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Loi des séries pour Benkirane




Loi des séries pour Benkirane
Les gifles se suivent, les unes plus retentissantes que les autres. Abdelilah Benkirane a commencé la semaine avec l’annonce du patronat marocain qui a décidé de boycotter les rencontres économiques Maroc-Turquie organisées dans le cadre de la visite officielle, chez nous, du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. Un camouflet, un de plus, qui vient d’être administré au chef du gouvernement, hôte d’Erdogan, par Meriem Bensalah, la patronne des patrons.
La CGEM s’en explique dans un communiqué aux accents forts. La confédération n’a été sollicitée qu’au dernier moment, « et en renfort », « pour des rencontres B to B, un format que la Confédération estime ne pas convenir à une approche stratégique vis-à-vis d’un pays avec lequel le Maroc enregistre un déficit commercial aussi important». Dans les coulisses, on n’en finit pas de  gloser sur « la position privilégiée d’Amal Entreprise, une confédération patronale réputée proche du PJD “.
 A la CGEM, les commentaires sont cinglants. Le voyage marocain du haut responsable turc qu’accompagnent près de 300 hommes d’affaires et chefs d’entreprise est loin d’avoir été organisé de manière rigoureuse et concertée. « Tout s’est fait sur le mode de l’improvisation », lance ce dirigeant de la Confédération.  Les opérateurs économiques marocains  le disent clairement : cette visite  se fait à leur défaveur et renforce les déséquilibres nés de l’accord de libre-échange signé entre les deux pays et en vigueur depuis 7 ans.  Lundi, lors de la conférence de presse conjointe des deux premiers ministres, Abdelilah Benkirane n’a eu d’autre choix que de reconnaître  que “le gouvernement n’a pas suffisamment préparé cette rencontre. D’où la réaction de la CGEM”. « La réunion des hommes d’affaires a été préparée par deux groupements seulement, l’un marocain, l’autre turc et sans la CGEM », admettra-t-il dans un élan de transparence qui n’effacera pas l’erreur de ses équipes et autres spin doctors.
Résultat, la visite officielle d’Erdogan, - celui-là même dont le parti est fortement lié à celui que dirige Benkirane- n’est pas exactement un franc succès dans son volet économique. Seuls des représentants d’entreprises marocaines de taille assez modestes ont parlé business avec les Turcs sous l’étiquette d’Amal entreprises. « A cela, on peut aussi ajouter que cette visite du Premier ministre turc est plutôt mal tombée. Il n’y a pas eu d’audience Royale parce que le Souverain est hors du Maroc. Du moins, c’est la raison officielle pour expliquer qu’Erdogan n’ait pas été reçu par le chef de l’Etat », fait remarquer cet observateur de la chose politique.
Si Abdelilah Benkirane a très mal commencé la semaine, il n’a pas mieux terminé celle passée. Vendredi à la Chambre des représentants, c’était les quatre partis de l’opposition parlementaire, l’USFP, le RNI, le PAM et l’UC, qui ont boycotté la séance mensuelle d’interpellation du chef du gouvernement. Une décision de non participation pour protester contre l’organisation et le déroulement d’une telle séance constitutionnelle qui s’est dangereusement transformée en tribune de propagande pour le patron de l’Exécutif.
Visiblement mal à l’aise et s’adressant à la seule majorité dans un Hémicycle quasi-désert, Benkirane a très vite expédié son grand oral qui aura duré moins d’une heure. « Il en a enfin pris conscience. Le fait que les partis de l’opposition boycottent cette séance où il est censé s’exprimer sur la politique générale de son gouvernement est un véritable camouflet politique pour lui. Le populisme sous couvert de parler-vrai n’y changera rien !», s’exclame ce député socialiste.
Mauvaise étoile décidément pour un chef de la majorité qui n’en finit pas de prendre les coups l’Istiqlal, l’allié  de référence, devenu meilleur ennemi. Depuis la décision de retrait du gouvernement prise par le conseil national du plus vieux parti marocain, la crise s’est installée dans la majorité gouvernementale. Trois semaines après l’annonce fracassante des Istiqlaliens, l’attentisme se fait de plus en plus inquiétant.  Les islamistes au pouvoir le savent. L’avenir de la coalition est loin d’être radieux.



Narjis Rerhaye
Mercredi 5 Juin 2013

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