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Médias : Comment une agence de presse contribue à la désinformation




Médias : Comment une agence de presse contribue à la désinformation
Avec un changement au niveau de sa direction générale, l’on aspirait à ce que les choses changent sur le plan professionnel, du moins. Mais en vain. L’agence officielle MAP continue de publier des mises au point sur des sujets qu’elle n’avait jamais abordés, des articles non équilibrés et des chiffres erronés, sauf bien sûr lorsque cela concerne des gens manifestant contre le chef du gouvernement. Là, la rigueur et le professionnalisme ne font pas défaut. C’est même parfois permis d’en rajouter quelques zéros.  Voici, par ailleurs, la dernière dépêche ayant attiré l’attention de bien de professionnels.
 «Six personnes ont été condamnées mercredi par le tribunal de première instance d’Aïn Sebaâ (Casablanca) à des peines de dix mois de prison ferme et six mois avec sursis, pour rassemblement non autorisé. Les peines prononcées par cette juridiction sont assorties d’amendes allant de 3000 à 5000 DH. Outre la participation à une manifestation non autorisée, les mis en cause étaient aussi poursuivis pour coups et blessures sur des agents des forces de l’ordre, le 22 juillet dernier au quartier Bernoussi à Casablanca». (MAP) Fin de dépêche.
Voilà comment l’agence officielle marocaine contribue largement à la désinformation. Mais pourquoi donc une aussi grande agence s’intéresse-t-elle au procès de six personnes «inconnues et méconnues» ?  
Elle se garde bien de nous renseigner sur ces personnes, sur les raisons qui les ont poussées à manifester, sur leur appartenance politique, syndicale ou associative … rien. Sauf que ces personnes ont commis des délits consistant en des coups et blessures sur des agents des forces de l’ordre, le 22 juillet dernier au quartier Bernoussi à Casablanca. Or, tout le monde sait bien qu’il s’agit, ce jour-là plus exactement, d’une manifestation du Mouvement du 20 février.
Des dizaines de vidéos ont montré sur le champ ce qui s’est passé ce jour-là. Des agents qui déversaient leur haine, usant de leurs techniques en arts martiaux, contre des citoyennes et des citoyens pacifiques et désarmés, dont des femmes et des mineurs. Que disent les inculpés? Que pense leur défense? Quels sont leurs arguments? Rien. Ils n’ont pas droit de cité. L’agence ne se donne même pas la peine d’évoquer les accusations, soutenues par l’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH), qui chargent des policiers pour avoir  torturé et violenté ces jeunes, arrêtés le 22 juillet, suite à cette manifestation.

Mustapha Elouizi
Vendredi 14 Septembre 2012

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