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Mohamed Métalsi à propos de l’exposition “Le Maroc contemporain”

La culture marocaine mérite d’autres manifestations aussi riches que celle présentée actuellement à l’IMA




Mohamed Métalsi à propos de l’exposition “Le Maroc contemporain”
Mohamed Métalsi, urbaniste et docteur en esthétique, est actuellement directeur des actions culturelles à l’Institut du monde arabe. Depuis 1985, il participe 
à la création d’événements culturels et artistiques en France, en Europe et dans le monde arabe. Expert du patrimoine auprès de l’UNESCO depuis 2010.
Il a publié plusieurs livres en France 
et collaboré à la rédaction d’articles scientifiques sur l’architecture, 
l’urbanisme, l’art des jardins en 
Islam, les arts traditionnels, les arts plastiques et la musique. 
 
 
Libé : Vous organisez du 14 octobre à fin janvier 2015 à l’IMA une grande manifestation à laquelle prendront  parts quelques 700 artistes. Du début octobre à fin mars 2015 vous organisez également une riche programmation  culturelle en présence  de nombreux artistes marocains.
N’est-ce pas un pari extraordinaire d’organiser cette manifestation à Paris?
 
Mohamed Métalsi : C’est un pari raisonnable, il suffit d’avoir la volonté d’organiser une grande manifestation et d’avoir les moyens matériels et humains de le faire. Le Maroc s’est mobilisé pour faciliter l’organisation de ce grand évènement. 
Comme vous le dites, cette manifestation est très riche, et ce  n’est pas très difficile d’organiser quelque chose de beau et d’utile sur la culture marocaine. Elle est pluridisciplinaire, car elle présente plusieurs expressions artistiques du Maroc d’aujourd’hui. Sa conception prend en considération toute la diversité humaine, confessionnelle et culturelle du pays. 
Mais, c’est une tâche relativement difficile à réaliser par apport au temps qui était imparti à l’organisation, seulement quelques mois pour découvrir des expressions inédites et originales du Maroc. Il fallait aux trois commissaires (JHM, ML et moi-même) parcourir des milliers de kilomètres (de Tanger à Dakhla et de Casablanca à Oujda) pour rencontrer les artistes (plasticiens, musiciens, chorégraphes, architectes, etc) et les intellectuels afin d’esquisser les contours d’un concept et le contenu d’un projet et de découvrir les nouvelles créations et l’état de l’héritage encore vivace dans le Maroc actuel. Il fallait prendre en considération l’histoire de cette culture et l’effervescence créative contemporaine. Donc, c’était un pari difficile vu l’ampleur de la manifestation et l’exigence intellectuelle et esthétique de présenter une partie de la culture du Maroc dans une ville internationale comme Paris.
 
Vous avez dit que vous n’aviez  pas  eu beaucoup de temps,  cela signifie-t-il  l’absence de certains artistes et de certaines nouveautés de la vie culturelle et artistique de différentes régions du Maroc ?
 
La culture marocaine est très riche. Il était impossible d’intégrer toutes les profusions créatives  de ce pays. Dans cet exercice, il fallait prendre en considération les contraintes de l’espace (2500m2) et du calendrier. Il fallait aussi mobiliser les espaces de l’IMA, et notamment l’auditorium, plusieurs années de suite afin de présenter une programmation exhaustive. Il fallait trouver enfin d’autres espaces pour présenter une exposition plus large. En tout cas, ce n’est ni la première ni la dernière fois qu’on présente le Maroc à l’IMA. Depuis 1985, ce pays est à l’honneur dans cette institution. 
Ainsi, c’est le travail des commissaires de pouvoir faire le choix pour cette manifestation, et c’est leur devoir de concevoir un projet qui entre dans les espaces et les budgets, en prenant en considération les critères de cohérence et les contraintes que je viens de mentionner. Plusieurs artistes non choisis sont d’une qualité indéniable, mais les œuvres présentées ne correspondaient pas aux thèmes sélectionnés par les commissaires pour cet événement. Par conséquent, il est possible de faire d’autres expositions de qualité avec d’autres artistes et d’autres programmations culturelles … 
 
Mais là la programmation sur le Maroc va durer presque 6 mois ?
 
Oui, c’est une programmation exceptionnelle. Après le « Temps du Maroc » en 1999 et 2000, cet événement est le plus important sur la création contemporaine à l’Institut du monde arabe. Pendant « Le temps du Maroc », la manifestation a été organisée sur tout le territoire français. Cette fois-ci, il n’y a que l’IMA et le musée du Louvre, avec quelques institutions parisiennes, comme le théâtre de la ville, la Maison des cultures du monde, le théâtre lyrique, l’Institut des cultures de l’islam, le théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis et quelques associations en province.
Ce projet est parti du Louvre qui préparait une exposition sur « le Maroc médiéval ». Le président Jack Lang en a profité pour engager une synergie entre l’IMA et ce grand musée français pour proposer un thème complémentaire « Le Maroc contemporain » : deux périodes de l’histoire culturelle du Maroc.  
 
