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Mohamed Abdelwahab : Une sommité inoubliable




Il y a deux décennies que le grand maître de la chanson arabe, Mohamed Abdelwahab, n’est plus de ce monde. Sa disparition a affligé le monde arabe tellement il a marqué la chanson d’un sceau que les années ne sauraient faire disparaître.
Mohamed Abdelwahab restera toujours vivant. Deux décennies après sa disparition, il est toujours parmi nous par ses chansons inoubliables et sa voix mielleuse.
Pourtant, des années avant sa mort, Abdelwahab n’avait pas chanté jusqu'à ce qu’il daignât gratifier son très large public de «Min Ghiri Lih» qui fut sa dernière chanson.
Mais avant, il avait marqué plusieurs générations et trôné sur la chanson arabe des décennies durant. Depuis ses débuts jusqu’à sa mort, il a côtoyé et travaillé avec les sommités de la parole et du chant. De Ahmed Chawki, «le prince des poètes» jusqu’à Oum Kaltoum, en passant par Abdelhalim Hafed, Najat Essaghira, Faïza Ahmed et d’autres, il a participé de façon très active et prépondérante au succès de dizaines de paroliers et de chanteurs. N’est-ce pas lui qui a découvert et cautionné Abdelhalim? N’est-ce pas lui qui a permis à Najat Essaghira de briller de mille feux? N’est-ce pas lui qui a donné une dimension arabe au talent vocal de notre chère Soumaya Kaïsar pour laquelle il eut vite un faible? «Le maestro des générations», on l’appelle ainsi à juste titre. Mohamed Abdelwahab a toujours contrasté avec la conception que l’on se fait de l’artiste. Il est dit, quelque part, qu’un artiste est un bohémien, un anticonformiste, un rebelle. Pas lui. Abdelwahab est resté jusqu’à la fin de ses jours sobre, élégant et, à limite, maniaque de propreté et de tenue. Pourtant, il avait tout vu, connu et vécu. La vie bourgeoise dans le milieu de la famille royale égyptienne, le changement politique, les guerres, les satisfactions et les déceptions. Il a toujours laissé déferler les vagues tout en s’en tenant à son rôle d’artiste. Sans plus.
Le mutisme qui a marqué les dernières années de sa vie a été différemment interprété.
Mais pour lui, et il en avait d’ailleurs fait état, les temps avaient beaucoup changé et la chanson avait perdu de sa consistance.
Il se plaisait d’ailleurs à appeler les vagues éphémères de «chanson sandwich», c’est-à-dire quelque chose qu’on consomme au passage. Ce n’était plus ce plaisir qui nous permettait de nous délecter de la bonne musique qu’on écoute avec religiosité.
Abdelwahab, si ce n’était comme un baroud d’honneur, n’aurait peut-être même pas eu  le moral de composer et d’interpréter «Min Ghir Lih».
Mais heureusement, il a remis les pendules à l’heure au milieu du brouhaha qui continue à marquer la scène musicale. Pour nous autres et pour les générations à venir, il restera une adresse incontournable pour tous ceux qui recherchent les références et les points d’appui artistique. Pour les anciens, il constituera toujours ce point qui a combiné le classique et le moderne et qui a donné à la chanson arabe une dimension universelle.


Par Abdeslam Khatib
Samedi 19 Juin 2010

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