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Moscou et Washington s'écharpent

La Syrie replonge plus que jamais dans la guerre




Quatre membres d'un centre médical tués dans un raid aérien près d'Alep

La Syrie a replongé dans le conflit qui l'ensanglante depuis cinq ans, les Etats-Unis et la Russie s'accusant d'avoir fait voler en éclats la courte et fragile trêve des combats qui ravagent le pays.
Réunie à New York pour la grand-messe de l'Assemblée générale de l'ONU, la communauté internationale assiste impuissante à l'échec de la diplomatie et à la reprise des violences.
Le ton est encore monté mardi soir entre les parrains américain et russe du processus syrien à propos d'une frappe aérienne lundi près d'Alep (nord) contre un convoi humanitaire, qui a provoqué un tollé international.
La Maison Blanche a affirmé qu'elle tenait "le gouvernement russe pour responsable" de ce bombardement, soulignant que seuls Moscou ou le régime syrien pouvaient en être à l'origine.
Plus précis dans ses accusations, un responsable américain anonyme a confié que selon "notre meilleure estimation, ce sont les Russes qui ont mené cette frappe" et que deux bombardiers russes SU-24 étaient sur la zone au même moment.
Environ 20 personnes, dont un responsable du Croissant-Rouge, ont trouvé la mort dans cette attaque, la plus meurtrière en Syrie contre un convoi humanitaire depuis 2011. Le raid a entraîné la suspension de l'acheminement par camions de l'aide de l'ONU qui avait à peine démarré.
L'opposition politique syrienne a aussi montré du doigt Moscou et son protégé, Damas.
La diplomatie russe a aussitôt condamné "avec indignation et colère" des allégations "sans fondement et hâtives", faites par des "protecteurs de terroristes et de bandits".
Sur le théâtre de guerre, les violences ont repris de plus belle au lendemain de l'annonce par l'armée syrienne que le cessez-le-feu, péniblement imposé par Washington et Moscou il y a une semaine, avait pris "fin".
Mercredi quatre membres syriens, deux infirmiers et deux ambulanciers, d'une ONG médicale basée en France ont été tués dans la nuit dans un raid aérien ayant touché un centre médical dans le sud de la province d'Alep, a indiqué mercredi cette ONG. Un autre infirmier se trouve dans un état critique, a précisé l'Union des organisations de secours et de soins médicaux" (UOSSM) qui rassemble des médecins de la diaspora syrienne opérant dans les zones rebelles.
Ce bilan pourrait s'alourdir en raison de la présence de victimes sous les décombres, a-t-elle précisé. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), le raid a également tué "neuf membres de l'Armée de la Conquête" qui travaillaient dans le centre médical. Ce groupe rebelle inclut le Front Fateh al-Cham (ex-branche syrienne d'Al-Qaïda) et d'autres groupes islamistes.
L'OSDH n'était pas en mesure d'identifier la nationalité des avions ayant participé aux frappes. Selon l'Organisation mondiale de la santé, la Syrie est le pays le plus dangereux pour les personnels soignants avec 135 attaques contre des centres médicaux en 2015.
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, au moins 27 barils explosifs, l'arme de prédilection du régime de Damas, ont été largués sur Alep mardi matin. Dans la ville et dans la province, au moins 39 civils ont été tués depuis lundi, selon l'ONG syrienne.
De fait, la trêve, fruit d'un énième accord américano-russe scellé à Genève le 9 septembre, a fait long feu, même si les dirigeants mondiaux réunis à l'ONU ont tenté de se convaincre du contraire et multiplié les déclarations d'intention.
Pour son ultime discours à la tribune des Nations unies, le président américain Barack Obama s'est borné à promettre de "poursuivre le difficile travail de la diplomatie" sur le conflit syrien. Il quittera le pouvoir le 20 janvier en ayant refusé pendant quatre ans toute intervention militaire d'envergure au Moyen-Orient.
La diplomatie américaine refuse de jeter l'éponge sur la Syrie, voulant à tout prix maintenir le dialogue avec Moscou pour trouver une porte de sortie diplomatique.
Mais cette fragile entente américano-russe avait été sérieusement mise à mal samedi par une terrible bavure de la coalition militaire conduite par les Etats-Unis: des frappes contre l'armée syrienne avaient tué 90 personnes dans la région de Deir Ezzor (est).

Jeudi 22 Septembre 2016

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