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Mégafusion entre Lafarge et Holcim

Les deux cimentiers détiennent près de 70% de parts de marché au Maroc




Mégafusion entre Lafarge et Holcim
 
 
 
Dans le monde des affaires, les mariages de raison sont une pratique plutôt courante pour affronter la concurrence, réduire les coûts de production voire renforcer la capacité d’innovation.  Dans un contexte de morosité du marché de la construction en Europe et face à la cherté des prix de l’énergie, on pense que le projet de fusion entre les deux plus grands cimentiers mondiaux, le suisse Holcim et le français Lafarge, répond à cet impératif. 
Ce week-end, les Conseils d’administration des deux géants aux fortes racines européennes ont à l’unanimité donné quitus à cette la fusion dont il est encore très tôt de mesurer les conséquences sur le marché du ciment.   Mais, ce n’est que lundi 7 que les modalités de ce rapprochement, dont l’existence avait été officialisée il y a quelques jours, ont été dévoilées. 
Dans un communiqué commun, les deux sociétés ont indiqué que cette « opération prendra la forme d’une offre publique d’échange lancée par le groupe suisse Holcim sur son concurrent français Lafarge, au taux d’une action Holcim pour une action Lafarge ».  La transaction que les deux groupes espèrent boucler au premier semestre 2015, doit toutefois avoir le feu vert des autorités de la concurrence. Si elle aboutit, la fusion de ces deux groupes aux fortes racines européennes donnera naissance au numéro un mondial du béton.  
Lafarge et Holcim étant tous deux implantés au Maroc où Lafarge détient environ 40% du marché contre 25 à 30% à Holcim, leur rapprochement, dans un marché en berne, pourrait interpeller le Conseil de la concurrence et leur probable fusion fournir  l’occasion d’une recomposition du secteur, aujourd’hui très concentré.
Le marché national est, en effet, largement dominé par les filiales de trois groupes européens. Lafarge Maroc  y occupe la position de leader. Holcim Maroc (Suisse) s’adjuge la deuxième place. Ciment du Maroc (Groupe Italcementi, Italie) clôt le podium. A côté de ces trois leaders, le groupe marocain Ciment de l’Atlas (Sefrioui) arrive en quatrième position, à cela s’ajoute notamment une filiale de Cimpor (groupe brésilien Votorantim). Outre les aspects de concurrence, la fusion de Lafarge et Holcim sera également compliquée du fait de la structure capitalistique de ces deux groupes cotés à la bourse de Casablanca.
Au plan opérationnel, et malgré le fait que la consommation de ciment soit en berne, , la filiale d’Holcim Maroc a investi au début de 2013, dans l’extension de son unité de Ras El Ma, près de Fès, un projet lancé lors des belles années. Mais, mais elle a dû aussi se résoudre à fermer l’une des deux lignes de cuisson de son usine d’Oujda sur toute l’année 2013.
De son côté, le conseil d’administration de Lafarge Ciments, le 10 juin 2013, avait donné son feu vert pour une nouvelle cimenterie à Tidsi dans la province de Taroudant (est d’Agadir) prévue pour être opérationnelle début 2016. Mais cela, c’était avant le projet de fusion...
La mise en synergie des capacités de production des filiales nationales de ces deux groupes pourrait donc, sinon impacter négativement les projets des nouveaux venus sur le marché local  du moins avec un effet d’entraînement. Dans un cas comme dans l’autre, la stratégie commerciale de ce nouveau champion national du ciment pourrait avoir un effet d’entraînement sur le marché.
Baptisé « LafargeHolcim », le nouveau géant dont le siège sera basé en Suisse représentera alors un chiffre d’affaires de l’ordre de 32 milliards d’euros, un excédent brut d’exploitation de 6,5 milliards d’euros et 130.000 emplois.
Concernant son implantation à travers le monde, il a été précisé que le nouveau groupe « sera positionné de façon unique dans 90 pays et réparti de façon équilibrée entre pays développés et pays à forte croissance ».
Il est à souligner aussi que la nouvelle société sera dirigée par Wolfgang Reitzle du groupe suisse Holcim en qualité de président non-exécutif. Bruno Lafont, actuel patron de Lafarge, qui a assuré qu’aucune usine associée directement à cette transaction ne sera fermée, en deviendra le patron opérationnel. Selon des estimations des responsables de la future entité, ce rapprochement permettra aux cimentiers français et suisse de dégager des économies importantes de l’ordre de 1,4 milliard d’euros. Pour l’heure, les dirigeants de «LafargeHolcim» préfèrent mettre en avant leur complémentarité.
Une chose est cependant sûre, l’annonce de cette fusion a été saluée par les investisseurs. 
A Paris comme à Zurich, les titres Lafarge et Holcim ont gagné respectivement 3,42% à 66,23 euros et 4,55% à 83,90, euros. De ce fait, la société française progressait de plus de 4 % affichant la plus forte hausse dans un marché légèrement dans le rouge. 

Alain Bouithy
Mercredi 9 Avril 2014

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