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Mines antipersonnel : des progrès, mais la lutte continue




Mines antipersonnel : des progrès, mais la lutte continue

La lutte pour la destruction des mines qui continuent à faire – et feront longtemps – des milliers de victimes, se poursuit à travers la planète. Car les efforts accomplis depuis dix ans pour se débarrasser de ce fléau, souvent qualifié d’arme du pauvre mais qui en fait a été utilisé par tous, restent insuffisants puisque ces mines continuent de tuer et de blesser, nuisant au développement social et économique et constituant un grave obstacle aux opérations humanitaires à travers le monde.
Il reste en effet de nombreuses mines à retirer des champs du Cambodge, des routes de République démocratique du Congo, des villages de Somalie ou de Colombie. Il reste aussi à convaincre les Etats qui ne l’ont pas encore fait – en commençant par les Etats-Unis, la Chine et la Russie – de rejoindre la Convention et de détruire leurs stocks, même s’ils se sont engagés à ne plus utiliser cette arme. La communauté internationale doit saisir l’occasion du deuxième réexamen de la Convention, qui doit avoir lieu à Carthagène, en Colombie, en novembre 2009, pour dresser le bilan des réalisations, identifier et surmonter les difficultés et poursuivre sa pleine mise en œuvre de la manière la plus efficace.
Selon les experts de l’Onu, pour la seule année 2008, plus de 190 000 mines antipersonnel et 10 000 mines anti-véhicule ont été détruites. Un nombre croissant de pays, dont la France, le Malawi et la Suisse, ont annoncé pour leur part que leurs opérations de déminage étaient terminées.Globalement, les experts estiment que près de 42 millions de mines stockées ont été détruites depuis 1997, plusieurs milliers d’hectares de terres fertiles déminées et rendues aux communautés et que des dizaines de milliers de survivants à l’explosion d’une mine terrestre ont pu retrouver mobilité et confiance.Mais le tableau est en réalité moins rose car les délais de déminage varient d’un pays à l’autre et se font un peu dans le désordre.
Ainsi, le Comité internationale de la Croix rouge (CICR), dont le siège est à Genève et qui s’occupe beaucoup des victimes – généralement des civils et des enfants –, considère que les prolongations de délai devraient être accordées uniquement pour une période minimale nécessaire à la réalisation d’un plan de déminage correctement élaboré et financièrement viable. Si des progrès considérables ont été réalisés dans les 26 Etats-parties les plus touchés, le CICR estime qu’on est « encore loin de voir les effets bénéfiques promis dans le préambule de cette Convention qui fait date, à savoir de faire cesser les souffrances causées par les mines antipersonnel.
 Il est essentiel que l’ensemble des Etats-parties comptant un grand nombre de victimes de mines mettent en place des plans globaux à l’échelle nationale, en vue d’améliorer de façon tangible les services mis à la disposition de ces victimes et d’autres personnes souffrant de handicaps. Il est également important qu’ils reçoivent, si nécessaire, l’assistance dont ils ont besoin pour atteindre cet objectif », affirme l’organisation humanitaire.
Elle reconnaît toutefois que les progrès importants accomplis depuis plus de dix ans ne se limitent pas au domaine des mines antipersonnel. Ils ont également permis à l’opinion publique de prendre conscience du fait que les armes qui continuent de tuer après les conflits « sont odieuses et inacceptables ».
En d’autres termes, que « le tribut que paient les civils aux conflits armés d’aujourd’hui est suffisamment lourd et que par conséquent, l’emploi d’armes qui continuent de tuer et de mutiler des civils pendant des années, voire des décennies après la fin d’un conflit est inadmissible ».
Cette prise de conscience est reconnue dans le droit international humanitaire, non seulement par la Convention d’Ottawa mais aussi dans la récente Convention sur les armes à sous-munitions que tous les États sont invités à signer à Oslo en décembre prochain.De son côté, l’ONG Handicap International a appelé le nouveau président américain Barack Obama et son administration à suivre l’exemple des 156 États qui ont déjà adopté cette interdiction, soulignant que les États-Unis pouvaient ainsi donner un élan décisif en faveur d’un monde sans mines.
Pour cette ONG, les mines antipersonnel sont des armes redoutables qui ne sont plus utilisées que par le Myanmar (Birmanie), la Russie et certains groupes armés. « Un monde sans mines est possible, mais pour cela, l’appui des États-Unis est crucial», a estimé un responsable de Handicap International qui a reçu, avec la Campagne internationale contre les mines antipersonnel (ICBL, International Campaign to Ban Landmines), le prix Nobel de la paix en 1997.Les États-Unis possèdent, selon certains experts, quelque 10,4 millions de mines antipersonnel – soit le troisième plus grand stock après ceux de la Chine et de la Russie – tout en étant le plus grand donateur pour les projets relatifs aux mines antipersonnel (déminage, aide aux victimes et sensibilisation des communautés aux dangers des mines).
Le déminage, qui nécessite beaucoup de fonds, est la condition première de toute forme de reconstruction pour un grand nombre de pays sortant de conflit, comme l’Angola, le Cambodge, la Bosnie ou le Koweït après la première guerre du Golfe.

Par Marie Joannidis (MFI)
Lundi 16 Mars 2009

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