Quelle a été votre approche pour choisir les différents artistes qui vont représenter le Maroc pendant cette période ?
 
Chaque discipline avait sa logique, les arts visuels (la peinture, la sculpture, les installations, la vidéo, l’architecture et le design) avaient une logique, les arts du spectacle et les débats en avaient une autre. Pour le contenu, il fallait trouver une harmonie et une complicité entre les trois commissaires pour construire progressivement cette thématique pluridisciplinaire. Le pari, c’était de partir de l’observation des œuvres et de l’écoute des musiques, etc., sans idée préconçue, sans présupposé, de prendre les distances par rapport aux jugements de valeur des marchands et du marché du champ culturel et artistique du Maroc. Aller de Tanger à Dakhla et de Casablanca à Oujda pour visiter, regarder, écouter constater et apprécier l’effervescence culturelle en cours. Et dans ce genre d’affaires, on ne peut jamais être entièrement objectif et complètement exhaustif. On a certainement laissé des artistes à côté. Mais les commissaires ont fait un choix qu’ils assument.
Certes, la culture marocaine mérite d’autres manifestations aussi riches que celle présentée actuellement à l’IMA, des manifestations traitant d’autres thèmes. On considère que tous les artistes sélectionnés ont quelque chose à montrer, à faire voir et à faire écouter, et méritent d’être présents à Paris. Mais il y en a  d’autres qui sont très intéressants et qui ne viendront pas cette fois-ci. Ce n’est pas la fin de l’histoire, car l’action culturelle doit être pérenne et doit continuer par l’existence d’une fondation qui peut faire le relai entre le Maroc et la France et établir une continuité de l’action culturelle afin de présenter toute la richesse culturelle du Maroc. 
Mais le travail du terrain est très important dans le processus de construction du projet culturel. Au fur et à mesure du périple, les commissaires ont découvert les œuvres et auditionné les artistes pour comprendre leurs préoccupations dans le domaine artistique, symbolique et social. Généralement, les artistes émettent un discours devant les œuvres qu’ils présentent. Aucun artiste n’est resté muet devant son travail. 
La visite de centains d’ateliers et de galeries a permis aux commissaires de constater certains thèmes fédérateurs, des thèmes esthétiques communs dans la création marocaine. La rencontre des plasticiens, des musiciens, des chorégraphes, des designers, des artisans, des cinéastes, du Nord au Sud, a convaincu les concepteurs de ce projet de présenter à la fois les richesses de la création, des savoir-faire et des patrimoines différents. Le soubassement de cette création rassemble les problématiques profondes des artistes et leur capacité à assimiler les héritages.
 
Le souci des commissaires était de répondre à certaines questions fondamentales sur la création marocaine aujourd’hui. Comment donc présenter en quelques milliers de mètres carrés tout  un environnement culturel et artistique ? Comment restituer cette richesse de toutes les disciplines artistiques en mutation ou en révolution ? Comment montrer au public français cette profusion sans oublier l’héritage patrimonial, source d’inspirations ? Comment représenter l’effervescence artistique de la jeunesse urbaine ?
 
C’est l’approche pluridisciplinaire qui peut répondre relativement à ces questions. Tous les domaines de la création sont présents dans la manifestation. Aucun ne sera oublié. Peinture, sculpture, photographie, vidéo, design, architecture, art de vivre, stylisme, musique, cinéma, chorégraphie, etc. constituent le principe de la conception de cette richesse culturelle et de cette ébullition singulière du Maroc contemporain. Les mêmes motivations traversent toutes les disciplines, les mêmes interrogations obsèdent les créateurs, le même souci de créer dans le champ mondialisé mais en restant soi-même. Le public doit comprendre ce message pressant des créateurs du Maroc actuel.
Pour cela, le choix de quatre-vingts artistes visuels vivants, en plus de centaines de musiciens, chorégraphes, cinéastes et intellectuels (en tout 700 personnes environ) est un événement à Paris. 
Aussi, il faut essayer de montrer la pluralité et la diversité étonnante des régions du Maroc. Car dans chaque province et chaque ville, il y a une spécificité culturelle. C’est ça la richesse du Maroc : les formes musicales sont plurielles ainsi que les formes chorégraphiques, architecturales, artisanales, etc.
En plus, il faut présenter tout ce travail de renouvellement des formes et des contenus dans la création musicale et chorégraphique. Des artistes qui tentent de faire un travail de fusion inventive entre le patrimoine marocain et les différents styles musicaux comme le Jazz, le Flamenco, la Pop, le Roc, etc. Une musique occidentale pure est presque inaudible chez le plus grand nombre de Marocains. Mais en retravaillant ces styles et en les mêlant avec les mélodies et les rythmes du Maroc ou en utilisant le dialecte de Casa ou le berbère d’Agadir et en apportant des arrangements musicaux, la forme musicale est acceptée et peut connaître même un succès. Ce qui a donné des formes musicales hybrides, ni marocaines ni occidentales, mais ces musiques connaissent un triomphe certain dans les grandes villes. Parallèlement, il y a aussi une musique de haut niveau qui se situe dans la contemporanéité internationale, comme l’exemple d’Ahmed Essyad. Ils s’adressent plus à un public international, formé et bien éduqué qu’au public national.
 
