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Manifestation au Pérou contre Keiko Fujimori

Environ 50.000 manifestants mardi à Lima contre la candidature de la fille de l'ancien président




Manifestation au Pérou contre Keiko Fujimori
Environ 50.000 personnes ont manifesté mardi soir à Lima contre la candidature de Keiko Fujimori, fille de l'ancien président Alberto Fujimori (1990-2000) emprisonné et favorite de l'élection présidentielle au Pérou, à cinq jours du scrutin.
 Au cri de "Fujimori plus jamais", la foule, des jeunes majoritairement, s'est rassemblée sur la place San Martin, dans le centre de la capitale, avant de défiler dans le calme jusqu'au siège de la commission électorale.
 La marche, longue de 3 km, a pris fin au bout d'un peu plus d'une heure et sans incident, a constaté l'AFP. Environ 50.000 personnes y ont participé, selon les estimations d'une responsable gouvernementale fournies à l'AFP, et sous haute sécurité - environ 2.500 policiers.
 "Je veux que le monde sache que les Péruviens sont indignés par l'éventualité qu'une fille de corrompue soit présidente", a déclaré Patricia Salazar, une enseignante de 57 ans, à l'AFP.
 Les collectifs réunis sous le nom de "Non à Keiko" qui organisent cette marche n'avaient pas choisi la date du 5 avril par hasard: elle correspond à l'anniversaire de l'"autogolpe".
Faute de majorité, le 5 avril 1992, avec l'appui des forces armées, Fujimori père avait dissous le parlement et suspendu la constitution. En novembre, il avait convoqué des élections à une constituante. Une nouvelle constitution avait été adoptée un an plus tard, avant qu'il ne soit réélu en 1995.
 Ces jours-ci, le mot d'ordre de la marche a largement circulé sur les réseaux sociaux : "Keiko, ca va pas !". La manifestation était soutenue par le président sortant Ollanta Humala, un commandant de l'armée retraité qui en 2000 avait mené un soulèvement militaire contre Fujimori père pour demander sa démission.
 "Je suis satisfait de voir que des milliers de jeunes vont sortir défiler contre la dictature et pour la démocratie", a déclaré lundi soir le chef de l'Etat dans un entretien à la chaine Latina TV.
 "C'est une partie de la mémoire du pays. Un pays qui oublie son histoire est condamné à la répéter", a ajouté celui qui laissera le pouvoir le 28 juillet avec un faible taux de popularité et sans candidat de son parti pour lui succéder.
 De son côté, Keiko Fujimori avait lancé un appel au calme à ses supporteurs.
 "Ils (les collectifs, ndlr) ont tout à fait le droit de se réunir, nous demandons de la tolérance et d'éviter la violence. Nous avons demandé à nos militants d'éviter de céder à toute provocation", avait déclaré la favorite des sondages, avec 34,4% des intentions de votes.

Jeudi 7 Avril 2016

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