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Martin Johnes : Le football du Boxing Day est comme Noël, il ne disparaîtra jamais




Martin Johnes, historien du foot à l'université galloise de Swansea, revient sur les origines du Boxing Day et explique, dans un entretien accordé à l’AFP, pourquoi la Grande-Bretagne, malgré les pressions, continuera à jouer au foot les lendemains de Noël.

Martin Johnes, historien du foot à l'université galloise de Swansea, revient sur les origines du Boxing Day et explique, dans un entretien accordé à l’AFP, pourquoi la Grande-Bretagne, malgré les pressions, continuera à jouer au foot les lendemains de Noël.

Quelle place occupe le Boxing Day dans le football britannique ?
"C'est un rendez-vous incontournable de la saison, une date qu'on identifie tout de suite. Un fan de Tottenham par exemple va regarder, quand sort le calendrier, le premier et le dernier match de la saison, quand son équipe joue Arsenal et qui elle rencontre pour Boxing Day. Dans beaucoup de familles, on planifie les fêtes en fonction du calendrier. C'est mon cas d'ailleurs. Cette année, on passe Noël chez mes parents au Pays de Galles parce que Swansea joue à domicile pour le Boxing Day. On va ensuite en Ecosse voir mes beaux-parents et on s'arrêtera en route au retour pour voir Swansea jouer à Manchester United. J'ai une femme compréhensive."
Comment est-ce devenu une date aussi importante ?
A l’origine, on jouait aussi à Noël qui a toujours été un jour pour les activités physiques à l'extérieur et les fêtes communales. Dans le temps, les maisons de la classe ouvrière n'avaient rien de confortable et on allait dehors dès que possible. Lorsque le sport a commencé à devenir professionnel à l'époque victorienne (à partir des années 1840), il était donc naturel d'organiser des matches à Noël et à Boxing Day. Lorsqu'on a arrêté à jouer à Noël dans les années 1950, le Boxing Day est mécaniquement devenu encore plus important."
Pourquoi a-t-on arrêté de jouer à Noël ?
"Pour plusieurs raisons. L'exigence physique d'enchaîner deux matches. Le déclin des transports publics. Lorsque les ouvriers du rail commencent à ne plus vouloir travailler à Noël, il devient de plus en plus difficile pour les supporters de se rendre au stade. Les bouleversements sociologiques aussi ont joué. A partir de 1950, Noël est de plus en plus considéré comme une fête de famille et les épouses commencent à exprimer leur mécontentement de voir leurs maris disparaître au pub ou au foot. La télévision arrive dans les foyers, les maisons deviennent plus chaleureuses. L'affluence dans les stades s'en ressent d'ailleurs. Dans les années 1950, elle ne cesse de tomber."
Mais le Boxing Day s'installe de plus en plus...
"Oui, car il permet aux hommes, qui sont les seuls à aller au stade à l'époque, de remplir leur devoir familial à Noël et de s'échapper le lendemain. Aujourd'hui, ils sont nombreux à se rendre en famille au stade mais Noël reste une période difficile pour certains hommes qui ne sont pas habitués à passer autant de temps en famille. Beaucoup de femmes se disent d'ailleurs soulagées quand leur mari est enfin parti au stade. Aller au foot permet de couper avec la famille et de se vider la tête. Surtout après une journée passée à boire et à manger."
Aujourd'hui de nombreux entraîneurs et joueurs plaident pour alléger le calendrier pendant les fêtes.
"Oui, mais ce sont les chaînes de télévision qui font la pluie et le beau temps et je ne vois pas pourquoi elles voudraient une trêve d'hiver. Peu importe ce que demandent les joueurs, peu importe si c'est néfaste pour l'équipe nationale, la Premier League danse aux millions de Sky et va toujours privilégier l'argent. Si la Premier League se sentait concernée par les résultats de l'équipe d'Angleterre, ça ferait longtemps que le calendrier serait réformé."
Le Boxing Day n'est donc pas menacé ?
"Noël est une affaire de traditions. L'idée que certaines choses vont toujours exister participe à l'essence même de Noël. Les supporters tiennent au Boxing Day parce que cela fait partie de Noël. Le football du Boxing Day est comme Noël, il ne disparaîtra jamais."

 

Libé
Samedi 26 Décembre 2015

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