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Malgré la décompensation, le déficit du Trésor repart à la hausse

Le Trésor a mobilisé 17,6 MMDH durant le premier trimestre sur le marché intérieur




Malgré la décompensation, le déficit du Trésor repart à la hausse
Le gouvernement se trouve dans l’incapacité de juguler l’hémorragie des finances publiques. C’est le moins que l’on puisse dire en se basant sur les indicateurs économiques révélés par la note de conjoncture du mois de mai que vient de publier la  Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère de l’Economie et des Finances.
En effet, la politique de désengagement et de limitation des subventions n’a pas donné les fruits escomptés. Optant pour la décompensation progressive ou totale comme vient de le révéler le ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, l’Exécutif n’arrive toujours pas à maîtriser la situation. Si les flux financiers entrants (recettes ordinaires) se comportent bien, suite à l’augmentation de la pression fiscale, les  dépenses poursuivent également leur évolution sur un trend haussier. Constat : malgré la décompensation, le déficit budgétaire s’est accru. Contrairement à ce qu’a affirmé la Trésorerie générale dans son bulletin mensuel du mois de mars en ce qui concerne les recettes ordinaires (50,6 milliards de dirhams (MMDH), en augmentation de 2,5% par rapport à fin mars 2013), la DEPF indique qu’elles étaient en hausse de 6,8% en glissement annuel et atteignent 52,7 milliards de DH à fin mars 2014. Une hausse qu’elle a imputée pour plus de la moitié à un accroissement des recettes fiscales (+3,9%) qui se sont élevées à 48 MM DH.
Au niveau des impôts directs qui atteignent 22,6 MMDH, ce sont en particulier les recettes de l’IS qui se portent nettement mieux que l’an dernier : elles sont en hausse de 11,9% en glissement annuel à 13,4 MMDH, alors qu’à la même période de l’an dernier, elles étaient en baisse de 21,5%. Il faut souligner que cette hausse est obtenue en dépit de la diminution des versements de grands  contributeurs tels que BAM ou l’OCP. Du côté des impôts indirects qui atteignent 19,2 MMDH, ce sont les recettes de TIC qui connaissent la hausse la plus marquante (+20% à 6,2 MMDH) et plus particulièrement la TIC sur les produits énergétiques (+30,2% à 3,8 MMDH). Les recettes de TVA, en revanche, sont en recul de 2,5% à 13 MMDH, sous l’effet d’une diminution des recettes de la TVA intérieure de 11,7%, alors que celles de la TVA à l’importation ont connu une croissance de 4,4%.
La hausse des recettes non fiscales de 62,6% en glissement annuel (4,2 MMDH) s’explique par un don de 2,1 milliards de DH octroyé par les pays du CCG. Malgré ce bon comportement des recettes, leur hausse a été, compte tenu de la baisse des dépenses de compensation, moins importante que celle des dépenses. Ces dernières se sont accrues de 2,7% en glissement annuel pour atteindre 56,5MMDH. Cette hausse s’explique principalement par celle du poste des autres biens et services (+11,8%) qui atteint ainsi 13,8 MMDH tandis que les dépenses de personnel ont augmenté de 1,5% à 26,5 MMDH.
En revanche, les dépenses de compensation sont en recul de 3,7% en glissement annuel. Il faut cependant noter que sur les 35 milliards de crédits alloués à la compensation dans la loi de Fiances en cours, 10,2 MMDH ont d’ores et déjà été consommés à la fin du  premier trimestre, soit près de 30%, pour 25% de temps écoulé. Les efforts de décompensation devront donc se poursuivre pour éviter un dépassement du poste budgétaire. Et les dépenses d’investissement sont en hausse de 30% en glissement annuel et atteignent 16,1 MMDH à fin mars 2014.
In fine, tenant compte d’un solde excédentaire des comptes spéciaux du Trésor de 887 millions de dirhams, la situation des charges et ressources du Trésor à fin mars 2014 a dégagé un déficit budgétaire d’environ 19 MMDH contre 16,6 MMDH un an auparavant. 
Aucune mesure d’entre celles adoptées par le gouvernement n’a permis d’éviter le recours à la dette. Que ce soit la décompensation ou l’augmentation de la pression fiscale, le Trésor a, eu égard à la hausse du stock des arriérés de paiement de 3,8 MMDH par rapport à fin décembre 2013, le besoin de financement du Trésor s’est élevé à 15,2 MMDH et a mobilisé 17,6 MMDH sur le marché intérieur, compte tenu d’un flux net extérieur négatif de 2,5 MMDH.  

Mohammed Taleb
Samedi 24 Mai 2014

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