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Moreno et Correa, deux faces opposées du socialisme




Avec la promesse de gouverner la "main tendue" à l'opposition, le socialiste Lenin Moreno succède mercredi en Equateur au charismatique mais polémique président sortant Rafael Correa, champion d'un "socialisme du XXIe siècle" depuis son arrivée au pouvoir en 2007.
En l'emportant avec 2,3 points d'avance sur son adversaire de droite, le banquier Guillermo Lasso, au second tour du 2 avril, Lenin Moreno est devenu le successeur de Rafael Correa pour poursuivre la "révolution citoyenne" lancée dans ce petit pays andin producteur de pétrole.
Mais cet homme affable, âgé de 64 ans, a un mot d'ordre: réconcilier le gouvernement avec les secteurs auxquels le corréisme a donné un "carton rouge", tels que les milieux d'affaires, les multinationales et les médias.
"Le pouvoir est un exercice d'humilité, de service, pas de vanité", a affirmé ce père de trois filles et grand-père de triplés.
Diplômé en administration publique, Lenin Moreno, qui a aussi étudié pendant quelques années la médecine et la psychologie, se dit prêt à changer de style de gouvernement et à appliquer une politique "de la main tendue".
Il l'a déjà mise en pratique en rencontrant le secteur bancaire privé, durement critiqué par son prédécesseur, et en suggérant de modifier la législation controversée sur la communication, vue par la presse comme une "loi bâillon".
Resté paraplégique après avoir été victime d'un vol à main armée en 1998, Lenin Moreno devient l'un des rares présidents avec Franklin Roosevelt (Etats-Unis, 1933-1945) et le premier d'Equateur à se déplacer en fauteuil roulant. Il a coutume de dire que l'humour l'a aidé à surmonter son handicap et est l'auteur de plusieurs livres d'aide personnelle.
Ce franc maçon est déterminé à combattre la corruption, qu'il entend soumettre à une "chirurgie majeure", et à développer les programmes d'aide aux plus pauvres, notamment en matière de logement et de santé, ainsi qu'aux jeunes entrepreneurs.
Né dans une localité isolée de l'Amazonie équatorienne, Nuevo Rocafuerte (est, frontière avec le Pérou), Lenin Moreno a impulsé la première étude nationale sur les handicapés alors qu'il était vice-président (2007-2013). Cela lui a valu d'être nommé en 2014 envoyé spécial du secrétariat de l'ONU sur le handicap et l'accessibilité.
A son arrivée au pouvoir en janvier 2007, le président sortant Rafael Correa s'est trouvé à la tête d'un pays ayant la réputation d'être ingouvernable: sept présidents, dont trois renversés, en dix ans.
Au pas de charge et via une nouvelle Constitution, il a mis en oeuvre de multiples changements et promu le socialisme, en privilégiant les investissements sociaux, en redistribuant les bénéfices du secteur pétrolier et en annulant un tiers de la dette extérieure.
"Nous avons réussi. Je remets un pays totalement différent de celui que j'ai reçu", a lancé le chef de l'Etat, élu à trois mandats successifs, en saluant samedi des milliers de ses partisans.
Charismatique mais de tempérament volcanique, Rafael Correa a parcouru tout le pays au long de ces dix années pour son programme radio-télévisé hebdomadaire, durant lequel il n'a pas hésité à critiquer ses détracteurs, dont les organisations indigènes opposées à l'exploitation pétrolière et minière, ainsi que la presse qualifiée de "corrompue" et "menteuse".
Cet économiste âgé de 54 ans est né dans une famille modeste de Guayaquil (sud-ouest) et grâce à une bourse, il est allé étudier à l'Université catholique de Louvain (Belgique), puis a obtenu son doctorat à l'Université d'Illinois, aux Etats-Unis.
Marié à une Belge, Anne Malherbe, avec laquelle il a eu trois enfants, Rafael Correa se définit comme un universitaire et entend renouer avec l'enseignement après son départ du pouvoir.
Le moment le plus critique de sa présidence a été le 30 septembre 2010 lorsque des centaines de policiers se sont rebellés contre une loi modifiant leur régime salarial. Face à la violence des mutins d'une caserne de Quito, il avait dû se réfugier dans un hôpital policier proche, d'où il avait été extrait par des militaires au milieu d'une fusillade qui avait fait dix morts.
"Ce furent des années difficiles, intenses, mais très heureux et pleins de satisfactions; la plus grande étant sans aucun doute celle de l'affection de tout un peuple", a récemment déclaré Rafael Correa, jusque-là considéré comme l'héritier du leadership latino-américain du président vénézuélien défunt, Hugo Chavez.

Jeudi 25 Mai 2017

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