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Naissance de la Coalition pour la démocratie : Une alliance qui sème une confusion…clarificatrice




Coup de tonnerre dans la vie politique et coup d'épée dans l'eau et le marécage partisan ? L'annonce, mercredi 5 octobre, de la création de la Coalition pour la démocratie que composent huit partis politiques sans réel fil rouge ou dénominateur commun n'en finit pas de susciter questionnements et interrogations. L'initiative que pilote officiellement le Rassemblement national des indépendants inquiète ou fait sourire. C'est selon. Les commentaires vont bon train, et ne se limitent pas au seul café du commerce
L'offre « politique »  de Mezouar est en fait un étrange panachage qui regroupe tout à la fois et sans distinction, les sociaux libéraux du RNI, les libéraux de l'Union constitutionnelle, les Imazighen du Mouvement populaire, les néo-libéraux du Parti Authenticité et Modernité, les socialistes, transfuges du Congrès national ittihadi lui-même transfuge de l'USFP, les écologistes de gauche du Parti de la gauche verte, les gauchisants du Parti travailliste, lui aussi né de la matrice ittihadie et enfin les vaguement islamistes du Parti de la Renaissance et de la vertu. L'analyse politique ne peut faire l'économie de ce « point de détail » même au risque d'apparaître comme primaire. Les commentaires ont fusé autour de ce que la chronique journalistique a très vite appelé le « G8 ». Des hypothèses ont été émises, y compris celles les plus politiquement incorrectes. « Le personnel politique est en droit de se poser des questions face à une alliance qui a vu le jour à moins de 50 jours des élections législatives. Qui est dans le viseur de cette coalition ? Contre qui ces 8 formations politiques s'allient-elles ? Quelle est dès lors leur cible commune ? Que peut donc bien lier l'Union constitutionnelle au PS par exemple ? » s'interroge ce politologue de la place.
En l'absence de lien idéologique entre ces 8 partis, ceux de la coalition rétorquent en mettant en avant la nature de leur regroupement: c'est une alliance sociétale  autour d'un projet de société basé sur la démocratie, la modernité. Pas de place pour l'idéologie ni pour les concepts « droite » ou « gauche » qui ne seraient plus en vogue aux yeux d'Abdelkrim Benatik. La démarche est innovante. Elle peut aussi être dangereuse. « Ce sont ceux-là mêmes qui ont peur de la démocratie qui proclament haut et fort qu'il n'y aurait ni gauche ni droite et que la démocratie serait en fait monocolore. Peut-on valablement parler de démocratie sans familles politiques aux choix, aux options, aux valeurs différents? La démocratie est tout sauf unanimiste », commente cet observateur de la chose politique en terre marocaine.
L'alliance de ces 8 partis politiques a été présentée par Salaheddine Mezouar, l'un de ses principaux promoteurs, comme une Coalition pour la démocratie. Une sorte de front qui veut se mobiliser, sous l'égide de la nouvelle Constitution, pour défendre la démocratie. « La démocratie serait-elle en péril ? Qui a dit que dans notre pays la démocratie était menacée ? Je dirais plutôt que ces partis qui prétendent avoir peur pour la démocratie ont plutôt peur des résultats des urnes ! » soutient cet universitaire dont le cœur bat à gauche.Au-delà de la rationalisation de l'action partisane et du paysage politique, y a-t-il d'autres  raisons, moins avouées,  qui auraient présidé à la création de la Coalition pour la démocratie?

La relance de la
Koutla gêne
Sans détenir de réponse formelle, cet observateur n'écarte pas le fait selon lequel  le mouvement de relance de la Koutla conjugué au rapprochement des composantes de la gauche doit quelque part gêner. Mais dans le même temps, fait-il remarquer, cette nouvelle alliance si elle contribue à semer davantage de confusion aux yeux des citoyens, elle aura le mérite de clarifier, presque à l'insu de son plein gré, qui est qui et qui est avec qui. « Je parlerai pour ma part d'une confusion clarificatrice ! La gauche n'est pas toujours celle que l'on croit ni là où on pense qu’elle devrait naturellement être! On peut désormais distinguer clairement deux catégories de gauche : la gauche historique et la gauche dérivée qui pratique un opportunisme de mauvais aloi», relève-t-il derrière un sourire ironique.
Confusion, mariage contre-nature, regroupement patchwork, cette coalition à 8 n'a pas fini de faire parler d'elle. A quelques semaines des élections, ils sont nombreux à craindre que cette alliance ne renforce davantage la désaffection des électeurs et la défiance par rapport au politique. « En tout cas, une telle initiative ne facilitera pas le retour des citoyens aux urnes », conclut ce politologue qui n'arrive toujours pas à s'habituer aux errances de la politique à la mode marocaine.

