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Même si l’investissement étranger est un défi majeur : La dépendance de la Bourse n’est pas sans danger




Même si l’investissement étranger est un défi majeur : La dépendance de la Bourse n’est pas sans danger
La récession économique est fortement ressentie au niveau de la Bourse de Casablanca. Aucune introduction n’est prévue en 2009, ce qui constitue une rupture par rapport au dynamisme des dernières années. La place casablancaise doit également tirer son épingle du jeu dans un contexte marqué par une forte présence des entreprises étrangères dont les intérêts ne sont pas forcément les mêmes que ceux de l’économie nationale. Ceci est fondamental  d’autant plus que l’investissement étranger en actions cotées à la Bourse de Casablanca a atteint 146,6 milliards de dirhams (environ 13 milliards d’euros) en 2008, un chiffre en légère baisse par rapport à l’année précédente (1,6%). C’est du moins ce qu’a révélé un rapport du Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM).
La part de la capitalisation boursière détenue par les étrangers et les MRE s’élève à 27,5% en 2008 contre 25,4% en 2007 et 29,8% en 2006.
Cette augmentation du poids relatif des étrangers en 2008 s’explique principalement par une performance de leurs portefeuilles globalement supérieure à celle réalisée par la Bourse. En effet, près de la moitié du portefeuille détenu par les étrangers est composée du titre Maroc Telecom qui a connu une progression de 5,7% contrastant avec la contre performance de -13,48% réalisée par l’indice général de la Bourse en 2008. Par ailleurs, la Bourse de Casablanca a accueilli de nouveaux capitaux étrangers en 2008 notamment par le renforcement de la participation de la Banque fédérative du crédit mutuel, holding de CIC, dans le capital de la BMCE.
L’analyse de la répartition des investisseurs en actions cotées par nationalité montre, d’après le CDVM, la forte présence des investisseurs MRE et français qui représentent respectivement 71,5% et 14,5% du nombre d’investisseurs en 2008. Les investisseurs américains viennent en troisième position. Ils représentent 4,1% du nombre d’investisseurs, en nette augmentation par rapport à 2007. Il est à noter que 95,5% de ces investisseurs sont des personnes morales non résidentes agissant à travers les brokers et les Global Custodians américains tels JP Morgan, Banque Bénédict Hentsch (BBH), Citibank New York, The Bank of New York Mellon Corporation.
Près de 99,7% de la capitalisation boursière est conservée auprès des teneurs de comptes marocains affiliés au Dépositaire Central Maroclear. Cette part est en légère progression par rapport à l’année dernière dans la mesure où elle était de 99,3%.
Le rapport relève que la part des titres conservés en dehors du Maroc est passée de 0,7% de la capitalisation boursière en 2007 à 0,3% en 2008.
Seules les valeurs ONA et Maroc Telecom sont en partie conservées hors du Maroc, auprès de teneurs de comptes conservateurs affiliés au Dépositaire Central français Euroclear France.
Il est à rappeler qu’en 2008, un solde net de 18 millions de titres Maroc Telecom a été transféré d’Euroclear France vers Maroclear. Ce transfert a porté le nombre de titres de cette valeur conservés à Euroclear de 26,6 millions à 8,6 millions. Ces transferts s’expliquent par les opérations d’arbitrage sur le titre Maroc Telecom réalisées par les investisseurs étrangers.
Il faut signaler que non seulement, la Bourse ne traduit pas la réalité de l’économie marocaine dans ce sens où elle est «crainte» ou «boudée» par des milliers d’entreprises, notamment le tissu des PME et les offices et autres grands établissements et entreprises non encore préparées. Mais, la place casablancaise est dominée par le capital étranger et en particulier français. Attirer des investisseurs étrangers est, certes, un signe de réussite et de solidité financière de la Bourse et de l’économie d’un pays. Vu le niveau de développement et la difficulté de faire toute comparaison avec les Bourses de Dubaï, de Singapour ou même de l’Afrique du Sud, le niveau de l’investissement étranger à la Bourse de Casablanca pourrait être une source d’inquiétude plutôt qu’un gage de confiance.
Même si la Bourse de Casablanca est relativement représentative de l’économie marocaine, sa dépendance de l’étranger, essentiellement de la France peut avoir un impact négatif sur l’économie du pays notamment dans ce contexte mondial d’incertitude financière et économique, ce qui soulève la problématique de l’indépendance économique. Il suffit que les investisseurs français en actions cotées plient bagages pour que l’économie marocaine tombe en ruine.
A noter que l’investissement étranger est tiré par la valeur du titre Maroc Telecom qui représente, d’après le dernier rapport du CDVM, pas moins de 27,5% de la capitalisation boursière totale. Heureusement, malgré un contexte difficile, le rapatriement des capitaux étrangers placés à la Bourse de Casablanca ne s’est pas réalisé. Cependant, rien ne garantit qu’avec cette crise, Les Vivendi, Lydec, Veolia, Holcim et les autres filiales des banques et entreprises espagnoles, italiennes, suédoises ne recourent à leurs participations au Royaume pour réduire leurs difficultés financières tout en gardant à l’esprit la taille du marché marocain qui est insignifiante par rapport  même aux économies émergentes. 

Mohamed Kadimi
Lundi 27 Avril 2009

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