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Neymar L'homme de la “remuntada”




Et l'incroyable s'est produit: auteur d'un doublé, Neymar a mené le FC Barcelone vers une mémorable "remuntada" (remontée) mercredi en Ligue des champions face au Paris SG, balayé 6-1 grâce à l'intenable Brésilien, passeur décisif sur le but victorieux de Sergi Roberto.
Aucune équipe n'avait jamais réussi à remonter une défaite 4-0 à l'aller en C1. Le Barça y est parvenu et son ailier brésilien, étincelant, est pour beaucoup dans cette phénoménale qualification pour les quarts de l'épreuve-reine européenne.
A l'aller, le numéro 11 avait été le seul Barcelonais à surnager. Il a fait mieux que ça mercredi, mettant le Camp Nou en transe par ses arabesques et ses dribbles.
"C'est le meilleur match que j'aie joué dans ma vie. Pour tout ce qu'il signifie, pour tout ce que nous avons vécu", a commenté le Brésilien au micro de beIN Sports Espagne.
Le capitaine de la Seleçao, âgé de 25 ans, est celui qui a ramené l'espoir. Alors que le Barça menait 3-0, Edinson Cavani a marqué un but à l'extérieur qui contraignait alors les Catalans à marquer trois fois en une demi-heure.
Une tâche surhumaine. Réussie grâce à Neymar, qui avait commencé par provoquer un premier penalty, transformé par Lionel Messi (50e). Puis il a marqué le but du 4-1 d'un magnifique coup franc excentré en pleine lucarne (88e) et rendu espoir au peuple catalan dans une fin de match échevelée.
Dans la foulée, quand Luis Suarez a obtenu un penalty, "Ney" a pris d'autorité la responsabilité de le frapper. Et il l'a transformé avec sang-froid, plaçant le Barça à seulement un petit but du miracle (90e+1).
Il restait une poignée de secondes à jouer, le Camp Nou était en fusion et l'attaquant brésilien a fait ce pour quoi le Barça l'avait recruté à grands frais en 2013: être décisif quand Lionel Messi, comme mercredi, est trop pris pour cible par les défenses.
Son ouverture au-dessus de la défense pour Sergi Roberto est une amour de petit ballon que le joueur catalan n'a eu qu'à prolonger au fond pour écrire l'histoire (90e+5).
Quel scénario! Quelle soirée légendaire! Neymar en a été la plus belle étoile. Et dire que, selon la presse catalane, le Brésilien avait confié à ses partenaires qu'il était sûr de pouvoir inscrire un doublé contre Paris!
Ce match d'anthologie a des airs de bâton de maréchal pour l'attaquant, qui a fait oublier un début de saison mitigé.
La presse le jugeait parfois trop personnel, et souvent en manque de réussite dans la finition: il compte seulement 8 petits buts en Liga. Quant à ses démêlés judiciaires à n'en plus finir autour de son transfert controversé au Barça.... pas spécialement faits pour arranger son pedigree.
Mais même quand les circonstances sont contraires, "Ney" reste cet artiste qui adore jouer avec le ballon, un sourire aux lèvres, et provoquer l'adversaire.
"La qualification semblait perdue donc nous avons joué sans pression, avec joie, en donnant tout pour marquer", a commenté Neymar.
Plusieurs fois, il a mis au supplice son vis-à-vis, l'infortuné défenseur belge Thomas Meunier, lequel a d'ailleurs malencontreusement provoqué le penalty du 3-0 en tombant et en déséquilibrant le Brésilien.
Et même si "Ney" a abusé des plongeons dans la surface, récoltant au passage un carton jaune pour simulation, il a répondu présent dans un match qui restera dans toutes les mémoires en Catalogne et en Europe.
"Je sais que nous avons écrit l'histoire, une équipe comme celle-ci est capable de tout", a lancé l'ailier.
A Barcelone, les grands attaquants brésiliens ont tous laissé leur empreinte. Il y a eu Romario, il y a eu Ronaldo. Il y a eu Rivaldo et Ronaldinho.
Il y aura désormais Neymar da Silva Santos Junior, l'homme de la "remuntada".

Les grands come-back

Avant la "remuntada" historique du FC Barcelone contre le Paris SG, d'autres équipes ont réalisé d'improbables come-back.
En voici cinq exemples:
- Ligue des champions 2005
Liverpool, mené 3-0 par le Milan AC à la mi-temps de la finale de la Ligue des champions, marque trois fois en six minutes et finit par l'emporter aux tirs au but.
- Super Bowl 2017
En finale du championnat de football américain, les New England Patriots battent les Atlanta Falcons 34-28 en prolongations après avoir été menés 28-3 dans le troisième quart-temps.
- Ryder Cup 2012
Lors de la Ryder Cup de golf 2012, l'équipe européenne est menée 10-4 avant le début des simples. Mais les hommes de Jose Maria Olazabal réussissent un incroyable retournement de situation pour finalement l'emporter 14,5-13,5 grâce au putt victorieux de Martin Kaymer sur le dernier green.
- Coupe de l'America 2013
Les Néo-Zélandais de Team New Zealand mènent 8 à 1 face aux Américains d'Oracle, soit à une victoire de la fin de la Coupe de l'America à la voile, mais finissent par perdre 9 à 8.
- Finale de la NBA 2016
Les Golden State Warriors mènent 3 victoires à 1 en finale face aux Cleveland Cavaliers, à une marche donc du doublé. Mais les Cavs de LeBron James inversent la tendance et remportent finalement un match 7 homérique pour donner le premier titre au club.


Ils ont dit

Luis Enrique 
(Entraîneur du FC Barcelone)
"C'était une soirée difficile à expliquer avec des mots. C'était un film d'horreur, pas un film de suspense, avec un Camp Nou comme je l'ai peu souvent vu. L'attitude des joueurs a été exceptionnelle, ils ont accepté les risques, une infinité de risques. C'est la victoire de la foi. La foi, parce que malgré les deux premiers buts inscrits, nous avons été spectaculaires en défense. Nous avons tout joué à pile ou face. A la pause, nous avons parlé du fait de marquer le troisième but pour les mettre en grande difficulté, nous l'avons fait mais leur but est arrivé. Le public a gardé la foi aussi. Au Camp Nou, habituellement tout le monde s'en va à dix minutes de la fin. Cette fois, personne n'est parti. Et ceux qui l'ont fait ont raté une soirée unique. Ce sport est unique. Un enfant présent au Camp Nou ce soir n'oubliera jamais cette nuit de toute sa vie."

Unai Emery 
(Entraîneur du PSG, à BeIN sport France) 
"Nous ne faisons pas le match que nous voulons, et après, la position de l'arbitre est plus souvent en faveur de Barcelone. Mais Barcelone a joué avec l'état d'esprit pour gagner le match. Nous voulions rester dans la continuité du match que nous avons fait à la maison, et aujourd'hui, c'est clair que nous ne l'avons pas fait."

Marco Verratti
(Milieu du PSG, en zone mixte)
 "On savait que tous les joueurs de Barcelone sont meilleurs que nous. La seule chose à faire, c'était de jouer en équipe, de jouer ensemble. Jouer au Camp Nou, c'est jamais facile, c'est difficile de couvrir tout l'espace. Il y a deux penalties mais on a perdu 6-1, c'est pas pour l'arbitre, c'est pour nous. On dit pardon aux supporters. On est évidemment très tristes. C'est Barcelone qui nous a imposé de jouer très bas."

Libé
Vendredi 10 Mars 2017

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