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“Much Loved”, projeté pour la première fois au Maghreb




Projeté pour la première fois au Maghreb, le film Much Loved, interdit au Maroc, a suscité un vif engouement à Tunis jeudi, certains spectateurs faisant la queue durant des heures pour voir le long métrage.
Le réalisateur franco-marocain Nabil Ayouch s'est félicité de «l'engouement» du public des Journées cinématographiques de Carthage pour son film qui traite de la prostitution au Maroc. «C'est un bonheur profond d'être sélectionné ici. (...) Il y a eu un engouement, le public vivait avec le film. C'était, pour la première fois, un public arabophone, qui comprenait tous les dialogues en arabe et n'avait pas le même type de réactions que les autres publics», a-t-il commenté. Des centaines de spectateurs ont donc assisté à la projection dans la salle du Colisée, où la sécurité avait été renforcée à la suite de l'attentat suicide survenu non loin de là mardi.  «Je remercie le public de Tunis pour ce beau cadeau», a ajouté le réalisateur, né d'un père marocain et d'une mère tunisienne.
Présenté lors du dernier Festival de Cannes puis doublement récompensé cet été au Festival du film francophone d'Angoulême, Much Loved (Zin li fik en arabe) suit le parcours de Noha, Randa, Soukaina et Hlima, quatre prostituées de Marrakech, dans le sud du Maroc.
Il a été interdit dans le Royaume, les autorités dénonçant «un outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine».
Ayouch, lui,  affirme avoir «encore de l'espoir» que son film soit finalement autorisé au Maroc: «Aujourd'hui, la situation est bloquée (...) mais j'ai envie de croire que des choses sont encore possibles». Il a rappelé avoir passé «plus d’une année» à rencontrer «200 à 300 prostituées au Maroc», avant de réaliser ce film, «qui est le reflet de ce qu'elles vivent», a-t-il insisté.
Ayouch a par ailleurs donné des nouvelles de l'actrice principale, Loubna Abidar. La comédienne, qui avait reçu des menaces pour son rôle dans «Much Loved», a récemment rejoint la France. Elle a ensuite publié une tribune dans le quotidien Le Monde intitulée «Pourquoi je quitte le Maroc», affirmant: «Au fond, on m'insulte parce que je suis une femme libre».
«D'après les informations qu'elle me communique, elle va mieux. Elle a pris un peu de distance, c'était salutaire pour elle», conclut Nabil Ayouch.

Samedi 28 Novembre 2015

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