haddad rend également justice aux touristes étrangers qui viennent au Maroc «pour y vivre l'expérience d'un pays authentique à la culture vivante». Autrement  dit, des hommes et des femmes qui ne viennent pas vivre l'expérience du tourisme sexuel…
Au-delà de la réactivité de celui qui est en charge du tourisme, un secteur dont la contribution au PIB est de 12% et dont l'ambition est de créer à l'horizon 2020 470.000 emplois supplémentaires, il s'agit bien d'admettre que toutes ces polémiques, probablement destinées à détourner de l'essentiel, font désordre dans une majorité gouvernementale qui s'apprête à célébrer ses 100 jours.

Narjis Rerhaye
Mercredi 4 Avril 2012

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