Narjis Rerhaye
Vendredi 7 Octobre 2011

Lu 637 fois


1.Posté par Jigoud le 07/10/2011 10:38
Les atermoiements "rusés" de l'USFP à former un pôle de gauche y sont pour quelque chose dans cette alliance bizarroïde ainsi que l'acte suicidaire de Benatik.
Maintenant ,il ne faut pas se contenter de remarquer l'incohérence opérée à l'endroit de ce groupement maladroit .Des analyses plus fouillées de l'espace politique devraient mettre en garde l'Etat contre les dégâts potentiels que cet amas disparate de sensibleries politicardes pourraient engendrer. Qui peut le faire? Une pauvre pensée politique axée sur le versant électoraliste et des dérisions soutenues sur les élus trafiquants de drogue(A.Khairat) ,à notre avis ,n'en possède pas les moyens! Et ,à long terme ,cette petite pensée se révélera plus pernicieuse !
Ceux qui se réjouissent de ce médiocre spectacle associent la politique à un jeu d'enfants (La3b drari) .

2.Posté par nonnonnonasatan le 07/10/2011 13:21
Les corrompus de tres longue date et les "propres" opportunistes forment aujourd'hui une alliance de satan avide de démocrachie ,ces gens vont tout faire pour détruire l'espoir né de l'initiative royale de faire naitre la démocratie au pays ,ce qui les interesse ces corrompus +"propres" ce sont les postes de ministres et rien d'autre ,s'ils y arrivent ça sera la catastrophe pour notre cher pays !

3.Posté par Jigoud le 08/10/2011 11:06
Merci d'avoir publié.
Quand on parle de l'Union de la gauche ,ce n'est pas en termes de voeux mais d'actes politiques ,de réalisations factuelles procédant d'un projet! Elle n'est pas non plus une perspective thématique infinie que l'on ouvre uniquement pour ne rien faire. Faire semblant de travailler pour un objectif ...qui ne voit jamais le jour . Le ralliement du PSD était un premier pas louable .Mais après?

Le production intellectuelle ittihadie se distingue par une qualité caractéristique et son défaut mortel et le manque de suivi et de synthèses opérationnelles relativement aux principes fondateurs de la pensée de gauche . L'USFP ,à cet égard , a fait preuve de dons inestimables au cours de son action . Mais ces dons ,ces idées ,en raison du manque d'ordre et d'organisation, sont vite tombés dans l'oubli de sorte qu'au moment où l'on se trouve devant un processus imprévu (l'actuelle Alliance du G8) on se met à fouiller dans une mémoire vieillissant insuffisamment armée (sur le plan scientifique) pour parer à ce genre d'éventuelles distorsions ...
Je donne deux exemples pour clore ce point avant d'en venir,un jour, à des réponses ponctuelles (analyses) de cette Alliance conte nature. Ces deux exemples sont entièrement à l'honneur de 3 journalistes ittihadis et/ou opérant au sein de l'Institution Al Ittihad Al Ichtiraki .Il s'agit notamment d'Abdelhamid Jmahri , de Lacen Lââsibi , Essafi Ennasiri..
Le travail que ces journalistes avaient réalisé en Novembre/décembre 2000 est monumental .A.Jmahir avait travaillé sur la notion du Parti politique et "la partisannerie" et les deux autres journalistes sur la "Gauche radicale". Les 3 journalistes pour traiter de leurs sujets avaient pratiquement interviewé la quasi totalité des acteurs politiques marocains. Un travail gigantesque sans précédent ,d'une valeur précieuse.Incomparable ,je dirais ,pendant la première décennie de ce siècle. Qu'a-t'on fait de ce travail (je conserve la totalité des performances)? Jusqu'à présent et à ma connaissance , rien ! Ce qui veut dire ,qu'idéologiquement parlant et face à la présente Alliance ,il faut repartir à zéro .Il faut,sauf cas rares, toujours partir de la Mémoire (damghi) ou du néant avec l'USFP.

Car il n' y a pas plus bêtes que les usfpeistes! Ils s’entre-déchirent comme des animaux (M.Elyazghi dit que Lahlimi opérait/opère pour la DGD) et la casse qu'ils génèrent dans l'espace public est terrible! C'est leur désunion qui ouvre la voie à l'éclatement des structures politiques et encourage à la dissidence organisationnelle interne et pousse les compétiteurs politiques à "penser" l'anarchie et le non sens .
Il faut rassembler les forces ,organiser le travail de l'intelligence , se pencher sérieusement sur l'état lamentable de des structures du parti pour renouer avec le débat politique utile au pays et à la Nation !
Le travail politique improvisé (Cas de l'actuelle Alliance risible ) est dévastateur.L'exemple de la Syrie doit bien servir à quelque chose .A bon entendeur!

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