Vous n’avez pas réussi à trouver une troupe de théâtre pour représenter le Maroc pendant cette expo ?
 
On n’a pas de théâtre à l’IMA. La programmation théâtrale de l’institut a été supprimée en 2000 pour des raisons budgétaires. En plus, c’est une activité assez lourde. Il faut une équipe derrière pour faire cela. La danse a été sauvée  car les troupes qui venaient à l’IMA acceptaient la coréalisation. En somme, on n’avait pas les moyens pour tout faire. En plus, le théâtre est plus difficile à  exporter, car il est en arabe et le théâtre arabe, en général, est resté beaucoup dans le verbe et utilise moins du visuel et s’adresse plus à un public comprenant la langue arabe qu’à un public international.
La danse contemporaine connaît aussi des difficultés au Maroc mais nous étions surpris par l’émergence de quelques chorégraphes et quelques troupes de qualité au Maroc. Je suppose qu’ils se produisent plus dans des festivals internationaux qu’au niveau local.
 
Comme vous êtes l’un des trois commissaires de l’événement, quel message adressez-vous à tous les artistes qui n’ont pas été choisis pour cet événement parisien et qui contestent le choix qui est fait ?
 
Je comprends la déception des artistes qui n’ont pas été choisis, mais il faut qui’ls comprennent aussi les motivations dans les choix qui dépendent  des contraintes de l’espace et des moyens matériels. Il y a des centaines d’artistes au Maroc. Nous avons constaté qu’il y a beaucoup de peintres, peut-être parce que la peinture est plus facile à réaliser que les autres arts et les autres modes d’expression. 
Aussi, cette manifestation n’a pas pour objectif de montrer toutes les œuvres de tous les artistes. Le choix est fondé sur des critères objectifs et subjectifs. On peut concevoir et organiser une autre manifestation  de qualité avec d’autres artistes et un autre regard.
Certes, je regrette l’absence de certains artistes que j’aime beaucoup comme Bellamine, Slaoui, Meliani, Boujemâoui et d’autres encore…qui sont connus dans le monde entier.
 
Comment avez-vous procédé pour le choix des artistes ? Comment avez-vous  fait la synthèse de vos trois regards si différents ?
 
Le dialogue à trois a été fructueux, trois subjectivités, trois parcours, trois expériences différentes ont enrichi notre regard sur les œuvres. Je trouve que le choix est bon et qu’il a le mérite de présenter une partie de la création marocaine. 
 
Comment allez-vous financer cette grande exposition avec le grand déficit que connait l’IMA et les difficultés financières que le président Jack Lang a reconnues ?
 
A l’Institut du monde arabe, il y a deux façons d’organiser les choses. Il y a des sujets transversaux qui concernent le monde arabo-islamique, tels les sciences arabes à l’âge d’or, etc. Avec ces thèmes, on a beaucoup de difficultés à trouver des financements. C’est mon expérience de trente ans qui parle. En revanche, le travail monographique sur un pays est rentable. Le pays tout entier est mobilisé pour son image, sa culture et ses expressions artistiques. L’opération qu’on a faite avec le Maroc a été déjà expérimentée sur d’autres pays arabes.  La coopération culturelle bilatérale est plus facile que la relation multilatérale.
Moi aujourd’hui, je doute de l’existence d’un monde arabe, je crois que chaque pays est spécifique et travaille pour soi dans le domaine de la communication culturelle.
 
Est-ce que la proximité du président de l’Institut avec le Maroc a facilité les choses pour organiser un tel événement ?
 
