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Martin Parnell, l'ultra-marathonien qui empile les records pour la bonne cause




Son premier marathon, à 48 ans, relevait comme souvent d'un défi personnel. Depuis, Martin Parnell a empilé les records et couru 338 marathons, dont 250 en une seule année au bénéfice des enfants d'Afrique.
Mi-novembre, cet Anglo-canadien désormais sexagénaire a pris le départ d'une course atypique, au coeur de l'Afghanistan à près de 3.000 m d'altitude, relançant une quête qu'un accident vasculaire cérébral l'an passé avait failli arrêter net.
Plongé dans le coma puis cloué cinq mois dans son canapé, il s'était promis de courir ce marathon au pied de la falaise qui abritait les bouddhas géants de Bamiyan, dynamités par les talibans en 2001.
Déployant sa longue silhouette sèche sur ce paysage de roche rose, Martin raconte comment il en était venu à courir 10.550 km en 2010, à organiser des parties de hockey et de foot de plusieurs jours pour soutenir l'accès au sport des jeunes déshérités.
"J'ai toujours aimé le sport sans jamais y exceller", confie cet ingénieur des mines en s'étirant. "Enfant, j'étais gros. Puis à 14 ans je suis passé de +Fatty Parnell+ (le grassouillet) à +Skinny Parnell+", le longiligne, ce qu'il est toujours.
S'il existe un physique de marathonien, sûr qu'il le tient. Pourtant la rencontre fut tardive avec ces parcours d'endurance, liée à une suggestion de son frère après le décès de son épouse.
En mai 2003, Peter et Martin s'alignent pour le marathon de Calgary. Bilan: "3 heures et 54 minutes. Pas si mal!", se souvient Martin. Il rempile à Toronto, puis à Boston: "3h22. Je me testais".
Il passe ensuite au triathlon, c'est-à-dire 4 km à la nage + 130 km à vélo + un marathon, le tout en 17 heures. Puis aux Iron Man, épreuve ultime qui empile un marathon sur 4 km de nage et 180 km de vélo.
Martin Parnell devient un "Ultra Runner", il enchaîne des courses aux noms prometteurs, la Blackfoot de l'Alberta (100 km en 13 heures), la Canadian Death Race (Course de la Mort, 125 km), la Sinister Seven (146 km dans les Rocheuses), la Big One et The Lost Souls (Les Ames perdues), chacune 160 km en 35 heures.
A ce stade, courir devient une addiction presque aussi forte que l'héroïne afghane... "Courir, c'est ma séance de méditation, ça me vide l'esprit, je n'écoute jamais de musique pour ne pas me distraire, je regarde autour de moi, j'admire et je pense aux oeufs au bacon que je vais manger après", rapporte l’AFP.
Début 2005, lors d'une course à vélo à travers l'Afrique, "quatre mois du Caire à Johannesburg, 100 km par jour six jours par semaine, l'équivalent de trois Tours de France", il découvre un continent et surtout ses enfants.
"Une partie de foot au Soudan, un ping-pong en Ethiopie, en cinq minutes vous avez 100 gamins hilares autour de vous. J'ai réalisé combien le sport pouvait être important pour eux", dit-il.
Martin Parnell rencontre alors l'ONG "Right to Play", le Droit de jouer, fondée par un quadruple champion olympique de patinage de vitesse, le Norvégien Johann Olav Koss, pour promouvoir l'accès au sport partout dans le monde.
A l'été 2009, il s'entraîne pour les 160 km des "Lost Souls" en courant trois marathons par semaine. "Ça laisse le temps de penser".
Il a alors l'idée d'un "Marathon Quest": courir 250 marathons en un an pour lever 250.000 dollars canadiens (190.000 dollars US et 175.000 euros). Au départ, il visait 365 courses, une par jour. Mais Sue, épousée en 2005, a mis son veto.
En 2010, Martin Parnell court ainsi sept marathons officiels en Amérique du Nord et, le reste du temps, il enregistre ses parcours sur son GPS à raison de cinq marathons hebdomadaires du dimanche au jeudi - relâche les vendredi et samedi.
"Le jeudi, je courais sur les terrains de foot des écoles, à la récré les élèves venaient m'apporter leur argent de poche, 1 ou 2 dollars, m'offraient du chocolat: j'étais leur jouet mécanique, ils m'adoraient et finissaient toujours les derniers tours avec moi".

Libé
Lundi 12 Décembre 2016

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