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Meriem Bensalah Chaqroun se confie à Libé


Les opérateurs marocains ont la volonté de chercher les relais de croissance où qu’ils soient



Meriem Bensalah Chaqroun se confie à Libé
En marge de la  rencontre de haut niveau qui s’est tenue récemment à Paris, entre les chefs  d’entreprises marocains et français  sous le thème «France-Maroc : nouvelles réalités, nouvelles frontières», la présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Meriem Bensalah Chaqroun, a accordé cet entretien à Libé.

Libé : La coopération entre les entreprises marocaines et françaises est très ancienne. Quelle est la nouveauté dans cette démarche aujourd’hui au sein du club France-Maroc des entrepreneurs ?
Meriem Bensalah Chaqroun: La nouveauté, c’est de faire aujourd’hui les choses ensemble et autrement et on a ouvert de nouvelles frontières. Avant, on parlait uniquement d’une coopération bilatérale entre le Maroc et la France, aujourd’hui, on évoque la Méditerranée, le Maroc comme porte d’entrée vers l’Afrique. Sachant que les entreprises françaises opèrent déjà sur le continent,  on voudrait maintenant opérer autrement, avec les continentaux, c'est-à-dire  avec nous les Marocains,  nous qui connaissons culturellement mieux le continent. Cette prise de conscience signifie qu’on a  une nouvelle feuille de route entre les entreprises des deux pays. On a pris conscience qu’on devait  faire les choses ensemble.

Ce nouveau choix des entreprises marocaines de travailler avec leurs homologues françaises sur le continent africain a-t-il été fait par les entreprises elles-mêmes ou est-ce un choix encouragé par les politiques ?
C’est un choix des entreprises des deux pays de travailler ensemble sur le continent africain. En effet, le marché africain en général est un marché des infrastructures et de gros chantiers qui sont financés par des fonds internationaux. 
Il y a des entreprises marocaines qui sont classées comme des championnes mais d’autres sont restées sur une petite partie de la commande. Le fait d’y aller en partenariat avec un pays européen et la France en particulier permet de répondre à un cahier des charges ou à une offre tout en ayant l’intégralité du projet. Si  on est avec un pays majeur ou un pays qui a plus d’innovation, plus de technologies, de savoir et de formation, nous on y va avec notre savoir-faire. Nous avons un peu de technologie et de formation, mais beaucoup de volonté. Voilà pourquoi ce partenariat passe à un palier  nouveau.

En plus du partenariat franco-marocain en Afrique, est-ce que les entreprises marocaines s’intéressent  au marché français ?
Il y a plusieurs exemples d’investissements marocains en France, soit dans le domaine du câblage ou de la cimenterie. L’investissement commence à partir du Sud vers le Nord. On a l’exemple d’un Marocain qui a investi dans l’agroalimentaire au Portugal qui s’adresse au marché européen. On a aujourd’hui plusieurs exemples d’opérateurs marocains qui ont la volonté de chercher leur relais de croissance où qu’il soit : en Europe, en Afrique et au Maghreb, moins en Asie pour des raisons de connectivité. On oublie souvent de parler des pays du Golfe qui commencent  à monter des projets de libre-échange qui nous facilitent l’installation dans le cadre des accords existants.

Le partenariat entre les entreprises marocaines et françaises avance dans le bon sens pour trouver de nouvelles opportunités d’investissement sur le continent africain. Est-ce que vous avez le soutien des pouvoirs publics  surtout que vous allez opérer dans des régions ou dans  certains pays qui  ne sont pas très stables politiquement ?
Merci pour votre question, qui me permet de parler du partenariat avec le ministère des Affaires étrangères et le gouvernement dans le cadre de la diplomatie économique. La diplomatie est portée par un gouvernement et par un Etat et l’économie par le secteur privé. Si un problème juridique ou social n’est pas réglé par les pouvoirs publics, l’investissement à l’étranger ne marchera pas. Cet accompagnement  est aujourd’hui élargi aux PME. Quand on crée un maillage, on le crée par la base. En tout cas, on a des groupes qui sont présents en Afrique depuis des décennies. La locomotive, ce sont les grands groupes qui entraînent avec eux les PME.
Il n’y a pas de politique sans l’économie. S’il n’y a pas de soutien politique et de partenariat, on va avancer à un rythme qui n’est pas celui du Souverain dans ce domaine. Cette politique va dans le sens de notre intégration régionale. Le Maroc est la porte d’entrée pour l’Afrique, on ne peut pas se permettre de faire de la  politique sans économie.
 

Propos recueillis par Youssef Lahlali
Lundi 6 Juillet 2015

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