Bien sûr. La proximité facilite les choses. Il ne faut pas oublier aussi que le Maroc est le seul pays dans le monde arabe qui connaît la stabilité et la paix.Vu de l’extérieur, le monde arabe est dans une situation catastrophique. Et il est très difficile d’établir aujourd’hui des relations culturelles stables et intéressantes. 
 
Cela fait presque 30 ans que vous êtes responsable de l’action artistique de l’Institut du monde arabe. Vous avez organisé des
manifestations pour tous les pays arabes. Quel regard portez-vous après les derniers bouleversements qu’a connus la région ?

 
On avait l’espoir que les systèmes politiques allaient s’améliorer, mais malheureusement, je pense qu’avec le temps, le monde arabe a reculé. Je ne sais pas si ce recul est un mouvement pour un nouveau décollage ou non. Mais j’ai peur que certains commencent à regretter les dictatures !
 
Est-ce que de nouvelles modes d’expressions artistiques sont nées suite à ces changements?
 
La nouveauté est que les individus ne sont plus renfermés comme avant. Les nouvelles technologies ont envahi le monde arabe. Aujourd’hui, un artiste même s’il ne voyage pas, sait ce qui se passe ailleurs à travers les réseaux sociaux, Internet, la télévision, etc.
 
Quel impact sur la culture de l’individu ? 
 
Cela dépend de chaque région et de chaque pays. Le Maroc est resté un pays assez traditionnel pendant longtemps, mais il a évolué lentement, c’est une bonne chose. Depuis une vingtaine d’années, les choses ont commencé à bouger. Les influences extérieures sont plus fortes,  soit du Moyen-Orient, soit de l’Occident. Ce qui pousse les personnes à faire des choix qui n’existaient pas auparavant. Et tous les domaines sont touchés. D’ailleurs le Maroc aujourd’hui est l’un des trois premiers producteurs du cinéma en Afrique et dans le monde arabe. Cela  grâce à la volonté politique du Maroc et du CCM.
 
A l’occasion de l’expo « Marocain contemporain », vous comptez avoir un autre public ou le public classique de l’institut ?
 
Je crois que ce sont des stéréotypes. Moi, je pense que chaque activité organisée par l’institut a un public différent aussi. Le public de l’institut est compartimenté. Quand on fait quelque chose sur le Maroc, on a un public marocain en majorité.
 
Avez-vous fait des études sur votre public ?
 
Bien sûr, quand vous programmez les grandes stars de la musique arabe, vous pouvez brasser différents publics du monde arabe avec les Européens. Il n’y a pas d’interpénétration et de croisement.  En plus, chaque nationalité fréquente plus sa culture quand elle est proposée au regard ou à l’écoute…
 
Et le public français ?
 
Cela dépend du thème choisi. L’exposition « l’Orient express » a attiré un public qui a visité l’IMA pour la première fois. Est-ce que ce public reviendra pour visiter l’expo « Maroc contemporain » ? C’est une question qui reste ouverte. Mais je crois que les gens viennent pour une activité qui leur parle, ils ne viennent pas pour une institution. Pour le débat universitaire et intellectuel, par exemple, le public est composé d’universitaires, de chercheurs et d’étudiants.
En somme, pour avoir une idée sur le  public de l’IMA, il faut être honnête :  il n’a y pas un public de l’IMA mais des publics de l’IMA.
 
Quel regard portez-vous sur le Maroc d’aujourd’hui au niveau culturel. Il y a de grands projets, de lieux de la culture : Opéra, institut de danse, Musée de l’art contemporain à Rabat et Musée de Tétouan, etc…  ?
 
Après 50 ans d’indépendance, le champ culturel du Maroc commence à naître, car aujourd’hui la structuration de ce champ est en cours. Il faut préciser que le tissu culturel ne se compose pas uniquement  d’artistes, mais, il faut aussi des galeries de qualité, un musée national d’art contemporain qui vient d’être inauguré par Sa Majesté (j’espère qu’il va jouer son rôle). C’est très important pour l’art et pour les artistes d’avoir une institution nationale avec un budget qui pourra aider les artistes. Il ne faut pas seulement organiser des expositions, il faut aussi faire des acquisitions d’œuvres afin d’aider  financièrement les artistes marocains. Chaque région doit se développer sur le plan culturel avec des structures adéquates et les médias doivent s’ouvrir aux critiques d’art, tout cela pour créer  une vraie scène culturelle au Maroc.
Il ne faut pas oublier également de créer  des chaires d’études artistiques dans les universités marocaines ou les grandes écoles, car c’est à travers l’éducation et la culture que le pays peut connaitre encore plus de prospérité... 

Entretien réalisé par Youssef Lahlali
Mercredi 15 Octobre 2014

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