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Marcos Paqueta : "Comment se concentrer sur le foot quand on est en guerre ?"




Marcos Paqueta : "Comment se concentrer sur le foot quand on est en guerre ?"
Le sélectionneur de la Libye Marcos Paqueta revient pour l'AFP sur son équipe, qui a traversé une guerre civile et a décroché une victoire symbolique dimanche contre le Sénégal (2-1) dans la CAN-2012 dont elle est éliminée.
L'entraîneur brésilien, à la tête de l'équipe nationale depuis l'été 2010 et sous contrat jusqu'en 2014, attend de voir les "conditions", notamment de sécurité, proposées par les nouveaux dirigeants de la Fédération libyenne pour se prononcer sur son avenir.

Quel bilan faites-vous de votre tournoi?

"Il est très bon, vu les circonstances particulières que nous avons traversées, avec peu de préparation, des joueurs sans club. C'était un bon tournoi pour engranger de l'expérience. On a quand même joué contre le Sénégal dont les joueurs évoluent en Europe, et des Zambiens qui évoluent presque tous à l'étranger".

Votre équipe vous a-t-elle surpris?

"J'avais eu une conversation sérieuse avec mes joueurs. Il s'agissait de faire les efforts nécessaires, de jouer avec de la volonté. Le premier objectif était de se qualifier. C'était aussi l'occasion pour les joueurs sans club de se montrer. J'ai déjà reçu plein de sollicitations, d'e-mails d'amis agents qui se sont renseignés sur certains joueurs. C'est une satisfaction pour moi, et c'est une chance pour la sélection".

Quel est le moment le plus fort de votre expérience avec la Libye?

R: "Le deuxième match contre le Mozambique (le 3 septembre 2011, victoire au Caire 1-0 de la Libye sous ses nouvelles couleurs, ndlr). La situation politique avait changé. C'était très difficile pour moi. J'ai toujours dit que je travaillais pour la Libye et la Fédération libyenne, il n'était pas question de prendre parti pour Kadhafi ou contre, c'était très important pour moi. On a dû gérer des situations compliquées, avec des aspects idéologiques et politiques: il y a eu quelques problèmes entre les joueurs. J'ai dû prendre des joueurs que je connaissais à peine. Et je devais motiver les joueurs pour la compétition alors qu'ils venaient en laissant leur famille. Comment se concentrer sur le football quand on est en guerre?"

Pourriez-vous rappeler des joueurs évincés pour avoir soutenu le régime Kadhafi?

"C'est une situation très délicate, ça dépend plus des autorités politiques. Je pense que c'est encore un peu tôt pour accepter leur retour. J'ai vécu ça au Brésil, lors de la transition entre dictature et démocratie. En démocratie, il faut accepter les opinions d'autrui, accepter qu'on ne détient pas la vérité. Je pense qu'avec le temps, les choses reviendront à la normale. On a perdu beaucoup de bons joueurs, qui n'ont pas pu venir à la CAN. Mais on ne va pas les crucifier".

Allez-vous poursuivre votre mission à la tête de l'équipe de Libye?

"Je suis sous contrat jusqu'en 2014. Les dirigeants de la Fédération ont changé, j'ai eu seulement deux contacts avec eux. Je pense qu'ils sont satisfaits de notre tournoi, personne ne peut en dire du mal au vu des circonstances. Continuer, cela dépendra des conditions que me proposera la Fédération libyenne, notamment sur le plan de la sécurité. Concernant le calendrier, nous avons une date Fifa le 29 février, et jouons notre premier match de qualifications pour la CAN-2013 et le Mondial-2014 le 8 juin contre le Togo".

Où allez-vous désormais?

"Je vais à Rio de Janeiro. Les conditions de sécurité ne sont pas réunies pour que je retourne à Tripoli. Et je n'ai plus de maison, elle a été vidée de mes affaires, je n'ai pu que récupérer que quelques effets personnels, quelques photos de famille".

Libé
Mercredi 1 Février 2012

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