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Naoual Ikkou : Les montagnardes souffrent encore le martyre




Une Constitution vaut par son application. Voilà une assertion qui sied bien à la condition que décrit Naoual Ikkou, membre du Conseil national d’Azetta Amazigh. En effet, et bien que la Constitution de 2011 nous annonce la jouissance des femmes de droits, leur permettant l’égalité avec leurs homologues masculins  et la création d’une instance de parité, nous restons toujours loin de cette réalité, fait savoir cette militante amazighe.
Et d’ajouter que cinq ans après l’adoption de cette Constitution dans un contexte poussé par un vent de changement, des résistances se font encore fortes, notamment de l’intérieur du gouvernement qui n’arrive pas à s’imprégner du souffle progressiste et moderniste de la Loi fondamentale.
Pour Naoual Ikkou, le 8 mars 2016 qui coïncide avec la dernière année du mandat du gouvernement Benkirane, est marqué par l’absence de toute évolution de la condition des femmes. «Je mets ici l’accent sur les conditions des femmes vivant dans les zones montagneuses qui continuent de vivre le calvaire et de souffrir du manque de mesures favorables, en l’absence d’une attention particulière, notamment d’une loi de la montagne», a martelé Ikkou, également militante au sein de la Coalition civile pour la montagne.
Bassima Haqqaoui a beau avancer et défendre ses plans et initiatives, a-t-elle renchéri, les conditions des femmes dans la réalité démontrent d’abord que ces plans sont une pure interprétation de ce que sont les droits des femmes, une interprétation misogyne qui traduit une pensée masculine fortement enveloppée dans une conception politique conservatrice.
Et d’expliquer que les deux principes défendus par le mouvement des femmes, à savoir l’équité et l’égalité, ne sont pas traduits à travers ces plans de tendance rétrograde. En l’absence d’une synergie des politiques publiques et d’une lutte soutenue contre l’analphabétisme dans les zones de montagne où elle atteint 47,6%, la femme resterait toujours la laissée-pour-compte des politiques publiques, fait remarquer Ikkou. Le taux de mortalité chez les femmes, ajoute-t-elle, reste parmi les plus élevés, notamment dans les montagnes où les femmes amazighes souffrent le martyre.
S’attaquant à la violence contre les femmes, Naoual Ikkou a indiqué que le chemin est encore long et les potentialités civiles démocratiques ont une dure tâche à accomplir, dans la mesure où les chiffres du HCP indiquent qu’en 2012 seulement, près de 63% des femmes subissaient encore des violences, alors que l’Observatoire « Yeux féminins » a annoncé 40 mille cas en 2014.
N’en parlons pas du marché de l’emploi inaccessible pour les femmes au même titre que les hommes, conclut la militante d’Azetta. Voilà donc ce qui place, selon elle, le Maroc parmi les derniers pays en matière d’indice du développement humain.

M-E
Mardi 8 Mars 2016

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