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Louafa dévoile ses «fantômes»


Une liste loin d’être exhaustive



Louafa dévoile ses «fantômes»
Les listes du gouvernement Benkirane se suivent et se ressemblent puisqu’elles n’ont aucun effet   et ne changent nullement une réalité amère. Le ministère de l’Education nationale vient de rendre publique une liste de personnes qui perçoivent des salaires sans travailler. Une liste  qui s’est fait attendre mais qui n’aura aucune incidence comme ses précédentes. Certes, c’est une initiative louable dans la mesure où  elle éclaire l’opinion publique sur les fraudeurs. Ceux et celles qui touchent des rémunérations de l’Etat sans, en contre-partie, rendre service à la communauté. Cependant la méthodologie usitée par le département de l’Education nationale pour livrer quelques lampistes à la vindicte populaire est on ne peut plus discutable pour ne pas dire autre chose. Les noms figurants sur la liste de Louafa ne sont en effet que la partie visible de l’iceberg. A telle enseigne qu’on croirait que cela a été fait intentionnellement pour ne pas éclabousser les grands pontes dont les membres de la famille bénéficient de cette rente dorée. Le nombre des « fantômes » de l’Education nationale est beaucoup plus grand que celui annoncé par la liste de Louafa.
Dans les écoles, collèges et lycées du pays, beaucoup de privilégiés ne sont pas recensés comme des personnes sans emploi du temps ou sans fonction puisqu’au niveau des établissements, des délégations, des académies, on leur permet de remplir le formulaire et même de faux tableaux de services où ils figurent sur la liste du sureffectif, ce qui leur permet, complicité aidant, de vaquer à leurs propres activités.
Dans la réalité, beaucoup de personnes influentes dans les villes et  provinces du Royaume  font usage de leur pouvoir administratif ou autre pour que des membres de leur famille n’exercent pas et touchent un salaire de l’Etat à travers la complicité des responsables locaux, provinciaux ou régionaux de l’administration de l’Education nationale censée réaliser ledit recensement.  
Autre remarque à ce propos : le gouvernement Benkirane qui s’est fait le défenseur invétéré des prélèvements sur les salaires des grévistes au motif qu’ils ne peuvent percevoir d’émoluments que s’ils fournissent un travail, semble ne pas vouloir appliquer cela à des personnes qui grugent l’Etat durant des années.
Ce qui démontre que l’un des fondements majeurs de l’action du gouvernement Benkirane repose sur le principe de deux poids deux mesures. Et on est à se demander si le ministère de l’Education nationale ira jusqu’à demander la restitution de l’argent public à ces fraudeurs et s’il compte intenter des procès en justice à ce sujet, car après tout, si les personnes figurent sur les listes ne prouvent pas leur « innocence », elles seront considérées comme des escrocs selon la loi. Beaucoup d’observateurs considèrent que les choses n’iront pas plus loin que les fameuses listes de l’actuel gouvernement,  à savoir la publication. Ce que  Mohamed Louafa a démenti catégoriquement en nous précisant que l’actuelle liste pourrait s’élargir à d’autres fonctionnaires fantômes et qu’il se fait un devoir de leur demander, via la trésorerie générale, de restituer les montants qu’ils ont reçus en tant que trop-perçus.  Le ministre nous a également rappelé les termes de son communiqué relatif à cette opération. Celui-ci invite « les personnes dont les noms figurent sur la liste à contacter les académies régionales et les délégations provinciales relevant de son département, ou encore la direction des ressources humaines du ministère, en vue de régulariser leur situation dans un délai d’un mois à compter de la date de la publication de cette liste, à défaut, il sera procédé au gel de leurs salaires».  Ce qui pourrait, selon certaines sources, donner lieu à des marchandages et à de la    prévarication au niveau des délégations et des académies. Par ailleurs, le ministère a également publié une liste de fonctionnaires mis à la disposition d’établissements, instances et associations à caractère politique et culturel. Il en ressort que seuls deux partis bénéficient de cette mise à disposition. Il s’agit du Mouvement démocratique et social et de la Jeunesse istiqlalienne. A méditer.

Kamal Mountassir
Samedi 6 Avril 2013

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1.Posté par Kamel le 06/04/2013 17:51
Ceux qui usent de leur pouvoir administratif pour accorder ces avantages indus à des memebres de leur familles devraient être renvoyés de leur poste sans autre forme de procés. Quand aux fraudeures qui vivent au crocher de l'éta,t ils ne sont rien d'autre que des parasites. Pourquoi est ce que la cour des comptes n'envoit pas des auditeurs intègres pour réaliser des audites d'éfficacté et de fraude dans les administrations ?

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