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Maintenir l’autorisation de chasser l’ours pour mieux le protéger




Maintenir l’autorisation de chasser l’ours pour mieux le protéger
Des chercheurs de l’Imperial College de Londres (Royaume-Uni) et de l’Université de Zagreb (Croatie) ont comparé les modalités de gestion des populations sauvages d’ours brun en Croatie et en Slovénie. Dans ce dernier pays où, comme dans le reste de l’Union européenne, ces animaux sont protégés et ne peuvent être abattus que lorsqu’ils occasionnent des dommages aux cultures ou au bétail, 20% de la population ursine, en moyenne, est ainsi supprimée chaque année.  En Croatie, pays voisin entré dans l’UE en juillet dernier et qui bénéficie encore (par dérogation) d’un droit de chasse ‘sportive’ sur cette espèce, ce chiffre n’est que de 8%. En cause, selon ces experts : la façon dont l’ours est perçu par les habitants de chaque pays. Dans le système croate, 10 à 15% des ours peuvent être tués chaque année, à la satisfaction des organisations de chasse qui vendent les droits d’abattage aux chasseurs, ce qui leur permet de créer localement des emplois et, le cas échéant, d’indemniser agriculteurs et éleveurs.
Un système qui, aux yeux des différents acteurs concernés, fait de l’ours une ressource importante, à préserver, même si, à long terme, une solution plus durable que le maintien de cette chasse «aux trophées» reste à trouver. «Les associations de chasse locales de Croatie ont actuellement une relation positive avec l’ours, qui est accepté et valorisé par les collectivités locales», explique le Pr E.J. Milner-Gulland, qui a dirigé la recherche.
En revanche, en Slovénie, l’animal est davantage vu comme une nuisance que l’UE contraint à protéger. «De nombreux Slovènes ont une attitude négative vis-à-vis de l’ours, et nous pensons que c’est parce que, contrairement aux Croates, ils voient l’ours en termes de nuisances plutôt qu’en termes de valeur économique et d’utilité», continue le Pr Milner-Gulland.
«Il y a des preuves solides montrant que le système actuel en Croatie est bénéfique pour les populations locales et pour la population d’ours, et en le changeant, il pourrait en résulter plus de tension entre les gens et les ours. Si la chasse était interdite en Croatie, ce serait probablement peser sur les relations des Croates avec les ours et cela pourrait aboutir à une augmentation des conflits entre les gens et les ours», ajoute-t-il encore. Selon lui, ces questions suggèrent qu’il n’y a pas une solution toute faite à la politique de conservation : l’UE doit déléguer plus de décisions de conservation à l’échelon régional ou local, car les politiques doivent obtenir le consentement de la population locale pour être efficaces, estime-t-il dans l’étude publiée par la revue European Journal of Wildlife Research.
«Nous ne voulons pas dire que la chasse au trophée est une option de gestion appropriée pour toutes les populations d’ours bruns. Cependant, chaque pays est différent, et il doit y avoir des variations régionales dans les politiques de conservation, de sorte que les gens soient capables de gérer leurs propres populations», conclut le scientifique.

Maxisciences
Mardi 8 Octobre 2013

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