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Loi antipiratage aux USA: Wikipédia et Google font écran noir pour protester




Un écran noir et cette phrase: “Imaginez un monde où le savoir ne serait pas libre”. Pour protester contre des projets de loi antipiratage à l’étude aux Etats-Unis, la version anglaise de Wikipédia était ce mercredi indisponible, tandis que Google.com masquait son logo.
Plusieurs dizaines de sites ont imité les deux géants d’internet, à l’image de Reporters sans frontières qui a fermé, pendant 24 heures, la version anglaise de son site, disant “protester au nom de la liberté d’expression en ligne”.
A l’origine de la colère, deux projets de loi présentés au Congrès américain et destinés, selon leurs auteurs, à combattre le piratage en ligne. Le “Stop Online Piracy Act”, ou “SOPA”, a été déposé à la Chambre des représentants tandis que son pendant, le “Protect IP Act”, rebaptisé “PIPA”, est à l’étude au Sénat.
Si “SOPA” et “PIPA” bénéficient du soutien d’Hollywood, de l’industrie musicale ou de la Chambre de commerce américaine, Wikipédia, Google, Twitter et Yahoo! jugent en revanche que ces textes donneraient le pouvoir aux autorités américaines de faire fermer à leur guise des sites accusés de piratage. La Maison Blanche, qui a pris ce week-end ses distances par rapport aux projets de loi, a indiqué mercredi que deux pétitions lancées contre ces textes avaient déjà recueilli 100.000 signatures. Le porte-parole de la présidence, Jay Carney, a par ailleurs déclaré que le problème du piratage en ligne devait être réglé “d’une façon qui ne vienne pas empiéter sur l’accès ouvert et gratuit à internet”.
Des rassemblements contre ces projets de loi ont été organisés à New York et San Francisco.
Face à cette vague de protestation, certains élus du Congrès ont commencé à faire marche arrière mercredi. A l’instar du sénateur républicain Marco Rubio, pourtant défenseur à l’origine du “PIPA”, qui a indiqué qu’il retirait son soutien au motif qu’il ne “faut pas se précipiter sur une loi qui pourrait avoir maintes conséquences non souhaitées”.
D’autres élus, tels le sénateur républicain Orrin Hatch, ont annoncé qu’ils comptaient prendre leurs distances.  En décembre, les fondateurs d’eBay, Google, Twitter, Yahoo! et Wikipédia avaient, dans une lettre ouverte, jugé que les propositions de loi “donneraient au gouvernement américain le pouvoir de censurer l’internet en utilisant des procédures similaires à celles employées par la Chine, la Malaisie ou l’Iran”.  En signe de protestation, la page d’accueil de la version anglaise de Google masquait mercredi son célèbre logo multicolore par un rectangle noir. Sur la chaîne NBC, Marissa Mayer, responsable du développement chez Google, a fait part de son “inquiétude quant au piratage”. “Pour s’attaquer à des sites étrangers voyous, il existe des moyens plus efficaces, plus ciblés que ceux qui consistent à réclamer une large censure”, a-t-elle souligné.
Jimmy Wales, fondateur de Wikipédia, a préféré prendre l’affaire sous l’angle humoristique. “Avertissement aux étudiants! Faites vos devoirs en avance. Wikipédia proteste mercredi contre une mauvaise loi”, a-t-il écrit sur Twitter.
Wikipédia, qui a fêté le 15 janvier son 11e anniversaire, assure être la plus importante encyclopédie du monde avec plus de 20 millions d’articles en 282 langues.
Le patron du géant des médias News Corp, Rupert Murdoch, a en revanche dénoncé sur son compte Twitter les pressions de la “blogosphère” qui “terrorise” selon lui “de nombreux sénateurs et représentants qui s’étaient au départ engagés” à soutenir la législation controversée.

Libé
Lundi 23 Janvier 2012

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