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Mandats d'arrêt contre des ex-membres des services secrets turcs

Arrestation de Vingt-cinq membres présumés de l'EI à Istanbul




Les autorités turques ont lancé des mandats d'arrêt à l'encontre de 63 personnes, parmi lesquelles des anciens membres de l'Agence nationale des renseignements (MIT), pour leurs liens présumés avec le prédicateur musulman Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'avoir orchestré le putsch avorté de juillet 2016, rapporte mardi l'agence de presse turque Anatolie.
L'opération de police lancée en conséquence a été menée dans 21 provinces, ajoute l'agence officielle.
Plus de 50.000 personnes ont été placées en détention pour leurs liens présumés avec la mouvance guléniste et 150.000 ont été limogées ou suspendues de leurs fonctions dans les secteurs public et privé pour la même raison.
Fethullah Gülen, qui vit en exil aux Etats-Unis depuis 1999, dément toute implication dans la tentative de putsch, au cours de laquelle plus de 240 personnes avaient perdu la vie.
Par ailleurs, la police turque a interpellé 25 personnes soupçonnées d'appartenir à l'organisation djihadiste Etat islamique (EI) lors d'opérations menées à Istanbul, rapporte mardi l'agence de presse officielle Anatolie.
Trois des suspects seraient des "membres de haut rang" de l'organisation, ajoute l'agence. Vingt-deux sont des étrangers.
Les autorités turques ont arrêté plus de 5.000 membres présumés de l'EI et ont expulsé 3.290 activistes étrangers, originaires de 95 pays, ces dernières années. Elles ont dans le même temps refusé l'accès au territoire turc à plus de 38.200 personnes.
La semaine dernière, la police turque a abattu un membre de l'EI qui s'apprêtait à commettre un attentat suicide contre un poste de police de Mersin, sur la côte méditerranéenne.
D’un autre côté, un tribunal turc a prononcé tard lundi le maintien en détention de cinq collaborateurs du quotidien d'opposition Cumhuriyet jugés pour "activités terroristes" lors d'un procès emblématique de l'érosion de la liberté de la presse en Turquie.
Cette décision est provisoire, dans l'attente d'une prochaine audience le 25 septembre au cours de laquelle une "décision plus ferme" sur le sujet sera prise, a indiqué le président du tribunal.
Il a motivé sa décision par le fait qu'il n'avait pas pu interroger trois témoins appelés à la barre lundi à Silivri, dans un tribunal adjacent à la prison de haute sécurité où sont écroués les journalistes, près d'Istanbul.
Parmi les cinq personnes maintenues en détention figurent le patron du journal Akin Atalay, son rédacteur en chef Murat Sabuncu et le chroniqueur Kadri Gürsel détenus depuis fin octobre, mais aussi le journaliste d'enquête Ahmet Sik arrêté fin décembre. Yusuf Emre Iper, un comptable du quotidien écroué en avril, reste lui aussi en prison.
Lors de l'ouverture du procès fin juillet, un tribunal d'Istanbul avait décidé de remettre en liberté provisoire sept collaborateurs de Cumhuriyet arrêtés en octobre, dont le caricaturiste Musa Kart, mais exclu les cinq autres de cette mesure.
"Le traitement infligé à Kadri Gürsel, privé de sa liberté depuis 316 jours, est de la torture", a dénoncé l'un de ses avocats.
"Dans ce procès, plus on creuse le dossier, plus de l'injustice en jaillit", a déclaré pour sa part le patron du journal. "Ce procès est une photographie de la situation politique, sociale et judiciaire dans laquelle se trouve le pays".
"Nous ne courberons jamais l'échine face aux pressions", a ajouté M. Atalay sur un ton de défi. Comme lors de son audience en juillet, Ahmet Sik a dressé un réquisitoire contre le parquet, qu'il a accusé de "récolter ses éléments d'accusation dans la presse proche du pouvoir".
Au total, 17 dirigeants, journalistes et autres employés actuels ou passés de Cumhuriyet, risquent jusqu'à 43 ans de prison.
Ils sont accusés d'avoir aidé trois "organisations terroristes armées": les séparatistes kurdes du PKK, un groupuscule d'extrême gauche appelé DHKP-C et le mouvement accusé d'avoir fomenté le coup d'Etat manqué du 15 juillet 2016.
Pour les défenseurs des droits de l'Homme, cette affaire traduit le déclin des libertés en Turquie depuis le putsch manqué, suivi de purges massives qui ont frappé les milieux critiques: élus prokurdes, médias et ONG.
"Je suis jugé pour mes activités de journaliste, et la seule chose que je demande aujourd'hui, c'est un procès équitable", a déclaré au juge M. Gürsel. "J'ai la conscience tranquille. Et s'il reste ne serait-ce qu'un tout petit peu de justice dans cette période où la justice est foulée aux pieds, je sais que je serai acquitté".
Il a de nouveau catégoriquement rejeté les accusations de liens avec la mouvance du prédicateur exilé aux Etats-Unis Fethullah Gülen, désigné par Ankara comme le cerveau de la tentative de putsch. Ces accusations reposent sur la réception d'appels et de SMS de présumés gulénistes, laissés sans réponse.
Après l'énoncé de la décision du tribunal, les cinq accusés sont repartis de la salle d'audience vêtus de chemises blanches identiques, encadrés de gendarmes.

Mercredi 13 Septembre 2017

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