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Mostapha Romli: La création de la FIDAS ouvre de nouvelles perspectives de travail




Mostapha Romli: La création de la FIDAS ouvre de nouvelles perspectives de travail
La Résidence d’artistes Ifitry et le Centre d’art contemporain d’Essaouira se transforment en Fondation Ifitry pour le développement artistique et social, FIDAS. Mostapha Romli, directeur de ces deux institutions, nous explique les raisons de ce changement de statut. Entretien.
 
Libé : La Résidence d’artistes Ifitry et le Centre d’art contemporain d’Essaouira changent de statut pour devenir une Fondation. Pourquoi ce changement?
 
Mostapha Romli: Ce qu’il faut savoir, c’est que nous étions jusqu’à l’année dernière une entreprise. La Résidence d’artistes Ifitry produisait des œuvres et le Centre d’art contemporain abritait des collections permanentes d’œuvres produites sur place ou de passage au Centre. 
Après discussions en interne, et dans le but de protéger ce patrimoine, nous avons estimé qu’il fallait transformer ces deux institutions en Fondation. Sachant que dans le cadre d’une société, les biens peuvent un jour être partagés pour une raison ou pour une autre. 
 
C’est une évolution majeure qui impose des changements dans le mode de fonctionnement.
 
C’est vrai. Il faut savoir qu’en tant que société, nous n’avions pas vraiment la possibilité de lever des fonds au profit de ces deux institutions (la Résidence et le Centre). Nous ne pouvions pas, par exemple, recourir au mécénat ou encore demander à des personnes d’être amis avec la société. 
Avec le changement, c’est désormais possible. On passe à une structure indépendante qui doit trouver des moyens de financer ses activités à travers divers partenariats, par exemple.
 
Quelle a été la réaction des artistes en apprenant ce changement?
 
Les artistes l’ont bien accueilli et ont même été les premiers à adhérer au projet. D’autant plus que c’est une garantie pour eux que leurs œuvres soient dans une fondation et que toutes les collections qu’elle accueille s’inscrivent dans la durée.
Sachant qu’il n’y a pas de collections d’art contemporain international au Maroc, nous avons d’abord mis en place une résidence et créé une collection qui soit visible au Maroc. Car, tout le monde n’a pas la possibilité d’aller à l’étranger pour visiter des musées. 
L’idée est donc de ramener des artistes ici afin qu’ils produisent au Maroc et laissent des collections en ce lieu.
 
Vous avez organisé du 24 au 26 janvier courant une exposition sur le thème «Visions multiples et naissance d’une Fondation» à Casablanca. Quel était votre but ?
 
Cette exposition visait justement à sensibiliser le public, les médias et tous ceux qui s’intéressent à l’art sur le changement intervenu au sein de ces deux institutions. Mais aussi, dans la continuité des activités que nous menons, de présenter à ces derniers les œuvres réalisées à la Résidence Ifitry.
 
Quelle était la particularité de ces deux institutions avant leur transformation en Fondation ?
 
Le projet Ifitry a démarré il y a 14 ans. Mais cela fait quatre ans seulement que nous avons commencé à accueillir les artistes, parce qu’il nous a fallu beaucoup de temps pour obtenir toutes les autorisations nécessaires et achever les travaux.
La particularité de ce lieu, c’est qu’il est complètement isolé, il se trouve entre Safi et Essaouira, et n’a ni réseau téléphonique ni Internet. On est vraiment coupé de l’extérieur.
Pour faire vraiment des expériences, il faut que l’on soit coupé du monde et qu’on investisse l’intérieur. C’est-à-dire l’espace mais aussi soi-même. Autrement dit, on ne doit pas être dérangé. Ce qui donne à l’artiste la possibilité de vivre quelque chose de différent, une expérience personnelle. 
Je pense que le terme résidence d’artistes n’incarne vraiment pas ce lieu. A mon sens, c’est davantage un laboratoire.
Par ailleurs, contrairement à la résidence classique, ici il n’y a pas cette obsession de réussite très présente dans un atelier ou la veille d’une exposition. Nous demandons aux artistes d’abord d’expérimenter. Au cours de leur expérience à la Résidence, nous leur disons : «Si vous aboutissez à quelque chose de bien, tant mieux. Si vous n’arrivez pas au résultat escompté ou si vous obtenez, ne fût-ce que le début de quelque chose d’intéressant, c’est déjà pas mal».  

Propos recueillis par Alain Bouithy
Jeudi 30 Janvier 2014

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