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Municipalité d’Essaouira : Les positions ont changé, mais les interrogations demeurent ouvertes
«La deuxième partie de la session de février de la municipalité d’Essaouira consacrée principalement au compte administratif et à la programmation de l’excédent du budget 2009 a encore une fois mis a nu la médiocrité du travail communal. Le constat est inchangeable, mais les positions de la majorité des édiles qui avaient crié au scandale une semaine avant, demandant le limogeage du cinquième vice-président et l’ouverture d’une enquête sur les irrégularités commises durant les six derniers mois, ont étrangement et subitement changé ! « Ils n’ont même pas osé nous regarder droit dans les yeux, il y a ceux qui n’ont pas osé assister à la séance plénière pour s’exprimer sur leurs positions », nous a déclaré un édile non sans amertume.
Effectivement, le deuxième acte de la session de février n’avait aucun rapport avec la première séance qui avait tragiquement commencé par Mohammed El Ferraâ pris de court par le boycott massif des édiles en signe de protestation contre bon nombre d’irrégularités. Résultat : même compte administratif, et même programmation de l’excédent du budget 2009 ont été votés par 20 voix contre 4, tandis que le reste des conseillers ont préféré faire la chaise vide pour diverses raisons. Pire, l’équipe aux commandes de la municipalité prévoit un remaniement du bureau et des commissions pour resserrer les rangs de la majorité de Mohammed El Ferraâ. « Les autorités locales ne doivent pas rester les bras croisés devant cette mascarade qui se déroule actuellement, à commencer par les scènes d’injures et d’agressions verbales commises régulièrement lors des sessions de l’actuel conseil municipal. D’autre part, les autorités de tutelle doivent intervenir pour stopper cette dilapidation des deniers publics, illustrée par cette scandaleuse programmation de l’excédent du budget 2009 : un million sept cent mille dirhams pour la réhabilitation de bâtiments non identifiés, un million quatre cent mille dirhams pour l’achat de matériaux et fournitures de pavoisement et de fêtes dans une ville qui respire pourtant la puanteur des eaux usées au quotidien! Deux millions et cinq cent soixante dix mille dirhams pour l’achat de camions et de motocyclettes alors que les services d’assainissement liquide et solide et de l’éclairage public sont délégués à des opérateurs privés, un million de dirhams pour la réalisation d’une étude sur la mise à niveau du domaine urbain sans aucune identification des zones ciblées par cette opération, et trois millions de dirhams pour un projet de mise à niveau du domaine urbain !! Avec un minimum de logique et de rigueur, on peut dire que cette programmation ne mérite même pas d’être soumise à un conseil élu censé protéger les intérêts et les biens d’une ville», nous a déclaré un citoyen commentant les travaux de la dernière session. La municipalité d’Essaouira continue et continuera sûrement à payer les pots cassés des erreurs commises par ses élus. Plus de trois millions de dirhams ont été versés à des opérateurs privés pour corriger les préjudices commis à cause des décisions maladroites des ex-conseils communaux. Une vraie dilapidation des deniers publics dont l’exemple le plus aberrant est celui d’un fournisseur de peinture qui a encaissé plus que quatre cent mille dirhams après avoir intenté un procès à la municipalité pour non-règlement de factures. « L’actuel conseil communal est en train de commettre des erreurs au détriment des intérêts de personnes qui coûteront cher à la ville dans le futur. L’exemple le plus flagrant est celui de l’un des terrains cédés contre six cents dirhams le mètre carré dans le cadre de la fameuse opération annulée in extremis par le gouverneur. Ce terrain a été déjà cédé à un médecin par l’ex-conseil communal en 1999 dans le cadre d’une session normale pour la réalisation d’une clinique privée. Malheureusement, le nouveau conseil refuse d’admettre cette réalité ; il a même décidé de céder ce lot à un autre bénéficiaire sans annuler la première cession. Ce qui est certain, c’est que le médecin fera recours à la justice pour faire valoir ses droits», affirme une édile du conseil de la ville. Jeudi 11 Mars 2010
Abdelali Khallad
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