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Nigeria : Privatisation ou copinage ?




La pertinence de l'investissement public en infrastructures a été une question problématique au Nigeria depuis l'indépendance, en raison de la pression croissante sur les gouvernements d’assurer un développement social et une croissance économique rapides. En conséquence, que ce soit les gouvernements passés ou présents, ils ont dépensé d'énormes ressources financières dans ces infrastructures par le biais de subventions annuelles octroyées aux entreprises publiques. Ces entreprises continuent pourtant d’enregistrer d'énormes pertes dues à la grosse inefficacité, les pillages massifs et la non-rentabilité. Tous ces facteurs ont fait de la plupart des infrastructures une « dette-actif » renouvelable. La privatisation des ces structures permettrait-elle de sortir du gouffre ?
Orokpo, & Ejeh (2014), ont noté que tandis que le boom sur le marché mondial du pétrole et des produits pétroliers a duré, personne ne se plaignait des gaspillages et de l'inefficacité du secteur des entreprises publiques au Nigeria.
A cette même époque du boom il a été enregistré le plus grand nombre d'entreprises publiques en activité dans le pays, même si leur viabilité financière était discutable. Toutefois, la chute des cours sur le marché mondial du pétrole, les récessions économiques des années 1980 et la quête de la plupart des pays en développement à se rallier à la tendance mondiale a mis en lumière l'état maladif des entreprises publiques au Nigeria.
C’est dans ce contexte que la plupart des économistes ont fait valoir que l'une des raisons pour lesquelles la privatisation de l'infrastructure publique est indispensable est de mettre des fonds à la disposition des gouvernements. En d'autres termes, les fonds immobilisés dans une telle infrastructure peuvent être mieux utilisés pour régler les difficultés de certaines infrastructures et peut-être en construire de nouvelles dont le peuple a vraiment besoin en créant un environnement favorable, ce qui permettra de transférer le futur risque financier du secteur public au secteur privé.
Une visite à Makurdi, la capitale de l'Etat de Benue au Nigeria révélerait comment l'Etat a réussi depuis qu'il a été créé le 3 février 1976. La capitale se détache de ses compères en termes de développement d’infrastructures. Elle se targue d'être le grenier de la nation. Pourtant, vous serez d'accord qu'un bon investissement des ressources devrait profiter à la communauté à travers l'emploi, et améliorer ainsi l'économie de cette communauté. C’est à  travers cela que l’on peut converger vers le développement et la croissance.
La bonne gestion des ressources dans l'Etat de Benue a permis la création d'infrastructures comme Taraku Mills, Otukpo Burnt Bricks, Benue Breweries, Kastina Ala Fruit Juice Company, Makurdi Hôtel Sheraton, et la «privatisée» Cement Company Benue (Maintenant Dangote Cement Company). La plupart de ces établissements de l'Etat ont été touchés par la deuxième vague de privatisation ayant lieu en 1999. Parmi les établissements qui ont été privatisées, certains sont aujourd'hui à divers stades de liquidation, abandonnés ou fermés depuis qu'ils ont manqué à leurs objectifs économiques et sociaux. En conséquence, les gens attendent toujours de voir l'impact des opérations de privatisation. Et les fonds collectés n'ont pas été utilisés pour construire de nouvelles infrastructures.
Cependant, diverses excuses ont été données pour justifier ces lacunes. Primo, l'âge des installations et des équipements, n'a pas été correctement évalué pour en planifier l'entretien.
Secundo, l’environnement macro-économique est hostile du fait du réseau d'alimentation électrique erratique. Tertio, il existe une pénurie aiguë ou intermittente des produits pétroliers s’accompagnant de prix élevés. Enfin, il y a le faible pouvoir d'achat dû à la faible fréquence des paiements des salaires, et par extension une très faible activité économique.
Toutefois, comme indiqué par Orokpo & Ejeh (2014), la plupart des principaux investisseurs déclarés gagnants des offres de privatisation ont été accusés par les habitants de l'Etat de Benue comme manquant de compétences managériales et de capacités techniques à gérer les sociétés.
Des poursuites judiciaires ont même été introduites contre le Conseil national de la privatisation en cherchant à l’empêcher de vendre les actions à la plupart des entreprises. En outre, il y avait des plaintes de manque de transparence dans des transactions entières qui ont été effectuées dans le secret et dont la majorité du public était ignorante de la vente des actions.
Par conséquent, on peut conclure que, bien que la privatisation soit bonne pour montrer que l’intervention du gouvernement dans les affaires n’est pas recommandée, le processus de privatisation doit cependant être correctement suivi afin d'enrayer la culture perçue de copinage qui existe dans le processus

 * Analyste à africanliberty.org
Articles publiés en collaboration avec www.libreafrique.org

 

Par Adagboyi Damian *
Mercredi 14 Octobre 2015

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