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Madrid appelé à assumer ses responsabilités dans l’utilisation des armes chimiques au Rif

Des personnalités de marque ont participé à une conférence internationale organisée à Amsterdam




Madrid appelé à assumer ses responsabilités dans l’utilisation des armes chimiques au Rif
A Amsterdam, aux Pays-Bas, des acteurs associatifs d’origine marocaine reviennent sur l’affaire des gaz chimiques, utilisés par l’armée espagnole contre les Rifains, lors de l’époque coloniale. L’on y a organisé à cette occasion, une conférence internationale avec la participation de personnalités de marque.
Des spécialistes venus d’Allemagne, d’Espagne et du Maroc ont croisé leurs regards sur ce sujet, à la fois historique et politique. Il met la lumière non seulement sur la population d’une région du pays, mais aussi deux pays, en l’occurrence le Maroc et l’Espagne. 
Ce qui s’est passé à l’époque continue donc de susciter l’intérêt de plusieurs catégories. Il y a ainsi lieu de remarquer l’intérêt majeur qu’accordent à la question les historiens nationaux et internationaux, les juristes, les chercheurs militaires, mais aussi les défenseurs des droits humains... Le public présent lors de cette conférence comptait nombre de jeunes, une grande majorité originaire de la région du Rif. Une manière de dire aussi que le sujet attire les générations montantes, et qu’il ne faudrait pas le traiter par l’oubli ou l’omission, mais à travers le débat et le dialogue. 
Les interventions se sont déclinées sous différents aspects : historique, militaire, juridique, médicale, social et politique … Plusieurs d’entre elles ont attesté que durant la guerre du Rif, l’armée espagnole avait fait usage d’armes chimiques qui étaient et demeurent prohibées par les conventions internationales. Certains intervenants ont même spécifié les types d’armes chimiques, à base d’ypérite, de phosgène ou de chloropicrine… ayant eu des effets nocifs sur les hommes, mais aussi sur la faune et la flore. 
L’autre sujet débattu a porté sur le fort taux de cancer dans la région rifaine. Présent lors de cette rencontre, le chercheur Mimoun Acharqui, qui avait déjà publié un livre à ce sujet, a souligné qu’il y a des faits avérés : l’utilisation des armes chimiques prohibées contre des populations sans distinction de leur caractère civil et militaire. 
Si l’historienne Maria Rosa de Madariaga a prouvé que les Espagnols ont importé ces gaz chimiques de France, même si cette dernière n’avait aucune intention de les utiliser, selon une lettre historique de l’un des caïds de l’époque, il y a lieu de souligner qu’il existait au moins deux usines qui produisaient des produits de ce genre : l’usine de Marchica à Nador et le complexe militaire de la Maranosa, en Espagne, situé à une dizaine de kilomètres de Madrid. 
Cette usine a été créée en 1923 pour produire des armes chimiques dont on s’est servi contre la population civile du Rif dans la guerre du Maroc. Suite à leur cuisante défaite lors de la bataille d’Anoual, les forces espagnoles ont eu recours aux armes chimiques. La conséquence était une catastrophe naturelle et humaine. Ses séquelles demeurent vivaces jusqu’à nos jours. L’armée espagnole a été la première au monde à utiliser des armes chimiques contre des populations civiles. 
Jusqu’ici, l’Espagne n’a jamais admis officiellement sa responsabilité. Mais plusieurs potentialités de la société civile notamment du Rif ne cessent de réclamer réparation des dommages causés par le recours à un tel armement prohibé par les conventions internationales, à travers la mise en place d’hôpitaux dans la région, dotés de spécialités précises telles que les cancers et la dermatologie, ainsi que des projets de développement. 
Jusqu’à présent, la Marañosa est accréditée officiellement en Espagne comme étant un laboratoire de vérification d’armes chimiques. 
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a signalé que des doses infimes de certaines matières composées par cette usine suffiraient à causer le décès de dizaines de milliers de personnes. 
La Marañosa maintient diverses conventions de collaboration avec des organisations militaires comme l’UEO et l’OTAN, qui seront probablement multipliées avec son extension. 
Le budget des centres technologiques qui étaient intégrés dans la Marañosa pour l’année 2005 a été estimé à plus de 21 millions d’euros.  

Mustapha Elouizi
Mercredi 12 Mars 2014

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1.Posté par allal le 12/03/2014 16:29
le parlement de Catalogne a déjà il y a un temps soumis à Madrid l'étude de la reconnaissance de ce crime contre l'humanité fait aux rifains Madrid a refusé le dossier ....BRAVO à la la Catalogne ...

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