Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Mounia Boutaleb : Je suis loin d’être une peintre réaliste




Mounia Boutaleb : Je suis loin d’être une peintre réaliste
Mounia Boutaleb fait partie des artistes peintres marocains qui travaillent sur la base d’une idée, sinon d’un projet. Rien n’est dû au hasard. Chaque couleur comporte une inspiration et chaque forme fait ressortir un état d’âme. Ses créations son travaillées selon des techniques mixtes, comme la peinture à l’huile, à l’acrylique, l’encre de Chine, ou même le sable.
Mounia Boutaleb prépare 
actuellement une nouvelle 
exposition. Elle nous livre ses impressions et nous dévoile 
un peu plus son univers, riche en couleurs.
 
Libé : Comment êtes-vous venue à l’art pictural?
 
Mounia Boutaleb : Je crois que du plus loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été créative.  Je ne saurais expliquer comment cela m’est venu, mais enfant, je dessinais, lisais, et rêvais beaucoup. J’avais tendance à dessiner sur mes cahiers d’école et j’ai grandi et évolué avec ce besoin d’expression. J’avais commencé à prendre des cours d’art plastique au collège où mes professeurs  m’encourageaient à persévérer dans mon travail, sûrement qu’ils avaient décelé des talents d’artiste en moi (rires).  Et depuis je me suis toujours vue dans l’art et la création. 
 
Comment présenteriez-vous vos œuvres à nos lecteurs ?
 
Tout d’abord mes toiles sont souvent de grandes dimensions, car j’aime m’exprimer en grand. Selon moi, une œuvre de grande dimension permet à l’intéressé de mieux s’en imprégner. Mes œuvres sont non seulement à regarder mais aussi à toucher. Mon travail de la «forme et matière» fait appel à deux sens, la vue et le toucher. Cela implique proximité et contact. Ensuite la couleur est source de bonheur et de bonnes ondes pour moi ! Mes peintures sont très colorées et très vivantes. Elles respirent la joie de vivre et la bonne humeur.
Dans mes tableaux,  je commence par un fond monochrome qui à la fois définit l’espace et annonce le départ. Ensuite, je peux avancer en réagissant à chaque nouvelle touche que j’apporte sans avoir une idée précise de l’état final parce que chaque nouvelle forme colorée change le contexte. C’est le moi ou l’inconscient qui conduit le geste. Je tends par les formes colorées à ce que le tableau soit en équilibre et vivant.  Et enfin le tableau est achevé dès que je ne vois plus rien à rajouter ou enlever. 
Peindre pour moi, c’est traduire les émotions de la vie en tentant de les faire partager. Je ressens réellement ce besoin de peindre ; il s’agit d’un acte libératoire d’un appel intérieur, de quelque chose d’absolument indispensable! Mes  toiles sont toutes un bout de moi, elles ont toutes leur raison d’être. 
 
Quelques mois après votre dernière exposition qui fut couronnée de succès, vous vous apprêtez, semble-t-il, à exposer de nouvelles œuvres. Pourriez-vous nous en donner un avant-goût ?
 
C’est vrai, j’ai vécu là une expérience unique. Mon exposition à la Galerie Mine d’art a eu beaucoup de succès. J’ai vendu 16 toiles suite à cette exposition qui de plus a connu une couverture médiatique exceptionnelle.
Tout ce que je peux vous dire, c’est que je peins en permanence. Et si je ne suis pas devant une toile, j’ai toujours mon crayon et mon papier, de sorte que je peux dessiner quoi que ce soit, où que ce soit et noter les idées qui me viennent à l’esprit. 
J’ai pas mal de projets d’exposition et de collaboration avec d’autres artistes mais qui sont encore à peaufiner.
Mes nouvelles toiles parlent pour moi de réconciliation, de respect d’autrui, de convivialité, de partage, de bonne humeur, de joie de vivre et de paix. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que personne ne voit le monde exactement de votre point de vue ; et donc je voudrais juste inviter les gens à venir voir mes œuvres. 
 
Vous dites souvent que vous êtes à la recherche permanente  d’un  enrichissement de votre méthode, en mélangeant techniques et matières. Qu’en est-il exactement ?
 
Je dirais plutôt que je suis en continuelle recherche de moi-même (rire). Mais aujourd’hui concernant ma démarche, j’essaie d’abord de composer la toile dans mon esprit ; après  j’intègre plusieurs matières : peinture à l’huile, à l’acrylique, encre de Chine, sable, enduit, papier... J’aime utiliser la matière dans mes compositions ; je travaille beaucoup en plusieurs couches, avec assez de matière que je gratte, je brosse, je tamponne et j’étire afin de créer du relief, des dégradés ou des clairs-obscurs. Je procède également par empâtement de la peinture pour donner plus de volume à mes tableaux. J’adore expérimenter. J’ai commencé par la peinture en aplat, au début. Puis, je suis venue au relief. Je pense être une chercheuse de formes, de couleurs et de matières pour recréer un type d’harmonie. Alors, je cherche...  J’espère faire évoluer ma technique évidemment, aller encore plus loin ; j’ai encore beaucoup à apprendre et à découvrir pour progresser. Si l’évolution s’arrêtait, je stagnerais et je me perdrais dans un flot de souvenirs doux-amers. J’ai peur de la médiocrité. 
 Généralement je suis toujours  fière de la toile que je viens de terminer en attendant la prochaine. Selon moi, un tableau doit représenter une émotion née de la vie. Dans mes toiles, j’essaie d’établir une harmonie entre les deux.
 
Quels sont vos thèmes de prédilection? 
 
Mes influences sont multiples. Quant à mes inspirations, je dirais tout simplement de la vie, ou du moins, des relations complexes entre les gens, du rapport de l’homme à la liberté, de l’homme face à l’inconnu et surtout de mon environnement ainsi que des relations avec mon entourage. J’ai ainsi appris à accepter les gens pour ce qu’ils sont. Je suis fascinée par la nature humaine et toutes ses émotions, j’ai une envie de prendre tout ce que m’offre la vie ! 
Ce que je vis m’est propre, mais les émotions sont universelles. Je nourris ma peinture de mes états d’âme. Je parle d’identité, de relations complexes, de rencontres furtives... 
Parfois, il y a juste une image, une phrase, une rencontre, une anecdote, ou même une discussion ; tout peut être prétexte à une toile. Je dirais aussi que le réel et l’imaginaire s’imbriquent pour m’aider à explorer et créer une nouvelle toile.
 
Votre peinture semble beaucoup intéresser les amateurs d’art. Comment évaluez-vous votre parcours ?
 
 Effectivement ma peinture suscite la curiosité et l’intérêt des amateurs d’art qui apprécient mes œuvres. Je pense que cela vient de mon mode d’expression, de ma manière de traiter la couleur et surtout de  mon goût pour le relief. Je ne suis absolument pas une peintre réaliste. J’aime que les choses soient suggérées, et même qu’elles paraissent mystérieuses. Ma peinture est longtemps restée confidentielle. Jusqu’à ma rencontre avec des peintres à Paris qui m’ont aidée à aller à la rencontre du public. 
Je ne suis qu’à mes débuts et je pense que seul le travail paie ! Dans ce métier, la patience est d’or.    

Propos recueillis par Mehdi Ouassat
Samedi 5 Juillet 2014

Lu 1211 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs