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Lors d’un débat organisé par « La Vérité » et l’IMRI Habib El Malki met en garde contre toute application partisane de la Constitution




Lors d’un débat organisé par « La Vérité » et l’IMRI Habib El Malki met en garde contre toute  application partisane de la Constitution
Le Maroc va mal. C’est l’horrible constat que lance, d’entrée de jeu, Habib El Malki, membre du Bureau politique de l’USFP et président du Centre marocain de conjoncture. Ce dernier n’a pas mâché ses mots et a préféré parler le langage de la vérité pour répondre à la question : « Comment va le Maroc » ? posée par l’hebdomadaire « La Vérité » et l’IMRI (Institut marocain des relations internationales) lors d’un débat organisé vendredi dernier.
Selon lui, le Maroc a adopté l’an dernier une nouvelle Constitution «qui clarifie un peu l’horizon, qui précise un peu la voie », il a organisé des élections « globalement correctes » et sur la base de ces résultats, le nouveau gouvernement a été constitué, et pourtant, les choses vont mal dans le pays, il y a « un malaise », la société toute entière est « crispée », « traversée par des tensions très fortes », la société « doute ». 
« Il y a quelque chose qui ne va pas. Le choix de cette question n’est pas fortuit. Elle exprime les inquiétudes, sinon la question posée par les organisateurs de ce débat n’aurait aucun sens», a-t-il dit dans ce débat modéré conjointement par le patron de « La vérité », Abdellah Amrani et le président de l’IMRI, Jawad Kardoudi. Et d’ajouter : « Je dirais sans exagération que nous vivons dans une société qui doute de beaucoup de choses : des politiques, des institutions, du langage officiel et de toutes les autres formes du langage. Une société qui doute est une société qui se cherche ».
Comment expliquer ce paradoxe ? La première explication, selon El Malki, est « la mauvaise lecture » de la nouvelle Constitution. «Il y a une très forte crainte quant au dévoiement dans sa mise en œuvre. Dès le début de l’application de cette Constitution il y a eu un premier trébuchement : l’élection de Karim Ghellab à la présidence de la Chambre des représentants. Lui-même était mal à l’aise. Ce fut une fausse lecture de la Constitution en matière d’incompatibilité des responsabilités et c’était le premier signal », précise-t-il. 
El Malki a donné un autre exemple qui montre qu’il y a « mauvaise lecture » de la Constitution. Il s’agit de la confirmation du chef de gouvernement, dans un entretien accordé à « Attajdid » récemment, que l’islam est le référentiel de son parti. « C’est anticonstitutionnel. C’est une source de confusion. L’islam est la religion de tous les Marocains », dit-il.
Cette « mauvaise lecture de la Constitution » mène inéluctablement, à la question importante qui concerne sa mise en œuvre qui nécessite une concertation avec l’opposition. « C’est un très grand chantier qui peut être un facteur de propulsion du Maroc vers l’avant ou bien une source de régression. C’est fondamental. Je mets en garde contre une application partisane de la Constitution. Et c’est pour cela que nous nous étonnons qu’il n’y ait  aucun débat, aucune concertation avec l’opposition quant aux moyens pour la mise en œuvre de cette Constitution. Toute appropriation partisane de la nouvelle Constitution conduit à l’impasse et constitue une source de régression », explique-t-il.
Le manque de dialogue et de concertation entre le gouvernement, l’opposition et les autres composantes  explique, selon El Malki, l’échec de toutes les initiatives du gouvernement. « La manière de penser la réforme, remarque-t-il, fait avorter la réforme. Pourquoi ? Il n’y a pas de concertation. Il n’y a pas de dialogue, il n’est pas imprégné de manière forte de l’esprit de la nouvelle Constitution ». 
Deux exemples peuvent étayer le propos du dirigeant de l’USFP. Quand le chef du gouvernement déclare qu’il est en train d’étudier la réduction des hauts salaires et de revoir le système des indemnités, El Malki pense que cette initiative est louable, mais il faut premièrement définir une nouvelle politique salariale et ne pas se contenter « des bribes de réformes. C’est tout le système de rémunérations qu’il faut revoir ». 
Le deuxième exemple est la réforme de la Caisse de compensation. Pour l’intervenant, la hausse des prix des carburants n’a rien à voir avec la réforme de cette Caisse. « C’est une mesure isolée. La réforme de la Caisse de compensation nécessite un débat national et non une mesure technique », a-t-il précisé. 
De son côté, le directeur de « La Vérité » a vivement critiqué les décisions prises par  le gouvernement Benkirane (hausse des prix des carburants, promesse de révision du système des primes…). « Le gouvernement tire sur tout ce qui bouge », a-t-il martelé. 
Jawad Kerdoudi, tout en soulignant que « les avancées » que le Maroc a connues durant les 13 ans de règne, a mis en exergue des défis politiques (application effective de la nouvelle Constitution, assainissement du champ politique, réforme de l’éducation, justice et santé…), économiques (lutte contre le chômage, règlement du problème de la Caisse de compensation…) et sociaux (surtout la lutte contre la pauvreté et la précarité).
 
 
 
 
 
 
 

Libé
Lundi 30 Juillet 2012

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