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Néandertal vs homo sapiens: qui gagne le combat physique?




Néandertal vs homo sapiens: qui gagne le combat physique?
Une équipe d’archéologues, de paléoanthropologues et de paléo-artistes viennent de réaliser une reconstitution –plus fidèle que jamais– de l’homme de Néandertal. Ces experts se sont fondés sur un squelette presque complet, découvert en France il y a plus d’un siècle. L’homme de Néandertal de la Ferrassie était petit, mais trapu.
Question: si un homme d’aujourd’hui croisait sa route, pourrait-il le vaincre dans un combat à mains nues?
Possible. En termes de puissance physique, Homo neanderthalensis aurait un net avantage face à Homo sapiens. La plupart des spécimens qui ont été découverts par les archéologues étaient dotés d'avant-bras dignes de Popeye; il faut sans doute y voir le fruit d’une existence passée à chasser les mammouths laineux (et autres éléphants à défenses droites) puis à démanteler leurs carcasses.
Les Néandertaliens disposaient également de muscles trapèzes, deltoïdes et triceps particulièrement robustes. Et pour cause: il leur fallait parcourir cinquante kilomètres avec vingt kilos de viande [PDF] sur le dos pour rejoindre leurs familles. Un homme de Néandertal était également doté d'un pelvis plus large et d'un centre de gravité moins élevé qu'Homo sapiens –caractéristiques qui auraient fait de lui un lutteur d'exception.
Ceci posé, notre cousin disparu ne nous aurait pas forcément battus à plate couture. Homo sapiens dispose probablement d’une plus grande allonge moyenne et d’une meilleure endurance que celles de feu les Néandertaliens.
Par ailleurs –et de façon plus importante– notre intelligence bien supérieure pourrait nous permettre de tirer pleinement partie de ce potentiel. Il s’agit bien entendu de pure spéculation –mais a priori, un homme moderne de carrure supérieure à la moyenne serait tout à fait capable de vaincre un homme de Néandertal dans un combat à mains nues. Il lui faudrait pour ce faire garder son adversaire à distance, survivre au premier assaut, et l’épuiser peu à peu.
La représentation classique de l'homme de Néandertal –la brute trapue, au corps taillé au couteau– est parfois exagérée. A en juger par les quelques spécimens connus, les mâles mesuraient 1,65 mètres en moyenne –soit seulement cinq centimètres de moins que le Chinois moyen et treize centimètres de moins que l’Américain moyen.
La structure osseuse de beaucoup de spécimens néandertaliens laisse penser que leurs biceps n’étaient pas plus imposants que la moyenne de ceux d’Homo sapiens –et certains spécimens découverts au Moyen-Orient étaient aussi minces que les humains modernes.
Par ailleurs, les Néandertaliens n'étaient nullement dénués d'intellect: ils ornaient leurs corps de peintures étincelantes et de coquillages; certains archéologues pensent même qu’ils avaient inventé une forme de flûte primitive.
La carrure et la férocité des hommes de Néandertal étaient extrêmement variables, tout comme celles des humains modernes. L’issue d’un combat inter-espèces dépendrait donc directement des caractéristiques des deux adversaires.
L’entraînement entrerait également en ligne de compte. Nul ne sait comment un homme de Néandertal revenu à la vie attaquerait ou se défendrait face à Homo sapiens. Un combattant moderne bien entraîné saurait parfaitement identifier les points faibles de son adversaire néandertalien pour lui asséner des coups dévastateurs –un avantage de taille. D’un autre côté, nous savons que notre cerveau humain peut nous trahir dans le feu de l’action. Après une blessure par balle, beaucoup d’animaux continuent de lutter pendant un long moment; les humains, eux, sont généralement terrassée par le choc psychologique. C'est ainsi: lorsqu’il nous faut combattre pour survivre, nous souffrons parfois d’un excès d’intelligence.
Comparés à certains de nos voisins de l'Arbre de l'Evolution, les Néandertaliens font figures de poids-plumes. Je n’aimerais pas croiser Homo heidelbergensis dans une rue déserte. Certains spécimens mesuraient plus de 2,10 mètres, et ils étaient dotés d’une épaisse ossature. Il leur arrivait d’être cannibales; ils avaient donc appris à combattre les autres humains archaïques. Leurs cerveaux étaient plus petits que ceux de l’homme de Néandertal et d’Homo sapiens; un désavantage tactique, sans doute contrebalancé par une férocité bestiale. Paranthropus boisei aurait lui aussi fait un adversaire redoutable. Cet «humain à tête de gorille», comme on le décrit souvent, était doté de puissantes mâchoires, de dents gigantesques et de muscles dorsaux bien développés.

Slate.fr
Vendredi 16 Novembre 2012

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