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Mobilisation internationale contre le suicide


Jusqu’au 12 février, acteurs sociaux et pouvoirs publics se donneront la main pour combattre le fléau



Mobilisation internationale contre le suicide
Il n’y a ni courage ni lâcheté dans le suicide, il n’y a que de la souffrance, qu’elle soit physique ou morale. Il peut arriver qu’on se sente dépassé, fatigué, et qu’on arrive à un point de saturation où le suicide s’avère être la seule solution pour avoir enfin la paix. Avons-nous le droit de juger l’autre pour son acte ou avons-nous simplement peur d’être jugé parce qu’on a été sourd, aveugle, et qu’on aurait peut-être pu éviter un drame ? Tout a été dit de ce mal être. Un fléau récurrent et qui revient au-devant de la scène à l’occasion de la  4ème Semaine internationale de la prévention contre le suicide. Des chiffres effarants. Selon l’OMS, chaque année, près d’un million de personnes décèdent en mettant fin à leurs jours, soit un taux de mortalité «mondial» de 16 pour 100.000, ou un décès toutes les 40 secondes. Les taux chez les jeunes gens ont augmenté au point qu’ils constituent désormais le groupe où le risque est le plus élevé dans un tiers des pays, à la fois dans les pays développés et en développement.
Qu’en est-il au Maroc ?  Banni par la société, interdit par la loi, le suicide est    « un phénomène qui a commencé à prendre de plus en plus  d’ampleur au Maroc. La fréquence de suicide parmi les individus de plus de 15 ans est de 16%», a affirmé le Pr. Moussaoui, président de l’Association mondiale de psychiatrie sociale. C’est aussi un tabou qui continue à résister à toutes les données scientifiques dans le domaine. Dans ce sens, il a précisé que malgré l’absence de chiffres officiels, le nombre de suicides rapportés par la presse augmente d’année en année. Sans parler de toutes les morts non élucidées qui sont en fait des suicides. Et la thérapie ? Outre le diagnostic et le traitement de la dépression, qui est le principal facteur de risque, la prévention joue un rôle important également.
 C’est à travers la prévention que l’Association  Sourire de Reda, qui vient en aide aux jeunes en  souffrance, a  lancé le «Mouvement 5 Février» afin de se mobiliser et de prévenir le danger de l’isolement des jeunes et des passages à l’acte. Depuis sa création en 2009, elle a fait de la période du 5 au 12 février un temps fort d’information et de sensibilisation à la problématique de l’aide aux jeunes en souffrance et à la prévention du phénomène suicidaire. Durant cette période qui correspond à la «Semaine internationale de la prévention du suicide», Sourire de Reda initie une campagne de mobilisation autour du slogan «Rejoignez le Mouvement 5 Février». Une série d’actions sont lancées en direction des différents publics concernés : les jeunes, les parents, les professionnels du monde éducatif et de la santé publique, les relais d’opinion et l’ensemble des acteurs de la société civile marocaine. Sourire de Reda agit également en recherchant des solutions concrètes pour répondre à la situation d’urgence. C’est dans cet objectif qu’a été mis en place  « Stop Silence » sur www.stopsilence.org, premier espace d’écoute anonyme par tchat réservé aux jeunes du Maroc. Une écoute bienveillante, sans jugement et centrée sur la personne du jeune, dans le respect d’une stricte confidentialité. L’objectif est d’apporter un soutien ponctuel immédiat en cas de crise, puis d’aider le jeune appelant à mettre des mots sur sa souffrance afin de lui permettre de retrouver sa propre initiative. «Avec Stop Silence, nous répondons à l’urgence et faisons tout notre possible pour que les jeunes puissent trouver une main tendue et un espace où reprendre leur souffle au moment crucial», indique Meryeme Bouzidi Laraki, présidente fondatrice de Sourire de Reda. Et de préciser :«Nous sommes conscients que pour traiter efficacement cette problématique, la mobilisation des acteurs sociaux et des pouvoirs publics est nécessaire. En levant le voile sur le suicide et en le reconnaissant comme un problème de société, on peut contribuer à le prévenir. Chacun peut être acteur de cette prévention».

Nezha Mounir
Vendredi 8 Février 2013

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