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Michel Galabru: un des monuments du cinéma français, né au Maroc, s'est éteint à l'âge de 93 ans




Éternel «gai luron» du cinéma et du théâtre, Michel Galabru était également un grand sensible. Les disparitions consécutives de son frère Marc et de son épouse Claude, ces derniers mois lui avaient brisé le cœur. Il est décédé lundi à 93 ans, après une carrière marquée par une longue liste de «navets» mais aussi de grands rôles au cinéma et au théâtre.
Le comédien à la voix tonitruante et à l'accent méridional s'est éteint «dans son sommeil», a indiqué à l'AFP sa famille.
Le président François Hollande a exprimé dans un communiqué la reconnaissance de la France pour les émotions et les joies qu'il a pu procurer. L'actrice Isabelle Adjani a rendu hommage à la «dernière grande figure de drôles de drames», tandis qu'Alain Delon a salué «un très Grand»: tous deux avaient joué au côté de Michel Galabru dans les années 80.
Au cinéma comme au théâtre, Michel Galabru avait mis sa faconde au service d'un répertoire des plus variés, de pièces de boulevard ou de films très grand public comme les «Gendarmes» de Jean Girault, à des œuvres plus exigeantes.
Recevant son premier Molière (récompense théâtrale prestigieuse) en 2008, à 85 ans, il avait remercié «tous les mauvais textes (qui lui) ont permis souvent de vivre». «J'ai eu quand même quelques beaux textes au cinéma, parmi beaucoup de navets, pour manger et échapper au fisc», avait-il souligné.
Né le 27 octobre 1922 à Safi au Maroc, Michel Galabru entre au Conservatoire d'art dramatique d'où il sort avec deux premiers prix, de comédie classique et de comédie moderne.
Pensionnaire à la Comédie Française à partir de 1950, il y joue des classiques avant de quitter cette institution en 1958. Au cinéma, il accède à la notoriété avec "La guerre des boutons" (1961, Yves Robert) et surtout la série des "Gendarmes de Saint-Tropez" de Jean Girault, qui débute en 1964, face à Louis de Funès. Au cours des années 1960-70 suit une longue liste de navets aux titres pittoresques : "Le facteur s'en va-t-en guerre", "Poussez pas grand-père dans  les cactus", "La dernière bourrée à Paris", "Le plumard en folie"...
Au total, cet acteur insatiable, réputé timide et généreux, accusé parfois d'avoir gaspillé son talent, a tourné quelque 200 films.
En 1976, Bertrand Tavernier lui offre le rôle exigeant d'un tueur dans la France du 19ème siècle, dans «Le juge et l'assassin», face à Philippe Noiret. Son interprétation saisissante lui vaut en 1977 la récompense suprême du cinéma français, un César, dans la catégorie du meilleur acteur.
L'acteur ne délaisse pas les comédies franchouillardes mais il occupe aussi quelques seconds rôles marquants dans des films plus ambitieux. Dans "Bienvenue chez les Ch'tis", comédie populaire phénomène de l'année 2008, quelques minutes lui suffisent pour marquer les esprits avec une scène d'anthologie, dans laquelle il décrit à son neveu les misères du "Noooord" de la France.

Mercredi 6 Janvier 2016

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