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Master classes de Marrakech : La double culture turco-allemande de Fatih Akin, source d'inspiration de son cinéma




Le réalisateur, scénariste et producteur 
allemand d’origine turque a donné 
lundi la première leçon de cinéma 
de cette 15ème édition du festival. 
C’est donc un démarrage 
en beauté pour les master 
classes, car Fatih Akin accumule 
les récompenses pour ses films, 
passant avec aisance du drame 
à la comédie. Ainsi, en 2004 et 2007, 
les drames « Head-On » et
 «De l’autre côté » remportent 
respectivement l’Ours d’or de Berlin 
et le Prix du scénario au Festival 
de Cannes, tandis que la comédie 
“Soul  Kitchen” remporte le Grand
 prix du jury à la Mostra de Venise 
en 2009. Si Fatih Akin croit fermement 
que les films ont et doivent avoir 
un impact sur les spectateurs, il est 
également persuadé qu’un 
long métrage doit être 
divertissant, passionnant. 
 

Le grand cinéaste Fatih Akin qui ouvrait,  lundi dans la cité ocre, le cycle master classes de la 15ème édition du  Festival international du film de Marrakech qui prend fin  le 12 décembre courant, a affirmé que son  cinéma s'inspire de sa double culture turco-allemande. "Pendant très longtemps j'ai été écartelé entre deux cultures, celle de mes  parents turcs et celle du pays qui m'a vu naître et grandir, l'Allemagne, et ce  jusqu'à ce que j'apprenne à y voir une richesse, ce que je reflète dans mes  œuvres", a souligné le réalisateur au talent reconnu mondialement, devant un  parterre d'étudiants du cinéma, de cinéphiles et de professionnels du 7ème art  nationaux et étrangers.
Lors de cette première leçon de cinéma, ponctuée par la projection  d'extraits de ses grands succès, l'enfant prodige du cinéma allemand, issu de  la banlieue ouvrière et populaire de Hambourg, a passé en revue son parcours  cinématographique, ses influences, les critères guidant ses choix artistiques  et le traitement de ses œuvres, ainsi que ses rapports avec les acteurs et le  staff technique. Que ce soit pour la musique, les techniques utilisées, la lumière, les lieux  de tournage ou encore le casting, c'est l'objet de l'oeuvre qui détermine le  traitement réservé in fine pour les films (fictions ou documentaires) et leur  vision cinématographique, a souligné le cinéaste qui croit en la capacité du  cinéma de changer le monde. Dans ses rapports avec les acteurs, il cherche à cultiver une confiance  mutuelle, tout en laissant la voie ouverte à l'improvisation qui ne peut  qu'enrichir la création. La musique est une pièce maîtresse de l'œuvre aussi riche et diversifiée du  jeune réalisateur et scénariste turco-allemand qui lui-même fait de la musique,  aux côtés de sa première passion le cinéma.
Né en 1973 à  Hambourg, Akin s'est intéressé au cinéma dès son jeune âge. Il  a d'abord rêvé d'être acteur à La Bruce Lee avant de passer derrière la caméra réalisant des films qui attirent très vite l'attention. C'est ainsi qu'il décroche l'Ours d'or à Berlin en 2004 pour Head-on. Loin  de s'enfermer dans une approche identitaire sclérosée, son cinéma aborde la  réalité multiculturelle des sociétés modernes avec fougue dans le sillage du  cinéma de Martin Scorsese dont il est un grand admirateur. En 2014, il aborde  dans « The Cut », un sujet tabou dans le pays de ses parents, le génocide arménien. Grand cinéphile, Akin aime le cinéma dans toute sa diversité géographqiue et  esthétique.
Deux autres leçons de cinéma sont prévues dans le cadre des master classes de  cette 15ème édition du festival. Ils seront animés par deux autres grands noms  du cinéma international : Abbas Kiarostami, un des maîtres incontestés du  cinéma iranien et auteur mondialement reconnu et le cinéaste et scénariste  sud-coréen Park Chan-wook à qui le festival rendra hommage.

Jawad Ghalib 
représente le Maroc 

Le cinéma marocain a marqué sa présence à la compétition officielle de la 15ème édition du Festival international du film de  Marrakech par la projection, au Palais des congrès de la cité ocre, du  long-métrage "Rebellious Girl" (Insoumise) du réalisateur Jawad Ghalib. Ce film, qui traduit la vision de la nouvelle génération des cinéastes  marocains intéressés par nombre de questions à caractère humain et humaniste,  jette la lumière sur plusieurs aspects de la souffrance au féminin des immigrés  marocains en Europe. Cette fiction de 76' relate l'histoire d'une jeune informaticienne marocaine  sans emploi, Laila, qui a quitté son pays pour un travail de saisonnière en  Belgique. La jeune femme atterrit dans la petite exploitation familiale tenue  par André, un cultivateur de pommes. Très vite, Laila déchante. Elle découvre le système profondément injuste qui  régit les contrats des saisonniers, et, peu à peu, elle réussit à faire  partager son sentiment de révolte par ceux qui l'entourent. Jusqu'à ce que  l'exploitation d'André en soit profondément chamboulée, relate le long-métrage  en lice pour l'un des prix du festival. Les rôles de ce film, sous-titré en trois langues (arabe, français et  anglais), sont interprétés par Sofia Manousha (Laila), Benjamin Ramon  (Thibaut), Hande Kodja (Julie), Nadège Ouedraogo (Fatou), Benoit Van Dorslaer  (André), Raphaëlle Bruneau (Françoise), Izabela Kaeolczuk (Lucia), Olivier  Bonjour (Albert) et Jean-Dominique Orsatelli (Bernard).
Auteur et cinéaste, Jawad Ghalib oriente son travail sur les questions liées  aux droits de l'Homme et à la mondialisation. Son film « El Ejido », la loi du  profit reçoit plusieurs prix dont celui du Meilleur documentaire au Fespaco  2007. Il signe ensuite "Les Damnés de la mer", multi-primé dont le Prix du  public de Visions du réel à Nyon, le Grand Prix au Festival de Monte-Carlo et  une nomination aux European Academy Awards.

Marrakech aux couleurs 
du Pays de l'Erable 

L’hommage rendu, cette année, au cinéma canadien s’inscrit dans la marche de l’Histoire du 7e art. Car ce cinéma, jeune et fort, le cinéma d’un pays qui célèbre la diversité, qui fait que création et résistance sont devenues de beaux synonymes, oui, ce cinéma a toujours été militant, courageux, grave, drôle, réel, absurde, vrai… En un mot: le cinéma! Il possède donc, ce cinéma si fécond, le même ADN que le Festival International du Film de Marrakech. Ainsi, après l'Angleterre, le Mexique, la Scandinavie ou encore le Japon l'an  dernier, le Festival international du film de Marrakech se drape des couleurs  du Pays de l'Erable avec ce nouveau voyage dans un continent cinématographique,  offrant un plaisir à la fois esthétique et intellectuel aux nombreux cinéphiles  marocains et internationaux, désormais habitués de ce grand rendez-vous du  cinéma mondial.
Le festival qui reçoit pour l'occasion une délégation importante d'acteurs  et de réalisateurs canadiens représentatifs de la vivacité d'un cinéma en  perpétuelle évolution, continue donc son exploration des contours de la  cinématographie mondiale avec à l'honneur cette fois un cinéma jeune qui a vu  le jour en 1897, au lendemain de la projection parisienne des frères Lumière.

DNES : Mehdi Ouassat
Mercredi 9 Décembre 2015

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