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Macron donné vainqueur d'un débat houleux avec Le Pen

Un débat confus et ponctué de multiples moments de tension




Emmanuel Macron a été donné largement vainqueur mercredi soir de Marine Le Pen à l'issue d'un débat de l'entre-deux-tours qui a tourné au combat de chiffonniers, à quatre jours du second tour de l'élection présidentielle.
Selon un sondage Elabe pour BFMTV réalisé auprès de 1.314 personnes, 63% des télespectateurs ont jugé l'ancien ministre de l'Economie plus convaincant que son adversaire du Front national, et 64% ont estimé que son projet était le meilleur.
A la gauche de la gauche, 66% des électeurs de l'ex-candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, ont également jugé Emmanuel Macron plus convaincant.
C'était l'un des enjeux de ce débat pour le candidat d'En Marche !, soucieux de convaincre cette frange de l'électorat réticente et privée de consigne de vote clair.
Son score est sans surprise un peu moins bon chez les sympathisants de l'ancien candidat de la droite, François Fillon. Mais il devance cependant nettement la candidate d'extrême droite, avec 58% de téléspectateurs convaincus.
Le score global est supérieur au rapport de forces confirmé jour après jour depuis le premier tour, le 23 avril, par les sondages sur les intentions de vote, qui donnent un écart de 20 points en moyenne en faveur du candidat d'En Marche !
"C'était un débat jamais vu, d'une violence inouïe. Ils ne se sont jamais épargnés parce qu'il n'y a pas le début d'un socle commun entre eux", a déclaré à Reuters le directeur général adjoint de l'Ifop, Frédéric Dabi.
"La stratégie de Marine Le Pen était de pousser Emmanuel Macron à la faute. Elle n'a pas vraiment réussi", a-t-il ajouté.
Sourire carnassier, souvent agressive, elle a attaqué d'entrée l'ex-ministre de l'Economie de François Hollande, qu'elle a qualifié de "candidat de la mondialisation sauvage" et des "salles de marché".
Par ailleurs, la presse française a déploré jeudi le débat télévisé entre les deux finalistes de la présidentielle française Marine Le Pen et Emmanuel Macron qui a été d'une brutalité inédite et confus.
Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont affrontés mercredi soir "au cours d'un débat d'entre deux tours d'une brutalité inédite qui a souvent manqué de hauteur et sans parvenir à instaurer un dialogue à la hauteur de l'enjeu", résume en Une Le Figaro.
"Il est malaisé de qualifier de +débat+ le pugilat d'hier soir", assène Paul-Henri du Limbert, l'éditorialiste du Figaro.
Un "débat brutal, violent de bout en bout", reconnaît Le monde sur son site internet. "Jamais un débat de l'entre-deux-tour n'aura été aussi vif", écrit en Une Le Parisien, pour qui "pour le fond des programmes, on reste sur sa faim".
"Il y a beaucoup à dire sur les projets d'Emmanuel Macron mais pas comme cela. Pas avec une grosse artillerie qui tire au hasard toujours le même boulet", s'emporte Laurent Joffrin, dans Libération.
Le thème du combat de boxe inspire les éditorialistes.
Les deux candidats se sont rendus "coup pour coup sur le ring explosif du débat présidentiel", relève Philippe Palat, du Midi Libre. Et pour lui, c'est: "Sans doute l'une des confrontations télévisées les plus brutales, les plus chaotiques".
Xavier Brouet, du Républicain Lorrain, a vu lui aussi un "rude combat" dans lequel "ne manquait que les gants de boxe".
La candidate d'extrême droite Marine Le Pen a reproché à Emmanuel Macron de porter "la mondialisation sauvage", le centriste pro-européen l'accusant de "haine" et de "mensonges".
Pour le dirigeant de la société de Conseil Cap Stéphane Rozès, le candidat d'En Marche ! sort gagnant de ce débat d'entre-deux-tours auquel participait pour la première fois le FN.
"Emmanuel Macron a fait la démonstration de sa pugnacité et (...) il est rassurant, alors que Marine Le Pen semble, elle, psychologiquement et sur le fond, plus hésitante", a-t-il dit à Reuters. "Au total, Emmanuel Macron s'en est mieux sorti."
"Il maîtrisait beaucoup plus les dossiers. On a vu une Marine Le Pen plus dans le flou et l'agressivité", a-t-il ajouté. "Elle a utilisé un registre qui n'est plus le sujet des Français, qui est de savoir si Macron est le successeur du passé ou pas, parce qu'une présidentielle remet les compteurs à zéro."
Un proche du maire Les Républicains de Bordeaux Alain Juppé, Maël de Calan, a déclaré dans un tweet à l'issue du débat qu'il voterait "sans le moindre doute" pour Emmanuel Macron - "J'ai même envie de distribuer des tracts", a-t-il ajouté.

Vendredi 5 Mai 2017

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