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Nora Sqalli : «Quand on cherche désespérément à faire rire les autres, on obtient souvent l’effet inverse»




Nora Sqalli : «Quand on cherche désespérément à faire rire les autres, on obtient souvent l’effet inverse»
Décidément cette jeune femme est infatigable. Elle mène une brillante carrière de comédienne, enseigne l’art dramatique et écrit parallèlement des scénarios de bonne facture. Tout en consacrant le temps et l’attention nécessaires à sa petite famille. Mais d’où lui vient  donc cette formidable énergie? De son élan artistique, serait-on tenté de dire.

Libé: La série télé «Bnat Lalla Mennana» a rencontré beaucoup de succès auprès du public.

Nora Sqalli: Il est vrai que cette série a été favorablement accueillie par les téléspectateurs. Dans la rue, au marché, partout où je me rends, je lis une certaine satisfaction dans le regard des gens. Dans leur manière de m’aborder aussi. On peut dire donc que l’effort fourni par notre équipe n’est pas resté vain. Au tout début, nous n’étions pas tout à fait sûrs de nous-mêmes et nous appréhendions beaucoup la réaction du public. D’autant plus que cette série allait être diffusée durant le mois de Ramadan. Ce qui nous compliquait singulièrement la tâche, car c’est le mois où les gens ont l’habitude de juger les séries télé en des termes très critiques.  Une fois les premiers épisodes diffusés, notre crainte s’est peu à peu dissipée. Car on s’est aperçu  que l’appréciation des gens n’était pas aussi défavorable qu’on le craignait. Disons même que l’accueil du public a été des plus chaleureux. Et c’était pour nous un grand ouf de soulagement.
Les raisons de ce succès sont multiples. Il y a tout d’abord le fait qu’on voulait partager quelque chose qu’on aime avec le public. Et il faut dire qu’on a mis du cœur à l’ouvrage. Rien que l’écriture du scénario nous a pris 18 mois. C’était donc un travail éprouvant, mais nous savions parfaitement ce que nous voulions. Et nous étions vraiment prêts à tous les sacrifices pour y parvenir. Tous les membres de l’équipe, sans exception, se sentaient impliqués. Yassine Fennane, le metteur en scène, n’hésitait pas à nous demander notre avis, concernant tel ou tel détail. Quant à moi, je ne me contentais nullement de mon rôle de scénariste ou  d’actrice, mais je m’occupais un peu de tout et on me demandait mon point de vue à propos de tout.

Comment avez-vous vécu ce succès ?

Le succès de cette série nous a certes remplis de joie. Mais c’est plutôt une joie mêlée d’inquiétude. Car il nous faut désormais prendre mille précautions pour ne pas ternir notre image auprès du public, en lui proposant un travail en deçà de ses attentes.

Est-ce qu’il n’y aurait pas une certaine incompatibilité entre la carrière de comédienne et les responsabilités de mère de famille?

J’avoue qu’il est très difficile pour une femme de mener une carrière de comédienne tout en s’acquittant de ses responsabilités de mère de famille. Il n’y a qu’à voir ce que j’ai enduré, durant les quatre mois que j’ai passés à Chefchaouen, loin de mes enfants, pour s’en rendre compte. On nous accordait en tout et pour tout une journée de repos par semaine. Et je devais donc me contenter de cette unique journée pour aller voir ma petite famille à Rabat. Sans oublier que je devais parfois consacrer une partie de cette même journée à l’enseignement d’art dramatique.   

Quel regard portez-vous sur la scène artistique marocaine?

Nous avons beaucoup d’artistes de talent, qui travaillent avec dévouement et abnégation. Il y en a d’autres qui, sans avoir le talent des premiers, se débrouillent plutôt bien pour faire un travail au bon aloi. Et puis il y a certains individus qu’on pourrait qualifier de rapaces, et dont le seul souci est le bénéfice matériel. Ce sont ceux-là, bien entendu, qui nuisent à la scène artistique marocaine.

Que pensez-vous des sitcoms marocaines, d’une manière générale?

Je n’arrête pas de me poser la question suivante : pourquoi tant d’acharnement à vouloir faire rire les téléspectateurs, durant le mois de Ramadan ?
Il y a même certains  qui cherchent à faire rire à tout prix. A tel point  qu’ils s’exposent eux-mêmes à la risée du public.  A ce propos, il faudrait vous dire que les responsables de 2M nous ont contactés, juste après avoir vu la pièce théâtrale «Bnat lalla Mennana» et nous ont proposé d’en tirer une sitcom. Dans le but de faire rire les gens. Mais notre but à nous était complètement différent, dans le fond.
Comme chacun le sait, quand on cherche désespérément à faire rire les autres, on obtient souvent l’effet inverse. Et on devient soi-même objet de tous les sarcasmes. Cela dit,  il faut bien avouer que les spécialistes en sitcom ne courent pas les rues dans notre pays. Et la situation est devenue aussi lamentable  à force de bricolage. On ne sait plus qui fait quoi. Car il ne faut pas oublier que ce sont les Américains qui bénéficient d’un véritable savoir-faire dans ce domaine. Ce qui est tout à fait normal, puisque ce sont eux qui ont inventé le genre. Même les sitcoms françaises restent, à vrai dire, plus ou moins décevantes. Avec ces éclats de rire enregistrés d’avance et qui finissent par devenir agaçants. Car le téléspectateur est parfois désarçonné par ces rires qui éclatent soudainement et qui ne sont pas tout le temps justifiés par une situation effectivement comique.  Alors que dans une vraie sitcom, à l’américaine, les éclats de rire que l’on entend émanent d’un public qui assiste réellement à cette sitcom.      

Il semble que l’industrie cinématographique marocaine ne parvient toujours pas à décoller.

A mon avis, le problème essentiel est que nous n’avons pas de véritables producteurs. Cela s’applique au grand comme au petit écran. Les professionnels du cinéma attendent tous que le CCM veuille bien leur accorder la subvention salutaire. Quant à ceux de la télé, ils attendent tous le feu vert de 2M ou d’Al Oula pour pouvoir démarrer la production.  Quant à ceux qui ont les moyens matériels, ils refusent tout simplement de se hasarder dans le domaine de la production. Ils optent plutôt pour des investissements sûrs.

Propos recueillis par MEHDI OUASSAT
Mardi 28 Août 2012

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1.Posté par majid le 28/08/2012 13:05
BRAVO a la ravissante Nora Sqalli,je vous ai beaucoup aimé dans la série lala menana,tbark allah 3lik,bien joué votre rôle,et vous avez bien analysé la situation des séries marocaines durant ramadan,pourvu que les choses changent sur le modéle de lala Menana,continuez !

2.Posté par Zahira le 31/08/2012 15:46
J'ai bcq apprécié cette série , je trouve que c'est la meilleure série passée pendant le mois de ramadan , bravo nora ainsi toute l'équipe et bonne continuation

3.Posté par aicha le 01/09/2012 01:56
bravo, a vous noura, et a toutes les autres filles dans la serie, je suis de boston onl a tous aimes

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